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Photo d’illustration d’orques au Canada. Dans la péninsule ibérique, les orques adultes mesurent entre 5 et 6,5 mètres. | PTIXIER
Voiles et Voiliers – Propos recueillis par Gaëlle Lebourg
Modifié le 06/08/2026 à 18h20
Alors que deux plaisanciers ont subi une interaction avec des orques ayant abouti au naufrage de leur voilier le 23 juillet dernier, faut-il s’inquiéter quant au risque de rencontrer des orques dans le golfe de Gascogne ?
Les orques adoptent-elles un nouveau comportement ?
Nous avons posé toutes nos questions à Paula Méndez Fernandez, biologiste marine, docteure en écologie marine, et ingénieure de recherche à l’observatoire Pelagis de La Rochelle, qui étudie les mammifères et oiseaux marins.
Voiles et Voiliers : Deux plaisanciers nous ont confié avoir subi une interaction un groupe d’orques le 23 juillet dernier, au ras des côtes galiciennes.
Ils racontent que les orques ont d’abord cassé au premier choc la tringlerie, avant de donner des coups dans la coque, de s’éloigner puis de revenir pour couler le bateau.
Quel est votre regard sur cette interaction ?
Paula Méndez Fernandez : C’est la première fois qu’on a un tel témoignage, où, apparemment, les animaux jouent avec le safran mais, après, cassent la coque du bateau.
Je fais partie du groupe de travail sur les orques de l’Atlantique (GTOA) et avec mes collègues qui sont spécialistes des orques et suivent les interactions de près au Portugal et en Galice, on est tous très étonnés de ce comportement.
J’ai du mal à voir comment des orques peuvent casser la coque d’un bateau, et l’intérêt qu’elles peuvent y trouver, car elles peuvent se faire mal.
Les orques s’amusent avec les bateaux, mais elles connaissent aussi leurs limites.
Voiles et Voiliers : Aucune interaction similaire n’a été recensée ?
Paula Méndez Fernandez : Depuis 2020, année à partir de laquelle on recense des interactions avec orques au large du détroit de Gibraltar, on n’a jamais eu un tel témoignage, où des orques auraient cassé la coque d’un bateau.
Dans le récit de Carole et Thierry Langel, la seule preuve qu’on a, c’est leur témoignage.
On n’a pas de photos ni de vidéos. Peut-être que dans le stress de l’interaction, ils ont pensé que le naufrage était dû aux orques, il se pourrait qu’il y ait d’autres causes.
Je ne veux pas dire qu’ils ne sont pas honnêtes, mais dans leur témoignage, j’ai du mal à comprendre la chronologie des actions.
En tout cas, les orques n’ont aucun intérêt à attaquer les hommes.
Les orques ne se font jamais mal.
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