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Caroline Boule a été obligée d'abandonner la Mini Atlantique à cause d'une avarie majeure : la casse d'un des puits de foils.

Caroline Boule a été obligée d’abandonner la Mini Atlantique à cause d’une avarie majeure : la casse d’un des puits de foils. | JEAN BAPTISTE D’ENQUIN

Voiles et Voiliers – Publié le 08/08/2026 à 18h56

Mini Atlantique. « L’idée d’abandonner me hantait » : le carnet de bord de Caroline Boule

Après avoir dû s’arrêter pour donner naissance à son premier enfant, Caroline Boule a repris les courses de la saison Mini.

Engagée sur la Mini Atlantique, elle a été obligée d’abandonner lors de la première étape.

Dans ce nouveau carnet de bord, elle revient sur les raisons qui l’ont amenée à arrêter.

« Le départ fut donné le 22 juillet à 14 heures dans du vent faible et portant.

J’ai décidé de prendre un départ à la bouée qui était le côté favorable et qui me permettait aussi de limiter le risque de collision, mais avec le risque de me retrouver dans les dévents des autres concurrents qui comme d’habitude se battaient au comité.

Après un passage de ligne bien timé, j’ai mis quelques secondes de trop à envoyer le bout dehors et je me suis malheureusement retrouvé dans ce que je craignais, les dévents des autres qui m’empêchaient d’avancer.

J’étais collée à la piste et frustrée mais tant pis, la route était longue et ça partait de là.

Des dauphins vinrent m’encourager et je souris, j’adore ces animaux qui viennent nous accompagner et jouer avec nos bateaux.

Je loffais à l’approche de chaque bateau pour passer au vent et remonter place par place la flotte.

En regardant au-dessus mon épaule gauche j’ai remarqué que les bateaux sous le vent s’étaient arrêtés net, la transition prévue les avait stoppés.

Il fallait donc coûte que coûte gagner à l’ouest en remontant le plus possible le vent ce que je me suis empressée de faire. Ça fonctionnait !

Rapidement le vent est revenu plus à gauche et plus fort.

J’ai changé pour le gennacker Petit Bateau et je me suis mise à voler.

C’était parti pour la grande traversée jusqu’aux Açores! 15, 18, 22, 27 nœuds de vitesse !

Le bateau volait bas pour éviter la mer très courte avec une stabilité juste magique.

En doublant Julien Letissier je sentis l’émotion monter, j’étais en tête de la Mini Atlantique.

Il allait maintenant falloir naviguer vite jusqu’aux 25 juillet pour avoir la molle le moins longtemps possible, la course allait clairement être favorable devant.

Le brief était clair, barrer le plus possible et mettre les gaz tout en restant lucide et essayant de limiter la casse.

Les premières casses arrivèrent quand même très vite… la poulie de renvoie d’un winch à l’autre céda en 1er ce qui entraîna la casse du dossier qui me servait de poste de veille.

Il ne faudra pas mollir pour rester devant.

À l’AIS Julien affichait des vitesses instantanées entre 15 et 16 nœuds, impressionnant !

Clairement il ne faudra pas mollir pour rester devant. Cap au 255 avec une tolérance jusqu’au 245.

J’ai choisi de rester un peu plus bas que lui, j’étais contente de prendre l’intérieur du virage et me placer entre l’adversaire et la bouée, ce qui de plus me permettait d’accélérer.

Lire aussi : Mini Atlantique. « Retrouver la vie à bord sur une course océanique » : le carnet de bord de Caroline Boule

Au bout d’une heure je rentrais dans le bateau pour me changer intégralement, j’étais trempée jusqu’aux os à cause de cette mer courte dans laquelle je rebondissais.

Aïe, je n’avais pris que 2 cirés, la route allait être humide !

Malgré l’eau et le froid je me forçais à rester dehors à la barre et aux réglages jusqu’à ce que le noir de la nuit ne me permette plus d’être précise.

Juste avant minuit je suis rentrée dans le bateau et je lançais les 1ers quarts en volant.

Alarme réglée sur 18 minutes, je passais le 1er quart tendu à regarder les vitesses du bateau défiler sur l’afficheur intérieur.

27,2 nœuds, tous les muscles tendus je retins ma respiration, ouf c’est passé !

