Dr Alain Cohen | 07 Avril 2025

Il est fréquent d’associer la consommation de cannabis chez l’adolescent à l’apparition ou à l’aggravation d’une psychose.

Cependant, d’autres modèles de causalité pourraient expliquer les associations observées entre cannabis et risque de trouble psychotique, notamment une vulnérabilité partagée à la fois lors d’une consommation de cannabis et un contexte de psychose ou des efforts d’automédication d’une détresse psychique causée par une symptomatologie psychotique, préalable à l’initiation au cannabis.

Dans ce cas, la consommation de cannabis s’apparenterait plutôt à une conséquence d’une psychose (jusque-là méconnue) qu’à son facteur étiologique.

En résumé, trois hypothèses pourraient expliquer les associations entre cannabis et risque de psychose : déterminisme étiologique direct imputable au cannabis, vulnérabilité psychique antérieure commune à l’addiction au cannabis et au risque de troubles psychotiques, ou efforts du patient pour « auto-médicamenter » une symptomatologie psychiatrique pré-existante ou concomitante à l’initiation au cannabis.

Pour départager ces hypothèses, une équipe du département de Psychiatrie de l’Université Washington à St Louis (Missouri, États-Unis) a réalisé une étude de cohorte auprès de 11 868 enfants et adolescents âgés au départ en moyenne de 9 à 10 ans et suivis environ pendant quatre ans, dans le cadre d’une recherche sur le développement cognitif du cerveau des adolescents, Adolescent Brain Cognitive Development[1],

Pour lire la suite 🡺 Psychose : préalable ou postérieure au cannabis ?

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