Accueil Course au large The Ocean Race Europe

Le départ de The Ocean Race Europe, édition 2025, a été donné de Kiel en Allemagne le dimanche 10 août 2025.

À l’occasion de cette course qui voit s’affronter sept équipages à bord d’Imoca, Pierre Bouras, On Board Reporter du team Allagrande Mapei Racing, nous fait suivre de l’intérieur la compétition.

Dans ce quatrième épisode, Pierre revient sur cette deuxième étape, la plus longue de The Ocean Race Europe.

Le drone est de sortie.

Le drone est de sortie. | PIERRE BOURAS / ALLAGRANDE MAPEI

Pierre BOURAS. Publié le 26/08/2025 à 14h58

The Ocean Race Europe. « Le bateau vole depuis des heures » : le carnet de bord de Pierre Bouras

Je rédige ce troisième carnet de bord depuis ma chambre d’hôtel, où je prépare mes sacs.

Ils doivent être légers : l’étape sera assez courte et il fera chaud.

Exit donc les sweats, polaires et pantalons : je ne garde que quelques t-shirts et des shorts.

La dernière fois que je vous écrivais, nous contournions Ouessant.

Depuis, nous avons dévalé l’Atlantique à bonne vitesse.

Une tentative de trajectoire plus à l’Est n’a pas vraiment payé, mais le cap Finisterre nous a malgré tout ouvert la route vers Porto.

Là-bas, fly-by express : trois heures seulement. Accostage, interviews, bain de foule, douche, pastel de nata, un petit massage… et déjà repartis.

Un arrêt éclair, presque irréel, mais très sympa. Obrigado Porto !

Compagnons de sieste. | PIERRE BOURAS / ALLAGRANDE MAPEI

Ambrogio à la barre pousse le bateau à 35 nœuds. J’en profite pour sortir le drone.

Le redémarrage a été brutal : plein régime au portant le long du Portugal.

Objectif clair pour l’équipage : recoller à Team Malizia.

Devant, Paprec Arkéa, Biotherm et Holcim-PRB avaient creusé un bel écart.

Au cap Saint-Vincent, mer plate et vent soutenu. Ambrogio à la barre pousse le bateau à 35 nœuds.

J’en profite pour sortir le drone : pas simple à lancer dans ces conditions, mais les images sont folles.

Allagrande Mapei vole à plus de 30 nœuds. Un moment grisant, qui fait du bien à tout l’équipage.

Bord à bord avec Team Malizia. | PIERRE BOURAS / ALLAGRANDE MAPEI

35 nœuds réguliers, mer plate comme un billard.

Après Faro, on s’attendait à galérer. Finalement, un thermique providentiel nous a portés jusqu’à Gibraltar : une quinzaine de nœuds constants, vitesse de croisière à 20 nœuds.

Petit bonheur de grappiller des milles sur Malizia.

Le passage du détroit restera un souvenir fort : coucher de soleil à l’entrée, nuit noire à l’intérieur, et une bataille de virements serrés avec Malizia.

Spectacle incroyable… jusqu’à ce qu’ils accrochent un filet et s’arrêtent net.

Coup dur pour eux, coup de chance pour nous.

Je pars dormir dans la soute à voiles, épuisé. Manon me réveille en urgence pour me déplacer à l’arrière.

Dans le cockpit, je découvre Morgan (Lagravière) à la barre, trempé, sourire immense : le bateau vole depuis des heures, 35 nœuds réguliers, mer plate comme un billard. Sensations magiques.

De nuit, à 35 nœuds, Morgan Lagravière mène le bateau à pleine vitesse. | PIERRE BOURAS / ALLAGRANDE MAPEI

Devant, les leaders ralentissent. Leur avance fond, de 137 à 35 milles.

On se prend à espérer… mais la pétole nous cueille.

Chaleur écrasante, voiles qui battent, atmosphère suffocante. À bord, c’est la cuisson.

Heureusement, le vent revient juste avant l’arrivée.

Dernier bord à 25 nœuds, sous un soleil radieux. Allagrande Mapei file sur ses foils et coupe la ligne à Carthagène en 4e position.

Aujourd’hui, départ vers Nice. L’équipage est remonté comme jamais, bien décidé à jouer chaque mille.

Une nouveauté à bord : Abby Ehler, navigatrice britannique et figure bien connue de The Ocean Race, nous rejoint.

LIRE AUSSI : The Ocean Race Europe. « On ne sait pas à quelle sauce on va être mangé » : l’analyse de Nico Lunven

Pierre Bouras et l’équipage d’Allagrande Mapei sur le pont. | PIERRE BOURAS / ALLAGRANDE MAPEI

The Ocean Race Europe Allagrande Mapei

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