Accueil Course au large Vendée Globe
Article premium, Réservé aux abonnés
40 concurrents dont 14 bizuts, un tiers de marins étrangers, et seulement sept abandons au 84e jour de course, soit et de très loin le plus faible taux en dix éditions, le record d’Armel Le Cléac’h pulvérisé…
Ce millésime 2024 a été exceptionnel à tous les niveaux. Analyse personnelle et donc forcément subjective.

Respect. En terminant huitième et première femme, la Suissesse Justine Mettraux est également la nouvelle recordwoman du Vendée Globe et ce sur un bateau de sept ans d’âge. | YANN RIOU/POLARYSE / VENDÉE GLOBE
Didier RAVON. Publié le 23/02/2025 à 06h49
Vendée Globe. Les dessous d’une édition phénoménale
Les Imoca sont désormais arrivés à maturité.
On ne va pas se mentir, ce Vendée Globe a été fantastique, passionnant…
Le franchissement de la cardinale Sud Nouch des premiers, à l’heure du laitier dans un froid polaire, mais sous une divine lumière, était juste magique.
Mais toutes les arrivées de ce tour du monde le sont, et ce depuis trente-cinq ans.
Outre les chronos totalement délirants de Charlie Dalin et Yoann Richomme, respectivement en 64 jours 19 heures et 65 jours 18 heures, sans oublier celui de Sébastien Simon (67 jours 12 heures) malgré le bris d’un foil au bout d’un mois, l’état de fraîcheur des bateaux (sans parler des skippers) à leur arrivée, confirme que les Imoca sont désormais arrivés à maturité à l’image de leurs appendices.
Dire que sur son monocoque de 18,28 mètres Macif Santé Prévoyance, Charlie Dalin en solitaire n’a mis que 11 heures de plus que le maxi-catamaran Orange (32,80 mètres) mené par Bruno Peyron et ses douze équipiers en 2002 (64 jours 8 heures), même si l’aîné des frères Peyron partait du cap Lizard et non des Sables-d’Olonne.
« L’équipe a halluciné en découvrant Paprec Arkéa, et l’a pourtant passé au peigne fin une fois au ponton » rappelle non sans un grand sourire de satisfaction Yoann Richomme, révélation de la course, splendide dauphin, premier bizut, et qui nous a régalés par son plaisir de partager ce voyage, notamment ses analyses météo nous faisant (presque) croire que c’est une discipline facile.
L’architecte naval qui, gamin, construisait des cabanes, reconnaît n’avoir pas bricolé plus d’une dizaine d’heures sur les 65 jours qu’a duré la course… et encore pour changer préventivement des pièces commençant à fatiguer !
À part de rares traces de rouille autour des attaches d’outriggers sur les bordés et quelques algues vertes s’étant développées sur le tableau arrière, les bateaux donnaient l’impression de sortir de chantier.
Il y a quatre ans, les premiers à s’amarrer étaient défoncés, balcons arrachés, chandeliers tordus, peinture griffée, foils tenant par des bouts…
Charlie Dalin ou la rage de vaincre
Stratosphérique durant les deux mois de course, Charlie Dalin a avoué qu’avant de se décider à repartir pour un second tour du monde, il avait ressassé des nuits durant les moments où il avait perdu du temps il y a quatre ans.
Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2021, il avait déjà eu les honneurs de la ligne, mais laissé la victoire pour un peu plus de 2 h 30 à Yannick Bestaven ( Maître CoQ IV ) crédité d’un bonus d’heures pour avoir participé aux recherches de Kévin Escoffier.
Le tenant du titre n’a pas connu la même réussite cette année, devant faire escale à Ushuaia à la suite d’une avarie majeure sur son système de barre, avant de réparer, puis de repartir en solitaire mais hors course.
Comme lui, Charlie Dalin a également opté pour un plan Guillaume Verdier optimisé, construit aussi chez CDK Technologies, et mis au point chez Mer Concept.
Le Havrais, architecte naval de formation, a évidemment mis plus que sa patte, étudiant le moindre détail de manière quasi obsessionnelle.
Obnubilé par la performance 24 heures sur 24, s’étant volontairement coupé de toute information sans rapport avec le tour du monde, il n’a pas barré une seule seconde durant les 28 000 milles à près de 18 nœuds de moyenne sur la route fond, laissant son pilote Madintec travailler, passant quotidiennement entre 6 et 8 heures à la table à cartes, nous avouant même que lors de ses rares moments de détente, il « s’évadait » en réfléchissant aux améliorations qu’il pourrait apporter à son bateau…
Des quelque cinq grands favoris dont il était le numéro un, c’est sans…
La suite est réservée à nos abonnés. 1€50/semaine Sans engagement Abonnez-vous et lisez le magazine et tous les articles Annulable à tout moment Déjà abonné ? Se connecter |
======================================================================================================