PR et risques cardiovasculaires : quelle efficacité de l’aspirine en prévention primaire ?

René-Marc Flipo

Par le Pr René-Marc Flipo (CHU – Lille) [Déclaration de liens d’intérêts]

– Date de publication : 28 mars 2025

PR et risques cardiovasculaires : quelle efficacité de l’aspirine en prévention primaire ? – RhumatoNet

Article commenté: Aspirin does not confer protection against major ischemic vascular events in patients diagnosed with rheumatoid arthritis – Gao C et al. – J Int Med Res 2025 Feb;53(2):3000605251315359.

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Nombreuses sont les études qui aujourd’hui ont démontré au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) une augmentation des risques d’accidents cardiovasculaires (CV) notamment de type ischémique.

L’aspirine à visée anti-agrégant plaquettaire est aujourd’hui recommandée dans le cadre de la prévention secondaire.

Les résultats restent controversés voire plutôt négatifs en ce qui concerne l’efficacité en prévention primaire.
C’est la question qui a été posée à partir de la cohorte chinoise dite de Kailuan. 118.500 participants ont été analysés sur la période de 2014 à 2016.

Les auteurs ont rétrospectivement identifié les sujets ayant une PR.

Un score de propension de 1:4 a été mis en place (sujets PR recevant de l’aspirine versus n’en recevant pas).

Le critère principal est la survenue d’un accident CV ischémique majeur (infarctus du myocarde et AVC ischémique).

Les résultats portent sur un suivi moyen de 3,3 ans. Neuf-cent-trente-neuf sujets PR indemnes d’accidents CV ont été retenus.

Cent-quatre-vingt-neuf ont reçu de l’aspirine (et comparés in fine à 750 sujets PR n’ayant pas reçu d’aspirine). L’âge moyen est de 57,8 ± 11,8 ans. Les caractéristiques générales sont comparables entre les sujets ayant pris ou n’ayant pas pris de l’aspirine.
La figure illustre la survenue cumulée des accidents ischémiques majeurs.

Il y a eu 6 événements (3,2%) chez les sujets recevant de l’aspirine versus 35 (4,7%) chez ceux ne recevant pas d’aspirine. Le HR est calculé à 0,684 (0,288 – 1,627).

Il n’y a pas de différence significative si on prend indépendamment les infarctus d’un côté et les AVC ischémiques de l’autre.

PR et risques cardiovasculaires : quelle efficacité de l'aspirine en prévention primaire ?

Les auteurs mettent en avant les nombreuses réserves concernant leur étude.

Pour autant les résultats ne sont pas en faveur du bénéfice de l’aspirine en prévention primaire, alors qu’il existe dans la PR une atteinte inflammatoire athéromateuse très fréquente et précoce.