Accueil Course au large Mini-Transat
La quasi-totalité de la flotte de la Mini Transat est à l’arrêt, à l’abri de la tempête dans des ports espagnols ce samedi 2 octobre !
Seuls cinq bateaux sont encore vraiment en course dont les quatre leaders échappés au Sud du Portugal, pas concernés par le gros temps, et où la première place pourrait bien changer de mains aujourd’hui.
Par ailleurs, le bateau d’un skipper a été attaqué hier par un orque.
Rappel : on parle de voiliers minuscules : 6,50 mètres…


Comme son nom l’indique, c’est petit un Mini, surtout dans 50 nœuds de vent contraire et quatre mètres de vagues. Ce n’est pas le cas de celui de Fabio Muzzolini, troisième donc faisant partie des quatre échappés qui continuent de naviguer, très loin des ports espagnols où la quasi-totalité de la flotte s’est réfugiée. | MINI TRANSAT EUROCHEF – BATEAU ACCOMPAGNATEUR TOKETA
Bruno MÉNARD. Modifié le 02/10/2021 à 14h01
Seuls cinq bateaux, sur 90 au départ, sont encore réellement en course sur la Mini Transat ce samedi 2 octobre : les quatre leaders et un bateau de série.
Les 85 autres skippers solitaires de la course sont en écrasante majorité arrêtés dans des ports espagnols ou, pour quelques-uns encore, en passe de le faire.
Rappelons qu’un bateau avait démâté en début de course et ramené à Lorient par le sauveteur de bateaux Adrien Hardy.
Le compte est « bon » : sur 90 bateaux au départ, l’un est en France, 84 sont arrêtés ou en passe de l’être dans différents ports du Nord-Ouest de l’Espagne.
Seulement un bateau en Série qui navigue proche des côtes au Sud de Vigo (celui du skipper allemand Melwin Fink) mais surtout quatre en Proto au grand large du détroit de Gibraltar – les leaders – restent vraiment en course.

Où sont nos navires ? Et bien tous arrêtés au Nord-Ouest de l’Espagne… sauf quatre au grand large de Gibraltar. | MINI TRANSAT EUROCHEF 2021
Tous aux abris ou presque
Cette situation inédite est la conséquence directe de la mise aux abris quasi générale des marins qui ont fui le gros temps (50 nœuds de vent en rafales et mer mauvaise) en allant se mettre à l’abri dans des ports espagnols.
Un BMS (bulletin météo spécial) avait été émis hier vendredi en ce sens.
La direction de course avait alors logiquement transmis aux marins ces mauvaises prévisions aux conséquences potentiellement dangereuses pour ces minuscules voiliers de 6,50 mètres.
Il n’est (malheureusement) pas inutile de rappeler qu’affronter du gros temps avec un voilier à peine plus long qu’une voiture est assez (très) différent de la même chose à bord un confortable croiseur habitable de 10 ou 15 mètres. Très, très différent.
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Près de 50 nœuds de vent de face prévus ce samedi soir à 23h…
On comprend mieux que la flotte se mette à l’abri, non ? La régate c’est bien, mais la sécurité d’abord. | WINDY.COM
Les hommes et les femmes d’abord
Denis Hugues, emblématique directeur de course de la Mini Transat qui connaît parfaitement ses ouailles et ces bateaux – parce qu’il les dirige depuis des années mais aussi parce qu’il a déjà été lui-même concurrent de cette course (alors qu’il est paraplégique) – avait conseillé hier aux skippers « d’agir en bon marin », c’est-à-dire de privilégier leur sécurité, de « mettre leur course entre parenthèses » selon l’expression consacrée.
Denis Hugues est un grand marin et un grand directeur de course.
Sauf à être parfaitement idiot ou d’une absolue mauvaise foi, on ne peut pas le soupçonner d’avoir été trop prudent.
Les hommes et les femmes d’abord.
On n’a pas peur d’écrire ici qu’il a eu parfaitement raison de prévenir, de mettre en garde, de transmettre les infos.
Il n’y aura que ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur un voilier de 6,50 mètres dans du gros temps (voire sur un voilier tout court) qui, inévitablement, prétendront le contraire. Laissons-les dire. Si ça les amuse…

