Accueil Course au large Vendée Globe

Voilà plus de 100 jours que les trois derniers skippers du Vendée Globe ont quitté Les Sables-d’Olonne.

Chaque mille parcouru les rapproche un peu plus de la délivrance.

Bientôt, ils emprunteront à nouveau le mythique chenal, impatients de retrouver la chaleur humaine qui leur manque tant.

Manuel Cousin à bord de l’Imoca Coup de Pouce en entraînement au large des Sables-d’Olonne, en octobre dernier, avant le départ du Vendée Globe.

Manuel Cousin à bord de l’Imoca Coup de Pouce en entraînement au large des Sables-d’Olonne, en octobre dernier, avant le départ du Vendée Globe. | JIMMY HOREL

M.R.

Publié le 23/02/2025 à 12h11

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Vendée Globe. Derniers milles avant l’arrivée, entre fatigue, délivrance et prudence

Après plusieurs jours piégé dans une dorsale anticyclonique, Manuel Cousin savoure enfin le retour du vent.

Le skipper de Coup de Pouce, actuellement en 31e position, devrait d’ailleurs bénéficier de la traîne de la dépression ces prochaines 24 à 48 heures, lui permettant d’avancer dans un bon rythme dans une quinzaine de nœuds.

« Ça a été très pénible ces derniers jours sans vent, avoue-t-il.

Ça fait drôle car on retrouve des vitesses auxquelles on n’était plus habitué.

Je regarde le GPS, je suis actuellement à 15, 16 nœuds.

Les gens pensent que ces zones sans vent nous permettent de nous reposer, mais c’est tout le contraire.

C’est hyper stressant. C’est crevant parce qu’on n’arrête pas de faire des manœuvres, changer de voiles, rouler, dérouler, virer de bord…

On épuise chaque petit souffle de vent pour sortir de la zone dans laquelle on est et c’est épuisant. »

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Ce regain de vent redonne également du souffle aux voiles et au moral de Denis Van Weynbergh, 33e et dernier au classement, qui confiait le 20 février dernier combien la situation devenait émotionnellement éprouvante.

« Ça fait du bien moralement de retoucher du vent, de faire route vers la maison et d’être en accord avec les routages, explique le skipper de D’Ieteren Group.

On croise les doigts pour que ça continue comme cela parce qu’il risque d’y avoir de nouvelles zones de molle à traverser, puisqu’on est quand même proche des Açores et du centre de l’anticyclone. »

Le manque de confort fait partie de leur quotidien !

Si le moral remonte en cette fin de course, c’est désormais le manque de confort qui se fait cruellement sentir.

Une bonne douche chaude, des fruits frais… Autant de petits plaisirs devenus des luxes après plusieurs semaines en mer.

« Ne serait-ce que dormir dans un bon lit, raconte Manuel Cousin.

Mon duvet commence à être bien humide, je pense que, quand je vais retrouver une bonne couette et un bon matelas, ça ne va quand même pas être désagréable. »

Le manque de vie sociale pèse également, comme l’exprime le navigateur belge.

« Ce qui commence à me manquer vraiment, c’est voir des gens, parler avec des gens.

Les contacts humains, les relations sociales… Je dirais que grâce aux réseaux on est moins seul, mais la solitude après autant de temps est quand même un facteur à prendre en ligne de compte. »

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Prudence et lucidité comme maîtres-mots pour cette fin de course…

Après plus de 22 000 milles parcourus, cette fin de parcours est placée sous le signe de la prudence et de la lucidité.

La fatigue se fait sentir, aussi bien pour les skippers que pour leurs bateaux.

Alors qu’ils se rapprochent de l’arrivée – prévue pour la fin de semaine (le 27 février pour Manuel Cousin, le 28 février pour Fabrice Amedeo et le 2 mars pour Denis Van Weynbergh) –, les derniers pièges restent à éviter.

Parmi eux, la remontée du golfe de Gascogne, où la navigation peut s’avérer délicate avec la présence de nombreux cargos et bateaux de pêche.

« Ce n’est pas le moment de faire des bêtises, prévient le skipper de Coup de Pouce.

Ça serait vraiment trop bête de s’être battu jusque-là, d’avoir tout donné pour en faire une.

Et on sait très bien, malheureusement, que c’est dans ces eaux-là que ce genre de soucis peut arriver. »

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