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La flotte de The Ocean Race Europe va emprunter le détroit de Gibraltar du jeudi 21 au vendredi 22 août afin de rallier l’arrivée à Carthagène en Méditerranée.
Un passage qui peut s’avérer délicat sportivement, mais aussi dangereux sur le plan de la sécurité.
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Team Arkea – Paprec devrait entrer en premier dans le détroit de Gibraltar. | OCEAN RACE/ JULIEN CHAMPOLION
Ouest-France – Jacques GUYADER.
Publié le 21/08/2025 à 16h03
Ocean Race Europe. Orques, cargos, courant… Gibraltar détroit de tous les dangers pour les Imoca
Les sept Imoca engagés dans The Ocean Race Europe passeront dès ce jeudi 21 août au soir pour les premiers, vendredi 22 pour les autres, de l’Atlantique à la Méditerranée.
Point de passage obligé de cette transition : le détroit de Gibraltar, dans lequel devrait s’engouffrer le trio de tête en début de soirée.
Un point de passage délicat sur le plan sportif, mais aussi au niveau des conditions de sécurité.
DIRECT. Ocean Race Europe : classement et positions en temps réel
Un détroit… Très étroit
Le détroit de Gibraltar sépare l’Espagne au Nord, du Maroc au sud.
Sa largeur maximale, côté ouest, est d’environ 14 milles entre Bolonia et Tanger.
Sa largeur minimale entre les falaises d’Estrecho (Espagne) et la partie ouest de l’enclave espagnole Ceuta, sur le continent africain, n’est que de 8 milles.

Un DST est imposé au milieu du détroit de Gibraltar. | OUEST-France
Une zone interdite en plein milieu
Dans cet étroit détroit, un Dispositif de séparation du trafic maritime (DST) est instauré en plein milieu.
C’est une zone réservée au trafic des navires commerciaux (cargos, pétroliers) qui permet de réguler les circulations montantes et descendantes afin d’éviter les collisions.
Les DST sont interdits à la navigation pour les bateaux à voile et les bateaux de moins de 20 m.
The Ocean Race Europe : classement et positions en temps réel
Le DST de Gibraltar, situé dans l’axe ouest-est est long de 16 milles, et large de 2, 5 milles.
Il rétrécit donc les passages possibles pour la flotte de l’Ocean Race Europe, à deux couloirs de navigation au nord et au sud du DST.
Au nord du DST, ce couloir n’est large que de 1,4 mille environ au niveau de Tarifa.
Et au sud, sa largeur minimale n’est que de 2,8 milles. Un vrai casse-tête pour les skippers.
Vent d’Ouest ou vent d’Est : tirer des bords
Selon le sens et la force du vent sévissant dans le détroit, les affaires peuvent se compliquer pour les skippers d’Imoca.
Aujourd’hui, les modèles météo convergent pour prévoir un flux d’Ouest modéré de 10 nœuds à 18 nœuds en rafale.
Le trio de tête, Paprec-Arkéa le premier, va donc s’y engouffrer au portant, une moindre difficulté, avec la nécessité cependant d’avoir à tirer quelques bords, et placer des empannages donc.
À la sortie du détroit, le vent, devrait s’accélérer un peu, mais la route s’ouvrira dans le même temps.
Un trafic maritime intense
Le détroit de Gibraltar est un des points névralgiques du trafic maritime européen et international.
Des dizaines de cargo, pétroliers, porte-conteneurs, paquebots, y passent chaque jour, dans les deux sens.
Mais le trafic n’est pas seulement concentré dans le DST.
La présence des importants ports de Tanger (Maroc), Algesiras (Espagne), et Gibraltar (Royaume-Uni) engendre aussi un trafic nord-sud, et sud-nord.
Bref, si l’on y rajoute la présence de nombreux bateaux de pêche, dont beaucoup ne possèdent pas de moyens d’identification (AIS), le détroit de Gibraltar c’est un peu le périph parisien aux heures de pointe, mais en permanence.
Le trio de tête de l’Ocean Race Europe y passera en plein jour. C’est déjà ça.
Des attaques d’orques fréquentes
Depuis quelques années, les incidents entre les bateaux à voile et les orques se multiplient dans le détroit de Gibraltar.
Des colonies de ces gros cétacés s’attaquent notamment aux appendices des voiliers, comme les safrans.
Aucune explication scientifique ne parvient à déterminer les causes de ces attaques, qui ont fait de nombreux dégâts sur des voiliers.
En 2023, lors de The Ocean Race, deux VO65 engagés dans la course avaient témoigné de ces incidents
« effrayants ».
À découvrir
- Ouest-France
- 20 Minutes
https://www.youtube.com/watch?v=E1rqcI2jULY&t=2s
« Trois orques nous ont foncé dessus et ont commencé à frapper les safrans, avait commenté à l’époque Jelmer van Beek, skipper principal du Team Jajo.
C’était impressionnant de voir les orques, des animaux magnifiques, mais c’était aussi un moment dangereux pour nous en tant qu’équipe.
Nous avons affalé les voiles et ralenti le bateau aussi rapidement que possible et, heureusement, après quelques attaques, ils se sont éloignés… C’était un moment effrayant. »
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