La hauteur des vagues dans la nuit de samedi à dimanche… Les skippers de la Mini Transat ont eu bien raison de se mettre à l’abri ! Et les quatre de devant ont raison de continuer aussi. Bleu ça va, rouge beaucoup moins ! | WINDY.COM
Changement de leader aujourd’hui ?Bouroullec revient très fort sur Le Roy
Voilà, nous en sommes là. La Mini Transat, à l’heure où l’on écrit, n’a plus que cinq bateaux en course : le bateau de série allemand précité et les quatre premiers échappés en proto très loin au Sud du Portugal, à 500 milles de l’arrivée de cette première étape aux Canaries.
Avec dans l’ordre : Pierre Le Roy, Tanguy Bouroullec, Fabio Muzzolini et la Russe Irina Gracheva.
Ces quatre-là, Pierre Le Roy le premier, ont eu le mérite de s’échapper dans les (très) grandes largeurs dès le passage du cap Finisterre.
Ils ne sont pas dans le même système météo que les autres (voir les cartes météo de vent et de vagues ci-dessus) et eux ont donc de très bonnes raisons de poursuivre la course.
Sur la cartographie, on a vu hier Irina Gracheva tirer un bord à terre vers Lisbonne et imaginé qu’elle allait elle aussi s’arrêter, à Cascais.
Il n’en est rien : la Russe a repris un cap vers le Sud, avec une centaine de milles de retard sur le trio de tête.
L’autre info très notable est que l’avance de Pierre Le Roy en tête n’est plus du tout aussi confortable que ces deux derniers jours : car sur son bateau à foils, Tanguy Bouroullec, deuxième, revient très fort.
Il a compté près de 60 milles de retard, il n’en a plus que 12 ce matin.
En outre, il navigue beaucoup plus vite que Pierre Le Roy au large du détroit de Gibraltar. Bouroullec a ainsi couvert 45 milles ces quatre dernières heures contre « seulement » 30 milles engrangés par Pierre Le Roy.
Il est fort probable que les conditions soient favorables au vol sur foils pour Tanguy Bouroullec.
Peut-être assistera-t-on à un changement de leader, si la situation perdure. C’est loin d’être impossible.

Tanguy Bouroullec est à fond. Il revient très fort sur Pierre Le Roy. Il brigue clairement le leadership de la course. | VINCENT OLIVAUD
La cartographie en direct de la Mini Transat EuroChef
Attaqué par un orque sur un bateau de 6,50 mètres…
Sachez enfin qu’un des skippers de la course a été « attaqué » par un orque hier vendredi.
Gaël Ledoux, alors leader de la catégorie voiliers de Série, naviguait au large des côtes de Galice, entre Ribiera et Vigo, quand une orque est venue percuter la coque et les safrans de son bateau Haltoflame-Ilots.site !
Fort heureusement, a priori sans dommages et « plus de peur que de mal », comme a noté le service presse de la Mini Transat.

Gaël Ledoux a été attaqué par un orque. Sur un voilier de cette taille… | VINCENT OLIVAUD
Les « attaques » d’orques sont désormais fréquentes dans ces parages de l’Espagne, mais on imagine tout de même la frayeur du skipper.
Ces visites sont déjà très impressionnantes sur un gros voilier habitable de quinze mètres.
Alors sur une coque de noix de 6,50 mètres à peine plus grosse que l’animal, l’expérience doit être assez peu agréable.
C’est comme pour affronter 50 nœuds de vent et quatre mètres de creux : à bord d’un gros voilier ou d’un tout petit voilier ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout la même chose.