Pensée il y a quatre-vingts ans par Hélène et Philippe Viannay comme un centre de convalescence pour anciens résistants et déportés, l’association Les Glénans est aujourd’hui considérée comme la première école de voile d’Europe.
Une institution qui a précieusement gardé ses valeurs originelles.
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Le Rebelle. | PHOTOTHQUE LES GLNANS
Bretons – Publié le 22/05/2026 à 06h30
RÉCIT. Les Glénans : une école de voile née de l’esprit de la Résistance
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Il faut les imaginer tous les quatre, rescapés de la tragédie qui vient d’emporter des millions d’humains sur terre.
Lui, Philippe Viannay, ancien maquisard blessé de guerre, miraculé à qui un prêtre avait donné l’extrême-onction alors qu’il gisait sur une civière, touché de sept balles.
Elle, Hélène Viannay, sa femme, admirable résistante de la première heure, née de parents russes émigrés en France qui lui ont légué l’amour de la liberté au-dessus de tout et le droit à l’insoumission.
Ils n’ont pas 30 ans, ils emmènent avec eux leurs deux jeunes enfants, Pierre et François, nés en 1943 et 1945.
C’est l’été 1946. Ils sont là, tous les quatre, face à la mer, pour leurs premières vraies vacances en famille, après le cauchemar.
La scène se passe à la pointe de Raguénez, à Névez, dans le Finistère Sud, non loin de la maison où réside Charles, l’oncle de Philippe, qui les a conviés à venir s’y ressourcer.
La suite est racontée par la journaliste Clarisse Feletin dans la biographie qu’elle consacre à Hélène Viannay, parue en 2004 : « Un jour, ils demandent à un voisin, marin-pêcheur, de les emmener jusqu’aux îles situées à une dizaine de milles de la côte.
Hélène est émerveillée. Il fait beau, chaud et calme. En arrivant sur l’archipel, l’eau devient transparente […].
Pour ces résistants qui sortaient de quatre ans et demi de guerre, l’impression de sérénité est extraordinaire […].
Ils se sentent devenir écume comme si la mer coulait désormais dans leurs veines.
Ils ne sont plus eux-mêmes avec le lourd passé et le présent incertain.
Ils sont lavés, purifiés, le futur leur apparaît soudainement aussi droit que l’horizon ».
Dans son autobiographie sortie en 1988, Philippe Viannay se souvient lui aussi de ce temps suspendu à l’éternité : « Il est des moments presque trop parfaits.
Ce jour-là, nous avons compris que ces lieux-là seraient les nôtres ».
Et d’ajouter cette phrase fondatrice qu’il aurait prononcée alors…
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