Dr Philippe Tellier | 28 Avril 2025

Le dépistage du cancer de la prostate par le PSA est controversé en raison de ses limites.

La faible spécificité des biomarqueurs qui est largement en cause a entraîné l’abandon des programmes de dépistage systématique qui furent, un temps, préconisés sans justification solide.

La recherche d’outils diagnostiques plus précis est donc à l’ordre du jour et les avancées de la génomique laissent entrevoir une piste intéressante, comme le suggèrent les résultats de l’étude d’observation dite BARCODE1 publiée dans le New England Journal of Medicine.

BARCODE1 : une étude d’observation 

Un score de risque polygénique (SRP) est calculable à partir de 130 variants géniques associés à un surrisque de cancer prostatique.

C’est la base d’une stratégie de dépistage génétique des sujets à risque, proposée à 40 292 hommes âgés de 55 à 69 ans et suivis en médecine générale au Royaume-Uni.

Seuls 6 393 d’entre eux (22 %) ont réalisé le test génétique.

Chez 745 participants (11,7 %), le SRP était jugé anormalement élevé, de fait ≥90e percentile : seuls 468 d’entre eux (62,8 %) ont accepté le programme de dépistage basé sur l’IRM prostatique et la biopsie.

Ce bilan a permis de détecter 197 cancers de la prostate (~40 % de positivité), dont 103 (55 %) pouvaient être considérés comme cliniquement significatifs, le score de Gleason étant de fait ≥7.

Soixante-quatorze d’entre eux auraient échappé au dépistage standard basé sur l’IRM et le dosage du PSA.

Ceci étant, le ciblage par score génétique ne met pas à l’abri des surdiagnostics, dont la proportion exacte reste à déterminer au sein de cohortes plus conséquentes.

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