
Le Belem dans un fjord norvégien : sublime ! | GAËL DESMOUCELLES
Voiles et Voiliers – Olivier Mesnier (avec service de presse)
Publié le 06/08/2026 à 17h33
Le commandant du Belem Olivier Mesnier nous raconte une navigation d’exception, de Dunkerque aux fjords norvégiens, à bord du mythique trois-mâts barque, de 58 mètres de long. Objectif Nord !
Début juin, j’embarque à Dunkerque à la suite du commandant Aymeric Gibet, capitaine du Belem depuis de nombreuses années.
Pour moi qui suis passionné de grands voiliers et d’expéditions maritimes, c’est un honneur et une chance incroyable que la Fondation Belem Caisse d’Épargne (auquel appartient le voilier, ndlr) m’ait confié la barre du trois-mâts.
Une lourde responsabilité aussi, tant le Belem est connu pour être le plus bel emblème du patrimoine maritime de notre pays.

Olivier Mesnier, commandant du Belem. | FONDATION BELEM
Après quelques escales ensoleillées sur les côtes françaises, le Belem met résolument le cap au Nord, vers les latitudes boréales.
L’anticyclone stable qui a provoqué une canicule persistante sur la France génère en Manche des vents de nord-est peu favorables aux allures préférées du Belem.
Qu’à cela ne tienne, nous en profitons pour faire escale d’abord à Guernesey, puis à l’île anglo-normande de Sark, ancien fief féodal à la nature préservée, sur lequel nos stagiaires enthousiastes peuvent flâner à loisir toute une journée.
Images exceptionnelles que de voir le trois-mâts déployer ses ailes de géant pour évoluer sur les eaux calmes et profondes du fjord.
Le raz Blanchard passé (avec des pointes de vitesse à 13 nœuds !), nous tirons un long bord sous voiles jusqu’au fond de la baie de Seine.
Les 815 tonnes du Belem progressent puissamment à 8 nœuds dans une mer régulière.
Des impressions exceptionnelles y compris pour moi, pourtant habitué aux grands voiliers…
Nous slalomons entre les bancs de sable qui jalonnent la côte de cette région de la Belgique flamande, puis profitons d’une escale encore ensoleillée à Ostende, station balnéaire réputée, très fréquentée à cette saison.

Le Belem a 22 voiles, et une surface de voilure de 1 200 mètres carrés. Il y a du travail pour les gabiers ! | MATTHIEU MARILLER
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Sur les eaux calmes et profondes des fjords norvégiens
Puis les choses sérieuses commencent.
Objectif : Nord ! Norvège plus exactement. Traversée rapide de la mer du Nord.
Poussé par un vent établi de sud-ouest, le Belem serre la côte anglaise en prévision d’une rotation ultérieure au nord-ouest à l’approche des côtes norvégiennes.
Nous traversons le fouillis des champs pétrolifères offshore, et longeons les champs éoliens en service ou en construction, de plus en plus nombreux.
Un petit coup de vent à 30 nœuds et des creux de 3 à 4 mètres occasionnent quelques coups de gîte sensibles à bord, mais nous gagnons ainsi 48 heures sur les prévisions de traversée.
À nous les glissades sous huniers dans Lysefjord, l’un des plus beaux fjords de Norvège, long d’une vingtaine de milles !
Images exceptionnelles que de voir le trois-mâts déployer ses ailes de géant pour évoluer sur les eaux calmes et profondes du fjord ceinturé par des parois rocheuses vertigineuses de plus de 600 mètres de hauteur…
Le Belem poursuit sa route vers le nord des jours durant.

A bord du Belem, en Norvège. Sur le trois-mâts, un virement de bord complet prendre 12 à 30 minutes selon le vent. | MATTHIEU MARILLER
Petite difficulté de la navigation dans les fjords norvégiens : la profondeur !
Les mouillages pourraient être nombreux, mais l’ampleur des sondes les réduisent drastiquement.
Alors je passe du temps à dénicher les rares mouillages praticables pour le Belem, limités à moins de 30 mètres de fond.
Un pan de montagne éboulé, une langue rocheuse qui s’avance dans les eaux abyssales font l’affaire.
Des nuits au mouillage sous les étoiles, des coins de ciel bleu et quelques courtes averses…
Le Belem poursuit sa route vers le nord des jours durant, se frayant un passage précis sur une cartographie complexe, dans ce dédale inextricable d’îles et d’îlots abandonnés par les anciens glaciers, traçant un sillage sinueux sur l’eau limpide et calme des fjords.
Stavanger, Bergen, les lumières douces et nuancées du Nord, celles de l’été arctique.

En Norvège, le Belem se faufile dans les fjords. Un grand voilier de 58 mètres de long par 8,80 mètres de large. | MATTHIEU MARILLER
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Pour moi, c’est un plaisir immense d’avoir partagé ces quelques semaines avec des navigants heureux, impressionnés par la majesté du Belem, et désireux d’apprendre les rudiments du savoir-faire ancestral des marins des grands voiliers de commerce d’autrefois.
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