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Durant toute une journée, des professionnels et amateurs du monde du nautisme se sont réunis pour réfléchir à l’avenir de la course au large.

Des pistes sont à l’étude pour être soumises aux classes et aux organisateurs de course.

Organisée à la Colloc, à La Trinité-sur-Mer, la journée « Quel futur pour la course au large » a permis d’amorcer des pistes de changement.

Organisée à la Colloc, à La Trinité-sur-Mer, la journée « Quel futur pour la course au large » a permis d’amorcer des pistes de changement. | LAURÈNE COROLLER

Laurène COROLLER. Publié le 16/06/2025 à 12h00

Quel futur pour la course au large ? Les pistes de réflexion pour un sport plus vertueux..

À quoi souhaiterions-nous que ressemble la course au large dans 10 ans ?

C’est avec cette question aussi complexe que passionnante qu’a été ouverte la journée d’échanges « Quels futurs pour la course au large ? », qui se tenait ce vendredi 13 juin à La Trinité-sur-Mer.

Organisée par l’association La Vague avec la Région Bretagne, cette journée avait pour objectif de croiser les regards, les expériences et de travailler sur des propositions concrètes pour faire évoluer ce sport, qui a encore fait rêver des millions de personnes cet hiver avec le Vendée Globe.

La seule valeur que l’on a, c’est le message qu’on peut faire passer.

Le Vendée Globe, justement, était au cœur des questionnements soulevés par Clarisse Crémer, invitée d’honneur, venue témoigner des « dissonances » et du « désalignement » qu’elle peut ressentir entre le goût du sport et de la compétition, face à l’impact carbone de cette activité « non essentielle » à la société.

« La seule valeur que l’on a, c’est le message qu’on peut faire passer.

En tant que marin, on est souvent propulsé comme ambassadeur des océans par nos partenaires, alors que beaucoup de skippers se fichent de ces questions. »

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Ce jour-là, peu de skippers professionnels, et aucun sponsor, n’ont répondu à l’appel.

La faute à un planning chargé pour certains. Preuve d’un désintérêt pour les autres ?

Des Ministes, dont le président de la classe — très en avance sur ces enjeux environnementaux —, étaient néanmoins présents.

« La classe Mini est un formidable laboratoire pour tester des changements », lance une des personnes de l’auditoire. À titre d’exemple : la création d’une course alternative à la Mini Transat, évitant le transport en avion et le retour des bateaux en cargo.

Une boucle en Atlantique passant par le Cap-Vert et les Açores, qui reste pour l’instant à l’état de projet.

Clarisse Crémer confie alors avoir pris plus de plaisir à naviguer en Mini « qu’enfermée dans une boîte en Imoca ».

« Je voyais la mer une fois tous les dix jours sur mon Vendée Globe », ironise-t-elle.

Vient la question suivante : est-ce que la technologie des bateaux et l’augmentation des risques d’accident qui en découlent font encore rêver ?

Clarisse, elle, n’en est pas sûre. Pour autant, la navigatrice ne pense pas devoir prendre ses distances avec la course : « Si l’on veut agir, il faut le faire de l’intérieur. »

Plusieurs s’accordent à dire qu’il existe une forme de « consanguinité » dans la course au large, qui empêche d’explorer d’autres horizons et enferme dans des schémas traditionnels de mise en avant de la performance.

« Je trouve la communication plate dans les gros projets.

On ne doit parler que de victoire », se désole Yves Le Blevec, directeur de courses en Mini et directeur du Team Actual.

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La technologie peut-elle être au service de l’environnement ?

Si certains plaident pour un retour en arrière ou plus de monotypie, l’architecte Gildas Plessis, qui travaille beaucoup sur la construction en contreplaqué, ne pense pas qu’il faille opposer technologie et diminution de l’empreinte carbone.

« La monotypie peut être un frein à l’innovation et à la recherche de nouveaux matériaux bas carbone. »

Il reste en effet de nombreuses pistes à étudier, et l’obligation de réduire de 15 % l’empreinte carbone de la construction d’un Imoca va dans le bon sens.

Après toutes ces réflexions, la journée s’est poursuivie autour d’ateliers thématiques pour réfléchir à des propositions concrètes visant à améliorer l’inclusion, la mixité et le respect des accords de Paris pour les futures courses.

Ce qu’il en ressort : des idées, des projets, des envies de changement et d’implication à tous les niveaux.

Reste à savoir si les classes, les organisateurs de course, les skippers et les sponsors auront le courage d’amorcer le changement avant qu’il ne soit trop tard.

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