Le pilote gérait bien et certainement mieux que moi la nuit.

Benoît avait fait un gros travail avec Madintec l’année dernière pour le régler et pouvoir voler en dormant.

Je ressortis vérifier que tout allait bien dehors, le bout dehors était à la bonne hauteur, le gréement tendu, safrans ok, pas de bateaux devant ou derrière… la lumière de Julien avait disparu.

Retour à la banette et cette fois-ci il fallait dormir pour pouvoir assurer à la barre dès le lever du soleil.

Les quarts se sont enchaînés, vers 4h du matin l’angle s’était ouvert et le gennacker ne me permettait plus de descendre comme je voulais.

Malgré la fatigue je décide d’envoyer au plus vite le spi médium jaune Petit Bateau pour ne pas perdre de terrain.

C’est là que je fis la 1ère erreur de la course : l’envoie ne fut pas assez rapide, l’amure passa à l’eau, le spi sous le bateau et le bout dehors déjanta pour la 1ère fois de la course.

Heureusement je réagis vite et j’ai réussi à tout récupérer en un seul morceau. Ouf, le spi était intact.

Par contre le remontage intégral du bout dehors en pleine nuit me prit de nombreuses heures.

En plus la chèvre permettant l’envoie du bout dehors avait cassée !

Quand j’eus fini il faisait jour et l’angle de vent s’était encore ouvert.

Avec difficulté je sortis le bout dehors et envoyais mon spi max aux couleurs de Xelians.

“Found the friend” – l’AIS me montra brièvement Koki Sawada environ 30 miles derrière et plus au nord.

Incroyable la portée de son AIS !

J’imagine qu’il menait le paquet de bateaux et que Julien était quelque part devant lui.

Je n’avais donc pas encore perdu toute mon avance.

Le temps que je sorte le spi était passé sous le bateau et s’était fait déchirer par les safrans.

J’étais épuisée mais je me suis forcée à rester à la barre.

Il fallait reprendre un peu ce que j’avais perdu vent arrière sous deux voiles quand je réparais ma bêtise.

Je repartis en volant sous spi comme il y a deux ans. Les miles défilaient à nouveau !

Mais trop rapidement le bateau s’arrêta à nouveau : pouf je vis le spi exploser sous mes yeux.

Il avait pas mal de milles aux compteurs : la Mini Transat puis toutes les courses de la saison… et puis on avait vraiment tiré dessus !

Une partie du tissu tomba dans l’eau et forma un ballon rempli d’eau alors que le guindant était encore accroché à la drisse.

Tout remonter sans décrocher la drisse ou l’amure dont j’allais ensuite avoir besoin pour renvoyer l’autre spi fut un vrai challenge.

C’était tellement lourd et dur !

Je finis par y arriver mais le bout dehors passa à nouveau à l’eau et une partie des bouts dessus cassèrent.

À bout de forces mais sans me laisser décourager je repris le démêlage, re-gréage et remontage de celui-ci.

Deux heures plus tard je réussis à renvoyer le spi couleur jaune Petit Bateau et complètement épuisée je me jetais dans la bannette.

Le bateau savait voler sous spi sans moi, certes les moyennes étaient moins hautes que si j’étais à la barre mais suffisantes tout de même pour aller plus vite que Julien et il était essentiel que je dorme au moins un peu.

J’ai réglé mon réveil sur 23 minutes pour me donner un peu de rab et je suis tombée dans un sommeil des plus profonds.

Je suis réveillée avant que réveil sonne par le bateau arrêté à nouveau.

J’ai sauté de la bannette et me suis précipité dehors… non… pas la drisse ?!

Le spi était à nouveau à l’eau, mais pourtant toujours accroché.

La drisse neuve que l’on avait changée juste avant la course, car elle s’était usée sur le convoyage, avait glissé, la gaine neuve était trop glissante, pas assez usée.

Ahhh j’étais à la fois furieuse et frustrée ! C’est la dernière fois que l’on change quelque chose juste avant une course.

Lire aussi : Mini 6.50. « Il y a clairement une baleine qui est passée juste à côté du bateau » : le carnet de bord de Caroline Boule

Le temps que je sorte le spi était passé sous le bateau et s’était fait déchirer par les safrans, en lambeaux!

