Par Arnaud LE GALL.

Quels sont les vrais effets d’une alimentation sans sucre ? On a testé un mois, voici le résultat – Edition du soir Ouest-France – 31/01/2025

Constatant le fort engouement pour les régimes sans sucre, un journaliste de l’édition du soir a fait le test de se priver des sucres ajoutés pendant un mois. Voici le bilan de son expérience.

Ça y est, c’est l’heure de dresser le bilan. Il y a quelques jours, j’ai mis fin à l’expérience : pendant un mois, je me suis astreint à une alimentation sans sucres ajoutés.

Observant que ces derniers étaient constamment cités comme des ennemis à abattre par les professionnels de santé, j’ai voulu voir s’il était possible de mesurer leurs effets en s’en passant pendant une courte période.

Eh bien oui, j’ai pu constater quelques bienfaits, même s’ils n’ont probablement pas été aussi spectaculaires que ceux que promettent certains gourous de la perte de poids.

« Ce qu’on veut faire ici, c’est diminuer la glycémie, qu’on n’ait plus de pics de glycémie, pour qu’elle soit constante tout au long de la journée », introduit Alicia Astraldi, la diététicienne nutritionniste qui m’a suivi pendant ce défi.

Après l’ingestion de produits aux indices glycémiques élevés, le pancréas, en alerte, va sécréter de l’insuline en grande quantité.

Cela va déclencher le mécanisme de stockage de graisse, mais aussi créer une hypoglycémie réactionnelle, environ deux heures après le repas. Résultat : le corps réclame à nouveau sa dose de sucre.

Des menus types

Pour éviter ce cercle vicieux, j’ai dû respecter quelques menus types, établis par notre diététicienne.

Si le premier entretien a permis de constater que je n’étais pas un si mauvais élève en matière de sucres ingérés, nous avons néanmoins repéré des points à améliorer : arrêter les gâteaux en fin d’après-midi et remplacer les yaourts aromatisés et autres desserts sucrés par des produits laitiers nature.

Des ajustements finalement assez mineurs, qui m’ont paru plutôt simples à respecter.

Attention aux sucres cachés

Il a aussi fallu faire attention aux sucres cachés et cette partie m’a causé plus de fil à retordre, tant il est parfois compliqué de trouver du temps pour tout cuisiner soi-même.

« Si par exemple vous mangez des lasagnes, vous ne vous dîtes pas qu’il y a du sucre.

Une part de lasagnes industrielles, c’est 10 grammes de sucres », pointe Alicia Astraldi, qui rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de se limiter à 25 grammes par jour.

Selon l’Institut français de la consommation (IFC) les Français consomment en moyenne 25 kg de sucre par an.

C’est beaucoup trop. « L’utilisation directe du sucre à domicile diminue fortement, passant de 60 % à 20 % depuis les années 1970.

Depuis ces mêmes années, son utilisation dans l’industrie agroalimentaire augmente », note l’organisme.

Manque et maux de tête

À mi-parcours, Alicia Astraldi est venue aux nouvelles, me questionnant sur des sensations de manque ou des maux de tête, qui auraient pu me saisir. Heureusement, rien de tout ça chez moi.

Respecter les préconisations ne m’a pas semblé très difficile.

Cependant, ce n’est pas toujours aussi simple pour les patients suivis par notre professionnelle.

Celle-ci déconseille d’ailleurs une diminution brutale à celles et ceux qui ont une consommation importante de sucre.

Un rééquilibrage progressif, sur une plus longue période, aura plus de chances de produire des effets pérennes sur la santé.

« Enlever oui, mais raisonnablement », résume la diététicienne nutritionniste.

Au final, j’ai perdu environ 1,5 kg sur la période.

Est-ce lié uniquement aux restrictions dans l’assiette ou à une variation dans l’activité physique ?

Impossible de répondre avec précision. J’ai surtout vu un intérêt de limiter le sucre pour rester en forme l’après-midi et ne plus subir un coup de fatigue après le déjeuner.

Quelques semaines après la fin de mon défi, j’ai assoupli mon régime alimentaire, mais j’ai conservé de bonnes habitudes, comme le fromage blanc ou le yaourt nature en dessert.

Et, au travail, je n’ai toujours pas renoué avec la gaufre du distributeur qui ne me fait même plus envie. Enfin presque plus…

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