Revue de presse Mediscoop du 07-04-2025

Le Figaro

Date de publication : 7 avril 2025

« Le stress peut-il provoquer un arrêt cardiaque ? »

C’est ce que se demande Cécile Thibert dans Le Figaro, qui note : « Colère, déception amoureuse, pression intense… peuvent déséquilibrer notre organisme ».
Le Pr Christophe Scavée, cardiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, remarque ainsi que « le lien entre stress et risque d’arrêt cardiaque est connu depuis longtemps, mais l’étude la plus connue date de 2004 ».
Cécile Thibert rappelle que « cette étude (appelée « Interheart ») portant sur 25.000 personnes à travers le monde avait non seulement montré que le stress augmente le risque d’infarctus du myocarde, mais aussi qu’il existe un effet dose : plus le stress est prolongé, plus le risque est grand ».
« De nombreuses études ont confirmé ce résultat.

Après le tabac et le diabète, le stress constituerait ainsi le troisième facteur de risque évitable d’accident cardiaque », relève la journaliste.
La journaliste cite l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, qui précise que le stress est un état qui « survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Sébastien Tubau, psychologue clinicien en Suisse, déclare quant à lui que le stress « est l’ensemble des réactions physiologiques et psychologiques que l’individu développe face à un danger ».
Cécile Thibert continue : « Il faut distinguer le stress aigu, causé par une circonstance exceptionnelle, et le stress chronique ».

Le Pr Scavée indique que « dans le premier cas, l’organisme produit immédiatement de l’adrénaline, explique. Cette substance, qui est l’hormone du stress par excellence, a un effet direct sur la fréquence cardiaque et la tension artérielle ».
La journaliste note que « les artères se contractent alors qu’au même moment, le cœur requiert un apport accru en oxygène.

Autant d’événements qui peuvent provoquer un défaut d’alimentation en sang du cœur ».
Cécile Thibert remarque qu’« il existe aussi le syndrome du « cœur brisé » (ou « tako-tsubo », décrit au Japon dans les années 1990), qui survient après un lourd choc émotionnel et qui ressemble à une crise cardiaque (mais ce n’en est pas une) ».
« Le syndrome est dû à la déformation du ventricule gauche du cœur, qui n’arrive alors plus à assurer sa fonction de pompe, entraînant de ce fait une insuffisance cardiaque.

Touchant en grande majorité les femmes, le tako-tsubo serait responsable de 1% à 3% des accidents cardiaques »,

précise la journaliste.
Elle explique en outre que le stress chronique « est plus insidieux et s’installe sur le long terme ».
Le Pr Scavée indique que « le niveau de cortisol est très élevé.

Cette hormone est indispensable mais, en excès, elle a un effet néfaste sur le cœur, la tension artérielle, les vaisseaux sanguins et elle aggrave les dépôts de cholestérol dans les artères ».
Cécile Thibert note que « d’après l’Association française de cardiologie, environ 3,5% des infarctus du myocarde seraient induits par un stress professionnel chronique, soit 3500 à 4000 cas chaque année ».
La journaliste s’interroge enfin : « Comment atténuer son stress pour diminuer son risque cardio-vasculaire ? ». 

Sébastien Tubau répond : « J’utilise beaucoup une technique de respiration appelée “cohérence cardiaque”.

Cela va agir sur la fréquence cardiaque qui est un paramètre relié au système nerveux automne.

Très rapidement, le cerveau va s’aligner et moduler sa réponse au stress.

En quelques semaines, on peut diminuer l’anxiété, parmi d’autres choses ».
Cécile Thibert ajoute que « l’activité physique, les thérapies cognitives et une bonne alimentation sont également des alliés contre le stress ».