Maladie de Parkinson et syndromes parkinsoniens

Par le Pr Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies (LNFP) EA 4559, CHU – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts] – Date de publication : 23 juin 2026

Mouvements oculaires et troubles du mouvement dans la maladie de Parkinson

Article commenté :
What can we learn from eye movements in movement disorders and Parkinson’s disease? P Ravat, FF Ghasia, AG Shaikh – Curr Opin Neurol. 2026 Jun 11. doi:10.1097/WCO.0000000000001501.

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Cet article, publié dans Current Opinion in Neurology, propose une synthèse sur ce que l’étude des mouvements oculaires peut apporter à la compréhension des troubles du mouvement, en particulier dans la MP.
Les auteurs rappellent que les saccades, les fixations, la poursuite oculaire ou encore les mouvements oculaires réflexes reposent sur des réseaux cérébraux largement distribués, impliquant les ganglions de la base, le tronc cérébral, le cervelet et les régions corticales frontales.
Leur altération peut donc offrir un accès indirect mais précieux aux dysfonctionnements moteurs et non moteurs de ces pathologies.

L’article met en avant l’intérêt méthodologique de l’oculométrie, qui permet de mesurer finement des paramètres tels que la latence, la vitesse, la précision, la variabilité ou l’inhibition des mouvements oculaires.
Dans la MP, ces mesures peuvent révéler des anomalies subtiles des saccades volontaires, des difficultés à inhiber des réponses réflexes, ou encore des perturbations de l’exploration visuelle.
Ces marqueurs sont particulièrement intéressants car ils peuvent être obtenus de manière non invasive, avec des dispositifs de plus en plus accessibles, et peuvent compléter l’examen neurologique classique.

L’intérêt clinique est double.

D’une part, les mouvements oculaires peuvent aider à mieux caractériser les différents profils de troubles du mouvement, notamment pour distinguer la MP de certains syndromes parkinsoniens atypiques.
D’autre part, ils peuvent renseigner sur des dimensions plus cognitives de la maladie, comme le contrôle exécutif, l’attention, la prise de décision ou l’impulsivité.

L’étude du regard permet ainsi de relier les symptômes moteurs visibles à des mécanismes cérébraux plus larges, souvent impliqués aussi dans les symptômes non moteurs.

Les auteurs suggèrent que les mouvements oculaires pourraient devenir des biomarqueurs utiles pour le diagnostic différentiel, le suivi longitudinal et l’évaluation de la réponse aux traitements.
Leur potentiel est particulièrement important dans une perspective de médecine personnalisée, à condition de standardiser les protocoles, de mieux définir les paramètres les plus robustes et de valider ces mesures sur de larges cohortes cliniques.

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