Accueil Course au large Transat Paprec

Charlotte Yven et Hugo Dhallenne (Skipper Macif) étaient donnés favoris au départ de la Transat Paprec, lancé le 20 avril dernier.

Malgré un scénario météo propice aux surprises et aux retournements de situation, ils ont assumé ce statut en remportant l’épreuve ce vendredi 9 mai, après 18 jours et 19 heures de course.

Charlotte Yven rejoint Armel Le Cléac’h au rang des doubles vainqueurs, et elle devient la première à gagner deux fois de suite, deux ans après sa victoire avec Loïs Berrehar.

Charlotte Yven et Hugo Dhallenne ont formé un duo complice et performant.

Charlotte Yven et Hugo Dhallenne ont formé un duo complice et performant. | VINCENT OLIVAUD

Olivier BOURBON. Modifié le 09/05/2025 à 11h52

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Transat Paprec. Charlotte Yven et Hugo Dhallenne, les favoris, s’imposent à Saint-Barthélemy

C’est en pleine nuit que Charlotte Yven et Hugo Dhallenne ont coupé la ligne d’arrivée de la Transat Paprec à Saint-Barthélemy, à 2 h 18 heure locale (soit 8 h 18 en métropole).

C’est donc dans la nuit noire que le duo de Skipper Macif a célébré cette victoire acquise dans un final incertain, après 18 jours, 19 heures et 16 minutes et 54 secondes

Les deux marins n’avaient rien laissé au hasard, se préparant pour la victoire, et rien d’autre, au Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Forêt.

Ils n’ont rien laissé au hasard, allant même jusqu’à vivre en colocation pour apprendre à mieux se connaître.

Avant le départ, ils assumaient ce statut de favori et affichaient clairement leurs ambitions.

« On a coché le plus de cases », assuraient-ils.

Dès le parcours côtier devant Concarneau, Skipper Macif était aux avant-postes.

Charlotte et Hugo sont passés en deuxième position au waypoint de La Palma (Canaries), seulement sept minutes derrière les leaders Martin Le Pape et Mathilde Géron.

Dans la longue traversée de l’Atlantique, ils ont impulsé le rythme, s’échappant avec Wings of the Ocean (Alexis Thomas et Pauline Courtois) et Cap Saint Barth (Cindy Brin et Thomas André).

Dans la dernière ligne droite, ils ont privilégié une route Nord, plus longue mais plus rapide, pour s’extirper de la grande zone de molle qui a barré la route des marins.

Hier après-midi (jeudi 8 mai), alors que la plupart de leurs rivaux étaient encore ralentis, ils ont profité d’un très bon angle par rapport au vent pour creuser l’écart.

C’est là que la victoire s’est construite.

Hugo Dhallenne et Charlotte Yven célèbrent leur victoire à Gustavia (Saint-Barthélemy). | VINCENT OLIVAUD

Charlotte Yven réalise un doublé seulement réalisé avant elle par un certain Armel Le Cléac’h, vainqueur de la transat en double en 2004 et 2010.

Mais Charlotte Yven, victorieuse en 2023 avec Loïs Berrehar, est la première à s’imposer deux fois de suite.

« Je suis attentif à ceux qui font partie comme moi du Pôle de Port-la-Forêt.

Je pense notamment à Charlotte Yven qui peut me rejoindre au palmarès des doubles vainqueurs.

Ça me plairait bien, d’autant que Charlotte est aussi originaire de la baie de Morlaix ! », déclarait justement Armel Le Cléac’h il y a quelques jours

Pour Hugo Dhallenne, il s’agissait de la deuxième participation à la Transat Paprec.

Il y a deux ans, il avait décroché la sixième place, associé à Chloé Le Bars.

On n’a pas lâché un mètre, pas lâché une risée, pas lâché une sargasse !

De retour sur le ponton de Gustavia, les vainqueurs ont livré leurs premières réactions.

Charlotte Yven : « Il n’a échappé que les derniers jours ont été compliqués avec peu de vent, des conditions instables, des prévisions aléatoires qui ne collaient pas forcément avec la réalité.

On s’est adapté, on a tenu bon et on s’est soutenu mutuellement.

On était à fond jusqu’au bout, c’était génial de pouvoir tout donner comme ça.

En fin de course, on n’a pas du tout dormi, on était tous les deux sur le pont à enlever les sargasses, à barrer, à régler. On a formé un super binôme avec Hugo.

La victoire ne s’est pas jouée à grand-chose, les écarts sont très faibles.

On a décidé de jouer avec le vent qu’on avait sans trop se préoccuper des adversaires.

C’est peut-être ça qui a fait la différence. Je n’aurais jamais imaginé rejoindre Armel Le Cléac’h au rang des doubles vainqueurs de cette course. Je suis très fière. »

Dans leur première interview, les deux skippers ont exprimé leur joie. | TRANSAT PAPREC

Hugo Dhallenne : « Nous sommes très heureux après le retournement de situation vécu il y a quelques jours.

Gagner, c’est vraiment fort. C’était super intense. 

On n’a pas lâché un mètre, pas lâché une risée, pas lâché une sargasse !

Quand la course semble interminable, il faut garder le sourire et c’est facile avec Charlotte.

On a essayé de garder le moral même quand on a perdu la première place. »

La course de Skipper Macif en chiffres

Heure d’arrivée : vendredi 9 mai à 02 h 18 (heure locale), 08 h 18 (heure de métropole)
Temps de course : 18 jours 19 heures, 16 minutes, 54 secondes
Distance parcourue sur l’orthodromie : 3 864,22 milles
Distance parcourue sur le fond : 4 268,58 milles
Vitesse moyenne (sur l’orthodromie) : 8,56 nœuds
Vitesse moyenne (sur le fond) : 9,46 nœuds

Irina Gracheva et Romain Bouillard, deuxièmes à Saint-Barth. | VINCENT OLIVAUD

Les duos Romain Bouillard / Irina Gracheva et Cindy Brin / Thomas André complètent le podium

À 3 h 01 heure locale (9 h 01 en métropole), 42 minutes après les vainqueurs, Romain Bouillard et Irina Gracheva (Décrochons la Lune) ont décroché la deuxième place.

Une superbe performance pour ce duo franco-russe.

Trois minutes plus tard, l’équipage local de Cap St Barth (Cindy Brin / Thomas André) a complété le podium, recevant un accueil pour le moins chaleureux.

Une troisième place arrachée de haute lutte, avec seulement 35 secondes d’avance sur les quatrièmes, Maël Garnier et Cat Hunt (Selencia – Cerfrance).

Une troisième place qui fait le bonheur de Cindy Brin et Thomas André. | VINCENT OLIVAUD

Les 13 premiers équipages en moins de 3 heures à l’arrivée

Après le podium, les arrivées se sont enchaînées. Le dixième duo à franchir la ligne d’arrivée (Lola Billy et Corentin Horeau) est arrivée avec un retard de seulement 1 h 52 sur les vainqueurs.

Finalement, comme cela avait été annoncé par la direction de course au moment d’établir des ETA, les 13 premiers ont fini en moins de 3 heures.

Le classement complet est à retrouver sur la cartographie de l’épreuve.

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