Accueil Course au large Solitaire du Figaro
À une semaine du départ de la 56e édition de la Solitaire du Figaro Paprec au Havre le 7 septembre prochain, 4 des 35 skippers engagés analysent le parcours de la course et nous livrent leurs ambitions.
Qu’ils soient bizuths ou davantage connaisseurs de l’épreuve, ils sont formels : tout peut basculer jusqu’aux derniers milles.

Cinq nationalités seront représentées cette année sur La Solitaire du Figaro Paprec : outre les Français, des skippers anglais, irlandais, suisses et américains porteront les couleurs de leur pays. | VINCENT OLIVAUD
Voiles et Voiliers. Publié le 31/08/2025 à 16h29
Solitaire du Figaro. Les skippers se confient : « Les étapes donnent presque le vertige »
Dimanche 7 septembre sera donné le départ de la Solitaire du Figaro Paprec, organisée par OC Sport Pen Duick.
Durant trois semaines, 35 skippers vont puiser dans leurs forces jusqu’à la limite afin d’espérer remporter une victoire d’étape et pourquoi pas la plus exigeante des courses en solitaire avec escales.
Après une première étape de Rouen à la baie de Morlaix en passant par le Fastnet, les skippers relieront la Bretagne à Vigo (Espagne) pour la deuxième étape.
Ils termineront la course par une dernière étape de Vigo à Saint-Vaast-la-Hougue.
Qu’ils soient confirmés ou novices, toutes et tous rêvent de ces étapes d’anthologie.
Tiphaine Ragueneau (Orcom), Hugo Cardon (Sarth’Atlantique), Maël Garnier (Selencia – Cerfrance) et Victor Le Pape (Région Bretagne – CMB Espoir) se prêtent au jeu des questions pour évoquer cette édition, leurs ambitions et leurs atouts.
Que pensez-vous de ce parcours 2025 de La Solitaire du Figaro Paprec ?
Tiphaine Ragueneau, bizuth : C’est un parcours qui est assez complet.
Il est un peu à l’image de la Solitaire mais avec cette année une dernière étape (de Vigo à Saint-Vaast-la-Hougue) bien costaud, qui donne quelques appréhensions, surtout quand on est bizuth.
Cette étape, la plus complète, arrive en dernier.
Il y aura très certainement de la fatigue, il faudra être vigilant. J’aime passer du temps en mer.
J’ai eu la chance l’année dernière de faire le Défi Paprec, en double, sur la première étape, mais cette fois-ci en solitaire, ça sera très différent.
Hugo Cardon, bizuth : Ce qui me plaît vraiment sur cette édition, c’est de faire du vrai large au sens propre du terme.
Le fait d’aller au Fastnet devrait bien ouvrir le jeu.
Traverser le golfe de Gascogne et passer le cap Finisterre va être intéressant.
J’aimerais bien avoir des conditions plutôt musclées sur cette zone.
Ensuite, la troisième étape peut me faire peur, avec l’accumulation du manque de sommeil.
L’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue promet aussi des moments compliqués avec le passage de l’Occidentale de Sein.
Cette remontée va être un sacré défi.
C’est pour cela que la Solitaire ne va pas forcément se gagner sur la première ou deuxième étape, elle peut se jouer jusqu’à la fin.
Les cartes peuvent être rebattues même dans les dernières heures de course avec les passages à niveau.
Maël Garnier, 5e participation : Ce parcours est à l’image de La Solitaire du Figaro.
La première étape est une classique que l’on connaît bien avec la baie de Seine, la sortie de la Manche, le Fastnet, tout comme le début de la deuxième étape, de la baie de Morlaix à la pointe espagnole.
Après, nous savons que l’arrivée à Vigo va être très compliquée car il n’y a pas de vent.
Il ne faudra pas se faire piéger au cap Finisterre non plus.
En septembre, il peut y avoir de belles dépressions, ce que j’aimerais bien afin de pouvoir envoyer dans le gros temps.
Sur la dernière étape et l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue, il faudra passer Barfleur, ça peut faire mal.
C’est une étape marathon avec de beaux cols. Il faudra faire attention aux algues, être en alerte.
Sur les derniers milles, tout peut basculer.
Victor Le Pape, 3e participation : Je ne suis plus un bizuth et je commence à bien connaître les zones de navigation.
Le parcours reste fidèle à l’esprit de l’épreuve : exigeant, varié, avec du large, du côtier…
Et surtout beaucoup d’occasions de jouer !
Les étapes, parfois proches des 700 milles, donnent presque le vertige.
L’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue, après le passage du Raz Blanchard, pourrait rebattre les cartes et promet de belles joutes nautiques.

