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49 bateaux en série et 7 en proto ont pris le départ de la deuxième étape de la Mini Atlantique. Depuis jeudi 13 août, les arrivées s’enchaînent aux Sables d’Olonne. | ©VINCENT OLIVAUD
Voiles et Voiliers – Source : service presse
Publié le 16/08/2026 à 13h21
TÉMOIGNAGES. Mini Atlantique : les arrivées s’enchaînent aux Sables d’Olonne
Après 11 jours d’une traversée particulièrement éprouvante, les arrivées s’enchaînent aux Sables-d’Olonne.
Partis des Açores le 5 août, les 56 bateaux ont affronté avaries, pétole et écarts importants. Ils racontent.
Le départ de la deuxième étape de la Mini Atlantique (ex-Les Sables d’Olonne – Les Açores – Les Sables) avait été donné le 5 août, aux Açores.
Après 8 abandons sur la première étape, de la Vendée aux Açores, 56 bateaux se sont élancés en mer, cap vers Les Sables d’Olonne.
Cette course, véritable répétition générale avant la Mini Transat, permet aux skippers de se confronter aux conditions de l’Atlantique en solitaire sur des bateaux de 6,50 mètres.
En proto, Julien Letissier a franchi la ligne d’arrivée dans la nuit de mercredi 12 à jeudi 13 août.
En série, Ronan Jézégou est, lui, arrivé quelques heures plus tard.
Ils étaient 49 en série et 7 en proto au départ de cette deuxième étape, particulièrement éprouvante, marquée par les avaries, les longues heures dans la pétole et de gros écarts au sein de la flotte.
Depuis, les arrivées s’enchaînent aux Sables d’Olonne.
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Une épreuve mentale
Pour Mathias Lestienne, qui a franchi la ligne d’arrivée en 42e position en Série, ce samedi, cette traversée aura surtout été une épreuve mentale.
« Ça va… mais j’ai connu de meilleures navigations ! », reconnaît-il à l’arrivée.
Le skipper estime avoir « tout fait à l’envers » sur cette étape, prenant systématiquement la mauvaise direction lorsque les conditions évoluaient.
Mais le plus difficile aura été de rester bloqué pendant deux jours dans une zone sans vent, avec trois autres concurrents. « Voir des marins qui étaient 300 milles derrière nous dépasser par la gauche et par la droite sans comprendre pourquoi on n’avançait pas, c’est une sensation terrible. »
Au point de ne plus supporter les classements : « Quand tu as la boule au ventre en permanence, même les moments magnifiques de calme plat deviennent désagréables et horribles. »
Malgré cette traversée difficile, Mathias Lestienne se satisfait d’avoir atteint les Sables-d’Olonne après un an de préparation.
Et il garde un souvenir intact d’un moment beaucoup plus spectaculaire : « L’éclipse solaire en mer, c’était une vraie dinguerie !
Ça, c’est un souvenir gravé à jamais. » La Mini Transat reste son objectif, mais le skipper veut désormais prendre le temps de récupérer et de tirer les enseignements de cette étape.
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Je vais réussir à les rattraper !
Pour Carla Henon-Steck, sixième en prototype, le bilan est tout autre.
Après une escale express à Horta et un début d’étape compliqué, la navigatrice a progressivement retrouvé son rythme.
Son support d’outrigger cassé et son spinnaker déchiré dès les premiers milles auraient pu compromettre sa course.
Elle choisit pourtant de lever le pied : « J’ai décidé de tout poser : j’ai dormi pendant 24 heures d’affilée sans me soucier du bateau, et franchement, ça m’a fait un bien fou. »
Une stratégie qui finit par payer lorsque la flotte se retrouve à son tour engluée dans la pétole.
« Je me suis dit : “Je vais réussir à les rattraper !” », raconte-t-elle.
Elle profite alors de ces conditions pour refaire une partie de son retard et se rapprocher de la tête de flotte.
« Quand j’ai commencé à entendre la tête de course échanger à la VHF, ça m’a fait un plaisir immense. »
L’arrivée aura également une saveur particulière pour Barthélémy Lebizay, 41e en Série.
Après avoir dû faire demi-tour juste après le départ des Açores à la suite d’une casse, le skipper pensait alors voir son projet s’effondrer.
« J’ai eu le moral au plus bas. Je voyais un peu la fin du projet : si je n’arrivais pas à réparer pour repartir à temps, je ne serais pas qualifié et je ne finirais pas la course. »
Mais à Angra do Heroísmo, la solidarité lui permet de repartir.
« À 8h15 j’étais au ponton avec la pièce cassée, à 8h30 ils réveillaient un soudeur local et à 12h15 tout était réparé ! »
Une réparation express qui lui redonne l’énergie nécessaire pour reprendre la mer.
Une fois seul au large, il profite du retour du vent pour refaire progressivement son retard.
« Dès que j’ai recommencé à écouter la météo, je me suis vu refaire mon retard mille après mille.
Ça te met une énergie incroyable. »
Une violente avarie du safran bâbord
Pour Riccardo Gnocchi, cinquième en prototype, la course s’est en revanche arrêtée dès les premiers jours.
Alors qu’il réalisait un bon début d’étape, un empannage a provoqué une violente avarie du safran bâbord.
« J’ai entendu un grand “BOUM !”. J’ai cru que j’allais démâter. »
Le bateau s’est couché, le spi tombe à l’eau et le skipper comprend rapidement qu’il ne pourra plus jouer avec la flotte.
« À partir de cet instant, la course était terminée pour moi. »
Il passe alors en mode convoyage, avant de choisir une route par le nord qui le laisse plusieurs jours complètement seul en mer.
Une autre manière de traverser l’Atlantique, loin de la bataille espérée avec les autres concurrents.
Au fil des arrivées, les récits racontent ainsi une même traversée, mais des expériences radicalement différentes : pour certains, la Mini Atlantique aura été une bataille contre les éléments et les avaries ; pour d’autres, une remontée spectaculaire ou un apprentissage grandeur nature avant la Mini Transat.
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