Accueil Skipper Jimmy Pahun

Jimmy Pahun participe à la Round Britain avec quatre marins professionnels et 10 passagers.

Jimmy Pahun participe à la Round Britain avec quatre marins professionnels et 10 passagers. | ©DR

Voiles et Voiliers – Publié le 09/08/2026 à 19h31

Round Britain en Irlande. « 14 à bord, ça fait beaucoup » : le carnet de bord de Jimmy Pahun

Jimmy Pahun participe à la Round Britain à bord de Libertalia, un VOR 60 de Challenge Ocean, avec un équipage amateur en immersion.

Le départ de cette course de 1 800 milles nautiques autour des îles britanniques a été donné ce dimanche 9 août.

Mais cette aventure n’était pas celle qu’il avait imaginée au départ. Il raconte.

« Ce dimanche 9 août, je suis à Cowes ou j’embarque à bord du Libertalia (un VOR 60 de Challenge Ocean, avec un équipage amateur en immersion).

Ce type de programme intéresse surtout les Anglais, ils seront huit à bord, je ne connais pas leur expérience ni même encore leurs prénoms.

Les Français, je les connais mieux, Yun, un vieux copain, Paul, le fils d’un vieux copain, Valdo, Armelle et André notre skipper qui vient de Locoal-Mendon.

Le parcours est quand même engageant puisque nous devons remonter jusqu’aux îles Shetland par 66 degrés nord.

Tout est parti d’une discussion entre 2 deux courses du Spi Ouest-France l’an passé.

Faire une course autour du monde, passer l’équateur, doubler le cap Horn, reste pour un marin un rêve, moins poétiquement, une case à cocher.

Alors essayons. C’est la GGR qui m’a donné envie.

L’esprit de la Withbread, les escales aux quatre coins du monde, naviguer à l’ancienne sur des bateaux chargés d’histoire, tout ça me plaisait bien, alors essayons!

Lire aussi : Challenge Ocean. Libertalia, Volvo 60, nouveau prestigieux voilier de course basé à Lorient

L’Esprit d’Equipe, bateau iconique du tour du monde

J’ai d’abord rêvé du magnifique Swann de Jean le Cam, puis du « Triana « dont j’ai encore le matériel à la maison pour terminer sur l’Esprit d’Equipe, bateau iconique du tour du monde et sacrément bien refité par Lionel Reigné qui était disposé à nous le louer, d’abord pour la saison puis le Tour du Monde si finances est trouvé.

De participer à des régates pour prendre le rythme me paraissait nécessaire pour connaître l’équipage.

Tant pis si les voiles de « l’Esprit d’Equipe » bien qu’encore solides ont 4 transats et 1 tour du monde, l’important était de se mettre dans le tempo d’une si grande aventure…

Pour qualifier l’équipage, il faut naviguer alors au programme un jeu de poupées russes autour des îles, Belle-Île (la plus belle), l’Irlande en juin, les îles britanniques en août avec un intermède Drheam Cup en juillet…

C’était bien pour trouver du monde et un début de financement pour accrocher un partenaire souhaitant partager son « Esprit d’Equipe » si réussi il y a 40 ans par Lionel Péan autour de 3 valeurs : la transmission, la sobriété et le patrimoine puisque ce fier plan Briand est inscrit au patrimoine maritime et bénéficie ainsi d’aides à l’investissement.

Lire aussi : Spi Ouest-France. Pourquoi sont-ils tous accros ? Légendes de la course et passionnés témoignent

Je ne baisse pas encore les bras pour le tour du monde

Avec tout ça j’espérais bien trouver de quoi naviguer cette année.

Deux amis m’ont gentiment accompagné pour démarrer et très vite malgré tout je me suis rendu compte qu’une telle aventure ne pouvait se faire sans un équipage déterminé et uni et un skipper d’expérience.

Je pensais avoir trouvé tout ça mais une première navigation sur les 150 milles de Port-Louis fut décevante tant pour mon skipper que pour moi et me voilà obligé à déclarer forfait pour le tour de l’Irlande…

Les vivres étaient faits, l’inscription payée, après une nuit d’insomnie, je me dis Jimmy on va quand même y arriver !

10 coups de fil, un skipper d’expérience et nous voilà partis le mardi matin pour l’Irlande et une course plutôt réussie, bord à bord avec « Neptune » sur les 800 milles du parcours.

Enfin du positif et un « Esprit d’Equipe » qui commence à naître.

Mais bon, même difficultés au départ de la Drheam Cup, malgré le renfort de Luc Pillot qui lui aussi rêve de cocher la case « tour du monde » et Laurent Bregeon équipier a bord sur le tour 89/90.

Mais comme il est difficile de trouver un jeune équipage complémentaire et solidaire capable de vivre quatre fois 40 jours dans un univers bien restreint, humide et gîté.

J’en prends ma part et je la prends dès maintenant car je ne me voyais pas partir sur les 1 800 milles du tour des Îles Britanniques sans un peu de budget et un équipage connaissant le bateau.

Churchill disait que « la réussite était d’aller d’erreur en erreur avec le même enthousiasme », je ne baisse pas encore les bras pour le tour du monde, mais faut-il encore trouver les passionnés qui nous feront confiance et aussi passer une élection présidentielle.

Impossible de trouver un budget pour armer l’Esprit d’Equipe

Incapable donc de trouver un budget et un équipage pour armer l’Esprit d’Equipe, je croise sur les pontons de Lorient Valdo Doyer qui me dit qu’il reste une « bannette » à bord de Libertalia que je connais mieux sous le nom de Jolokia.

À bord de cet ancien bateau de la course autour du monde, Valdo loue ses services pour participer aux courses les plus célèbres du monde.

Après la Transat, après le Fastnet, ce Tour des îles britanniques était à son programme avec 4 marins pro et 10 passagers payants!

Ça fait beaucoup nous verrons bien.

La météo nous semble plutôt bonne mère, vent médium pour traverser la mer d’Irlande et je touche du bois, vent de sud pour aller jusqu’aux Shetland.

Après on verra bien! Mon objectif est d’arriver à temps pour la clôture du festival du film insulaire de Groix.

C’est une sacrée aventure! »

====================================================================================