Maël Garnier est arrivé 4e de la Transat Paprec 2025, en double avec Catherine Hunt. | VINCENT OLIVAUD / OC SPORT PEN DUICK
Viser le podium ou la victoire est ambitieux, mais sur La Solitaire, tout est possible.
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Quelles sont vos ambitions pour cette édition ?
Tiphaine Ragueneau : C’est difficile à dire pour une première.
C’est certain que j’ai envie de bien faire, et forcément performer de la meilleure des façons dans la catégorie des bizuths.
Après, je vais éviter de me prononcer sur un résultat pour l’instant, sur une première Solitaire c’est très compliqué.
Si j’arrive à faire un bon résultat, à prendre du plaisir, alors je pense que j’aurais tout gagné à la fin de La Solitaire.
Hugo Cardon : En tant que bizuth, mon ambition est déjà d’arriver au bout de la course, de prendre du plaisir et de faire le meilleur résultat possible.
C’est déjà pas mal mais j’ai tout de même l’envie de pouvoir jouer le podium des bizuths.
Maël Garnier : Mon ambition sur cette édition 2025 est clairement de viser au minimum un top 10 et pourquoi pas un podium sur une étape.
Nous sommes quelques-uns à pouvoir se hisser dans ce top 10.
Je ne vais regarder personne, me faire confiance, ne rien regretter à la fin et être décomplexé dans mes options.
Victor Le Pape : J’ai signé deux tops 10 sur mes deux dernières éditions et j’aimerais rééditer ces performances, avec l’objectif d’intégrer le top 5.
Devant, le niveau est très élevé ; viser le podium ou la victoire est ambitieux, mais sur La Solitaire, tout est possible.
J’aborde l’épreuve avec un statut d’outsider qui me plaît : en embuscade, prêt à saisir les opportunités et à tenter quelques coups d’éclat.
Malgré un début de saison moyen, j’ai hâte de montrer ce dont je suis capable cette année.

Tiphaine Ragueneau est l’un des 13 bizuths au départ de la Solitaire du Figaro 2025. | MAXIME FALCONE
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Quels sont vos points forts et points faibles en Figaro ?
Tiphaine Ragueneau : Mes points forts sont peut-être ma rigueur, cette capacité à bien rester concentrée et ainsi savoir identifier quand les choses dérapent et d’où cela provient.
J’ai mes petites routines et ce sont des choses sur lesquelles je sais que je peux m’appuyer pour bien rebondir.
Mon point faible, je pense que c’est la confiance en moi et en mes choix.
C’est ce qui va me donner des cheveux blancs. Il faut également que je sois plus patiente.
Je pense avoir fait des progrès, mais ce n’est toujours pas ma qualité première.
Hugo Cardon : Je ne vais pas trop en dire sur mes points forts pour ne pas donner d’informations à la concurrence (rires) mais je sais que je prends bien le temps de me reposer pour rester le plus lucide possible.
Je ne suis pas forcément toujours le plus rapide mais j’essaie d’être le plus reposé possible pour prendre les bonnes décisions et être actif sur les changements de voile et les réglages du bateau.
J’aime bien le vent fort et le fait de me sentir à l’aise dedans, dans les manœuvres, peut faire la différence, pas forcément sur les cadors mais sur ceux qui ont un peu moins d’expérience. Je n’ai pas d’appréhension à y aller.
Mes points faibles justement c’est un peu la molle, d’être vraiment sur les réglages tout le temps, de penser à moins se reposer, d’être vraiment très actif pour refaire démarrer le bateau.
Je pense aussi être un peu impatient.
Je veux parfois jouer des coups, des trop gros coups pour essayer de gagner sur les autres.
Si je le fais tout seul, c’est qu’il y a une bonne raison et ce n’est pas souvent la bonne chose.
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Maël Garnier : J’ai eu un déclic cette année et notamment sur la Transat Paprec, je me fais plus confiance.
J’ai changé quelques petits points dans ma préparation. J’arrive avec un esprit bien frais.
Mon point faible – et j’ai pu m’en rendre compte plusieurs fois -, c’est de prendre des bons départs et de me faire rattraper.
Il faut que j’arrive à garder cette énergie du départ et ne rien lâcher.
Victor Le Pape : Je pense que je commence à très bien connaître le bateau, à bien me connaître également.
J’aime plus le vent soutenu et quand les étapes sont engagées.
Je crois qu’au fond, j’aime bien me faire mal et c’est ce que je recherche sur La Solitaire.
Je pense avoir un profil assez complet.
C’est toujours compliqué de trouver des points faibles avant une Solitaire du Figaro parce qu’on essaie de les combler, en tout cas on essaie d’en avoir le moins possible.
Les points faibles, c’est que je pense que j’ai un peu moins d’expérience que certains de mes concurrents du top 5 ou du top 10.
Je pense que j’ai aussi un peu de pression parce que c’est ma dernière année au sein du Team Région Bretagne CMB.
Si ce n’est pas forcément l’axe majeur de mon sponsor, j’ai tout de même très envie de faire un bon résultat.
(Source : service presse)
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