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Des clichés perdurent sur le trouble déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité, le TDAH.
Ce qui ne favorise pas le diagnostic de ce trouble du neuro-développement.
Il concerne pourtant quelque 5 % des enfants, à des degrés divers, mais aussi des adultes.
Explications dans le 3e volet de notre série d’articles sur le TDAH.

Le TDAH (trouble déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité) est un trouble du neuro-développement. | DIANE DUCHÊNE / OUEST-FRANCE
Ouest-France Marie TOUMIT. Publié le 30/03/2025 à 07h00
TDAH : sept choses à savoir sur le trouble de l’attention
« Diagnostiquer et accompagner le plus tôt possible est essentiel pour éviter une aggravation des conséquences psychologiques, sociales et scolaires de ce trouble », écrit la Haute autorité de santé (HAS), à propos du TDAH, le trouble déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité.
Oui, le TDAH est parfois très lourd dans la vie des enfants et des adultes, jusqu’à être reconnu comme un handicap.
Non, ce n’est pas un label qu’on colle facilement à des enfants qui seraient mal éduqués.
C’est ce que disent les professionnels, spécialistes du TDAH, qui ont contribué à élaborer les recommandations pour le diagnostic et les interventions thérapeutiques auprès des enfants et des ados.
Ce document a été publié par la Haute autorité de santé en septembre 2024.
Explications.
1. Le TDAH, qu’est-ce que c’est ?
Le TDAH est un trouble du neuro-développement.
« Il y a une anomalie dans le développement cérébral, anomalie qui est très largement génétique », précise Olivier Bonnot, professeur de psychiatrie de l’enfant à l’université Paris-Saclay, chef de service à l’hôpital Barthélemy-Durand (Essonne), qui a présidé le groupe de travail de la Haute autorité de santé.
Il est d’ailleurs aujourd’hui fréquent que l’un des parents découvre qu’il est aussi concerné quand un diagnostic est posé pour leur enfant.
« Ce n’est pas du tout un problème éducatif.
Ce n’est pas la faute des parents », martèle Olivier Bonnot, co-auteur avec Laurence Ollivier de Et si c’était un TDAH ? (Marabout, 2024).
Le TDAH se caractérise par quatre signes principaux.
« Il s’agit d’un trouble du développement des capacités attentionnelles », ajoute le psychiatre.
Cela se traduit donc par de l’inattention, par la difficulté à se concentrer ou à focaliser son attention.
Signe corollaire : « la distractibilité », c’est-à-dire le fait d’être très facilement déconcentré par un bruit, par le passage de quelqu’un, etc.
Ces difficultés d’attention peuvent s’accompagner ou pas de symptômes d’impulsivité.
« C’est le troisième signe », poursuit le psychiatre. Et/ou d’hyperactivité.
Considéré comme le symptôme le plus flagrant, il n’est toutefois pas toujours présent, ni visible.
« Il y a une forme d’hyperactivité motrice : les concernés bougent tout le temps et sont agités.
Mais l’hyperactivité peut aussi être psychique, surtout chez les adolescents et les adultes », décrit le médecin.
Tous ces signes peuvent être plus ou moins marqués en fonction des personnes. Le trouble peut être léger à sévère.
On parle de TDAH seulement si les symptômes durent et qu’ils sont présents dans au moins deux environnements de l’enfant (l’école et la maison, par exemple).
Il s’agit de distinguer leur situation de celles d’enfants qui peuvent présenter un ou plusieurs de ces signes de façon temporaire parce qu’ils sont fatigués, stressés ou qu’ils sont chamboulés après un événement.
« Le retentissement sur la qualité de vie compte aussi beaucoup », ajoute Olivier Bonnot.
Le TDAH peut avoir des conséquences sur les apprentissages scolaires, les relations sociales et la qualité de vie.
À force d’entendre des remarques négatives, les enfants peuvent aussi manquer de confiance et se sentir dévalorisés.
Ils peuvent faire des crises de colère, avoir du mal à gérer la frustration, voire développer des troubles d’opposition.
« Mais si les enfants et les adultes ne souffrent pas, il n’y a pas de raison de venir nous voir. »
2. Le TDAH est-il fréquent ?
« Il y en a dans tous les pays à peu près aux mêmes proportions.
Dans les études mondiales, le TDAH concerne entre 3 % et 6 % de la population, souligne le Pr Olivier Bonnot.
Il n’y a pas plus de TDAH qu’avant. On peut considérer qu’il a toujours existé.
Des ouvrages l’ont décrit » avant même sa dénomination actuelle et les connaissances scientifiques d’aujourd’hui. Notamment à la fin du XVIIIe siècle.
« L’existence de ce trouble a longtemps été contestée, notamment en France, estime Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France.
On parlait de problèmes éducatifs. De même qu’on a fait du chemin sur le trouble du spectre de l’autisme, on a avancé sur la connaissance et la prise en charge du TDAH. »
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