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Fabrice Amedeo a bouclé le Vendée Globe ce mardi 4 mars en 32e position.

Le dernier marin classé de cette 10e édition a remonté le chenal en fin de journée avant de mettre enfin le pied à terre et de raconter cette aventure autour du monde.

« Je suis le 32e marin à avoir terminé plus qu’un Vendée Globe » résume-t-il.

Fabrice Amedeo à son arrivée au ponton du Vendée Globe, mardi 4 mars.

Fabrice Amedeo à son arrivée au ponton du Vendée Globe, mardi 4 mars. | JEAN-MARIE LIOT / ALEA

Voiles et Voiliers. Publié le 04/03/2025 à 20h38

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Vendée Globe. Fabrice Amedeo : « Être dernier classé, ce n’est pas vraiment un sujet »

Tu es fier de ce que tu as accompli ?

Fabrice Amedeo : Oui bien sûr. J’ai pu réaliser des mesures scientifiques, faire un tour du monde sans énergie fossile…

Bien sûr mon temps de course est long mais ça a été une super expérience.

Pendant tout ce temps, c’est l’éternité qui est entrée dans ma tête, c’était dingue !

J’ai vécu quelque chose de différent, de fort et tout aussi exaltant que mes deux précédents Vendée Globe.

Justement quel rapport as-tu eu au temps, à l’issue de ces 114 jours de mer ?

Fabrice Amedeo : C’est vrai qu’il y a eu des moments où les jours défilaient mais les milles ne défilaient pas énormément.

C’est un vrai combat, il faut accepter. Il y a huit ans, j’y étais allé « super cool » et j’avais mis 103 jours.

Là j’y suis allé « moins cool » et ça m’a pris plus de temps.

Il y a eu peut-être des choix de trajectoires moins ambitieux qu’il y a huit ans.

Je trouve aussi que l’océan a un peu changé, la nature est plus imprévisible qu’avant, sans doute à cause du réchauffement climatique.

C’est plus instable, il y a plus de grains, c’est plus difficile de naviguer en solitaire.

Pour des profils comme moi, ça pousse forcément à la prudence.

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J’ai réussi à quitter la temporalité de la terre pour être vraiment dans la temporalité du Vendée Globe.

Qu’as-tu appris sur toi lors de cette aventure ?

Fabrice Amedeo : J’ai appris que j’étais capable d’être patient.

Je suis quelqu’un d’assez impatient, remuant, toujours avec des envies, des projets…

Là, j’ai réussi à quitter la temporalité de la terre pour être vraiment dans la temporalité du Vendée Globe.

Il ne faut surtout pas se projeter.

Est-ce que tu as réussi à prendre du plaisir ?

Fabrice Amedeo : Il y a eu des moments de plaisir mais cette année, l’océan a été difficile et il y a eu peu de récompenses.

Hier en est une : j’approchais les côtes bretonnes, j’avais l’impression de sentir les odeurs de la Bretagne, il y avait un magnifique coucher de soleil, un pêcheur à proximité…

Dans ma vie, j’ai eu beaucoup de moments de bonheur mais de la joie c’est rare.

Et hier, j’avais une joie extatique, une joie forte et incroyable.

J’étais de retour à la maison et je faisais route vers Les Sables-d’Olonne.

Romain Attanasio, Manuel Cousin, Alain Leboeuf (Président SAEM Vendée) et Arnaud Boissières étaient présents pour célébrer l’arrivée de Fabrice. | JEAN-MARIE LIOT / ALEA

Manuel Cousin et Arnaud Boissières sont là pour t’accueillir. Ça fait chaud au cœur ?

Fabrice Amedeo : Il y a une vraie relation très forte entre les skippers.

J’ai de très bons amis dans la course au large et ils en font partie.

En 2016, on s’était tiré la bourre avec Arnaud Boissières, on s’écrivait des mails et on était devenu amis.

Là, j’ai découvert Manuel Cousin avec qui on parlait par WhatsApp.

On s’entraidait, on se souhaitait bonne chance quand il y avait des coups de vent, on discutait de notre vie personnelle…

Tu devrais être le dernier classé de ce Vendée Globe…

Fabrice Amedeo : Oui même si Denis est encore sur l’eau et que je pense beaucoup à lui, il a beaucoup de mérite.

Être dernier classé, ce n’est pas vraiment un sujet. Pour moi, je suis finisher.

Je suis un ancien journaliste et j’ai réussi à boucler deux Vendée Globe dans ma vie, c’est énorme.

Je suis le 32e marin à avoir terminé plus qu’un Vendée Globe…

L’objectif est rempli et j’en suis très heureux !

Vendée Globe Fabrice Amedeo Nexans – Wewise