Accueil Course au large The Ocean Race Europe
Au terme de deux étapes et un Fly By remportés avec bonus, l’équipage de Biotherm mène logiquement le classement de cette deuxième édition de The Ocean Race Europe.
Malgré le maximum de points marqués (25), l’équipe de Paul Meilhat reste à portée de Paprec Arkéa (18 points) mais aussi d’Holcim – PRB, qui vient d’obtenir une réparation après son abandon lors de l’étape 1 !
Rien n’est encore joué aux portes de la Méditerranée, où il reste encore trois étapes à disputer et de gros points à marquer.
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Malgré deux premières étapes dominées par Biotherm, le suspense reste entier sur cette partie méditerranéenne de The Ocean Race Europe. | ANNE BEAUGÉ
Voiles et Voiliers. Publié le 25/08/2025 à 11h55
The Ocean Race Europe. Avec de gros points encore à distribuer, le suspense continue en Méditerranée
Il reste encore trois semaines de compétition et trois étapes au cœur d’une mer Méditerranée toujours aussi capricieuse et imprévisible.
Le suspense entrevu ces derniers jours devrait donc être toujours aussi prégnant dès le retour de la compétition mardi prochain. Avant, retour sur un début de course décidément très haletant.
Biotherm de la tête et des épaules
Avant le départ à Kiel, Paul Meilhat n’avait jamais remporté d’étapes estampillées The Ocean Race. Certes, Biotherm avait tutoyé deux fois la victoire d’étape lors du tour du monde en 2023 (2e au Cap, 2e à Gènes), mais l’équipage ne s’était jamais imposé.
Désormais, tout ceci est de l’histoire ancienne puisqu’il vient de remporter les deux premières étapes de The Ocean Race Europe.
Surtout, l’équipage a accumulé le maximum de points possibles (25 points) en étant également en tête aux deux Scoring Gate et au Fly By à Matosinhos-Porto.
« J’ai du mal à réaliser qu’on a terminé premiers à chaque fois, confiait Amélie Grassi.
C’est très fluide à bord entre nous, il y a une bonne énergie de travail, on sent qu’une amitié est en train de se créer ».
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l’équipe Biotherm, remporte la deuxième étape de The Ocean Race Europe 2025 à Carthagène (Espagne). Ils mènent le classement général avec 25 points avant les trois prochaines étapes. | JEAN-LOUIS CARLI / THE OCEAN RACE EUROPE 2025
Biotherm est donc parvenu à capitaliser dans des allures (petit temps, medium, près) où ses adversaires semblent moins performants.
Ils ont aussi progressé au portant dans le vent soutenu.
Néanmoins, cela n’explique pas tout, comme l’assure Pascal Bidégorry (Paprec Akéa) particulièrement élogieux à leurs égards : « depuis le départ, Biotherm est un cran au-dessus.
Ils naviguent bien, proprement, il n’y a rien à redire ! » « Ils n’ont pas de point faible », ajoute Franck Cammas (Holcim-PRB).
Une question est désormais sur toutes les lèvres : vont-ils conserver les commandes de la course jusqu’à Boka Bay ? Affaire à suivre.
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Le match des poursuivants
À Matosinhos-Porto comme à Carthagène, le suspense aura été à son comble jusqu’au bout.
Au Portugal, un problème de configuration de voile chez Holcim-PRB, la nuit précédent l’arrêt, avait permis à Paprec Arkéa de prendre la deuxième place.

Revigorés par leur retour en course et la réparation du jury, le team Holcim – PRB compte bien recoller au leader Biotherm. | ANNE BEAUGE
En Espagne, c’est l’inverse : Holcim-PRB a pris les devants en profitant d’une « petite erreur liée à un décalage » de son adversaire direct (d’après les mots de Yoann Richomme).
« On est forcément déçu du résultat mais pas de notre étape », a confié le skipper à l’arrivée.
En revanche, Holcim-PRB accumule des points après les premiers inscrits au Portugal.
« Nous sommes dans le match, avec les meilleurs bateaux et équipages de la flotte », se réjouit Franck Cammas.
Avec 11 points, l’équipe de Rosalin Kuiper talonne désormais Team Malizia (13 pts).
Dans cette seconde étape, l’équipage allemand – un temps retardé après s’être pris un filet de pêche – a été légèrement en retrait, ce qui ne présage bien entendu rien pour la suite de la compétition.
The Ocean Race Europe : suivez la cartographie.
Une réparation accordée à Holcim-PRB qui peut tout changer
Ils ont réalisé deux exploits qui resteront dans les annales de la course au large.
Une semaine après leur collision spectaculaire à Kiel, Holcim-PRB et Allagrande Mapei Racing avaient réussi à réparer et à être d’attaque pour la 2e étape à Portsmouth.
Cependant, les conséquences comptables de l’incident étaient encore suspendues à la décision du jury de The Ocean Race Europe, qui n’avait pas encore statué sur l’incident.

Ambrogio Beccaria skipper de Allagrande Mapei Racing et Alan Roberts, représentant du Team Holcim – PRB, après le rendu de la décision du jury, concernant l’incident de l’étape 1. | VINCENT CURUTCHET / THE OCEAN RACE EUROPE 2025
Réunis ce dimanche, le jury international a décidé d’accorder une réparation au Team Holcim – PRB, pour l’étape 1.
L’équipage de Rosalin Kuiper marquera donc un nombre de points correspondant à sa moyenne sur les étapes 2 à 5.
« Nous sommes satisfaits de la décision du Jury, qui va nous permettre de marquer des points pour l’étape 1 reflétant équitablement la performance de l’équipe sur l’ensemble de la course », a déclaré Alan Roberts, qui représentait l’équipe lors de l’audience.
À noter que les points marqués lors de « scoring gates » (points de passages récompensent les bateaux ayant pris le meilleur départ, à raison de 2 points pour le premier et un point pour le deuxième) n’entrent pas dans le calcul de cette réparation.
De son côté, le skipper d’Allagrande Mapei, Ambrogio Beccaria, acceptait sobrement la décision : « Le Jury a décidé de ne pas nous accorder réparation.
Nous respectons leur décision, même si ce n’est pas l’issue que nous espérions.
Cela fait partie de notre sport, et nous l’acceptons ».
On a encore espoir.
Quoiqu’il advienne, cette décision remet incontestablement Holcim PRB dans la course en effaçant son zéro pointé de la première étape.
D’autant que le bateau Suisse vient de terminer 2e de l’étape 2 à Carthagène.
« Pour l’instant, Biotherm est assez loin devant, estimait toutefois Franck Cammas dans les colonnes de Ouest-France , et c’est très mérité, puisqu’il a récupéré tous les points qu’il pouvait prendre.
Ça va être très dur d’aller le chercher, mais au moins, on a encore espoir et on est dans le jeu. »
Des règles du jeu qui favorisent le suspense

Passages de pointes ou jeu entre les îles, le format de The Ocean Race Europe permet aux équipages de régater tout en profitant du décor. | JULIEN CHAMPOLION
Après avoir disputé l’étape la plus longue de cette édition, tous louent le parcours, son cran de difficulté et la beauté des paysages traversés.
C’est Pascal Bidégorry qui en parle le mieux : « passer le cap de Saint-Vincent, Gibraltar, Cabo de Gata…
Ce sont des moments magiques que l’on n’a pas l’habitude de vivre dans les autres courses ».
Et le skipper expérimenté d’ajouter : « le format de la The Ocean Race Europe est génial avec ces étapes de quelques jours et les Imoca s’y prêtent très bien finalement ! »
Reste encore plus de la moitié des points à jouer.
Un décor de rêve donc qui n’empêche pas un combat de chaque instant sur l’eau.
« Il y a un très bon niveau et c’est toujours très intense », abonde Yoann Richomme.
Le skipper de Paprec Arkéa rappelle qu’il « reste encore plus de la moitié des points à jouer, on en a distribué 25 et il en reste 35 ».
Un aspect que tous les équipages ont bien en tête puisqu’ils déterminent tout.
La bataille pour chaque Scoring Gate après les départs est ainsi saisissante.
Il y en aura d’autres à Cabo de Palos dès mardi, à Monaco après le départ de Nice, à Santo Stefano après celui de Gênes.
Ainsi, tout est remis en jeu à chaque étape et cela contribue à renforcer le suspense.
Avec une interrogation : les autres équipages parviendront-ils à arrêter la moisson de points de Biotherm ?
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La Méditerranée toujours incertaine
Pour viser la victoire, les skippers vont continuer à apprivoiser les conditions en Méditerranée.
Si la plupart y ont déjà navigué, tous pourraient faire sienne la maxime de Socrate : « ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».
En cause ? Des conditions très changeantes et pas toujours visibles sur les fichiers météos.
Ainsi, tous ont connu un sacré coup de frein, après le passage de Gibraltar, en passant de près de 30 nœuds à une absence quasi-totale de vent en une poignée de secondes.
On a passé 24 heures dans la pétole à être totalement arrêté, c’était impossible de faire quoi que ce soit !
Yoann Richomme a trouvé une expression pour ça : « le ventilateur s’est complètement éteint ».
Pascal Bidégorry raconte : « on a passé 24 heures dans la pétole à être totalement arrêté, c’était impossible de faire quoi que ce soit ! »
Franck Cammas l’a dit à sa manière hier : « c’est le jeu de la Méditerranée.
Un jour on est attaquant, l’autre on est attaqué… C’est très ouvert et ça n’est jamais fini ! »
Et ça tombe bien : la Méditerranée sera le terrain de jeu jusqu’à l’arrivée, de quoi garantir un sacré suspense !
(source : service de presse)
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