J’avais plus de spi… est-ce que je pourrais faire 2000 miles de portant sans spi ?!

Ces questions se bousculaient dans ma tête mais je me suis forcée à les repousser pour me concentrer sur l’opération difficile et physique de remonter la voile qui était en train de coucher le bateau.

Complètement épuisée je n’arrivais pas à la remonter.

Finalement je pris la décision de larguer la drisse et l’amure et mettre l’écoute au winch.

De toute façon je n’aurais plus besoin de cette drisse ou de l’amure sur cette étape.

Après un temps infini je réussis à récupérer la voile et repêcher le bout hors qu’il fallait à nouveau remonter.

Est-ce que je pourrai arriver à Horta avant la fermeture de la ligne sans spi ? Et le retour ?

Les spis étaient en lambeaux donc irréparables, j’aurais le choix de faire le retour uniquement sous gennack ou alors prendre 24h de pénalité par voile changée donc un podium hors d’atteinte.

Perdue, furieuse et épuisée, je ne savais plus quoi faire. La Corogne était juste à mon bâbord et me tendait les bras.

Si c’était pour arriver hors temps je préférais mille fois m’arrêter là.

Mais l’idée d’abandonner me hantait, je ne voulais surtout pas que tout s’arrête là.

J’étais complètement perdue et incapable de décider que faire.

Il me restait à minima 2 heures de travail sur le bout dehors mais j’en étais vraiment incapable dans mon état actuel.

On n’abandonne jamais.

Je vis Koki sur DMG Mori me doubler à l’AIS.

N’étant pas lucide de fatigue, je pris la décision de dormir 3 fois 20min en direction d’Horta avant de prendre une décision aussi importante.

Une heure plus tard, je me levais avec la décision prise : on abandonne jamais.

Je me remis donc à bricoler mon bout dehors vent arrière.

Comme les fois précédentes, le bateau enfournait puis accélérait à nouveau, trempée et manquant de passer à l’eau je continuais à démêler et mateloter.

C’était très désagréable et un peu stressant mais comme c’était la 3ème fois, je commençais malheureusement à développer une technique efficace : d’abord tout démêler et faire l’état des lieux, ensuite réparer ce qui avait cassé, puis rattacher le bout/ fusible qui permet au bout dehors de passer sous l’eau plutôt que de casser – opération difficile car le bout dehors avait tendance à vouloir repasser sous l’eau à ce moment-là.

Enfin on pouvait rattacher l’élastique qui lève le bout dehors pour pas qu’il passe sous une vague grâce à un petit palan.

Là on se dit : chouette c’est fini mais il faut encore renvoyer le bout dehors sans la chèvre.

Là aussi j’ai développé une petite procédure mais il faut être très rapide et souvent recommencer plusieurs fois.

La patience était clé. Dommage, ce n’est pas mon point fort !

Mais je voyais bien que crier ne faisait que m’enlever de la précision et perdre du temps donc je m’efforçais à me concentrer pour finir au plus vite.

Je finis par renvoyer le gennacker et c’était parti pour le garder en l’air jusqu’au bout : je roulerai et je déroulerai mais maintenant on ne perd plus de temps avec les mouvements de bout dehors sans chèvre.

On vole aussi vite et aussi loin que possible, je n’ai plus rien à perdre !

Voler sous gennacker au portant dans 20 nœuds de vent s’avéra plus qu’efficace.

Le bateau tenait des moyennes juste incroyables .

Plusieurs fois je gardais entre 18 et 19 de moyenne pendant plusieurs heures.

Le vent continuait à prendre de la droite, on avait dit empannage quand le vent passe 45 deg après le DST Finistère pour se rapprocher un peu de la petite dépression, prendre l’intérieur du virage et avoir un meilleur angle en sortie pour viser les Açores.

Le mât continuait à s’enfoncer sous l’eau…

Mais le vent était plus à droite que prévu, j’étais encore loin du DST et il était déjà aux 55 degrés.

Je me forçais à continuer vers l’ouest en me demandant ce que faisaient les autres.

Au passage des 10deg Ouest je n’en pouvais plus et j’ai empanné, il fallait maintenant continuer vers le sud en bâbord amure en faisant très attention à ne pas tomber dans le vent faible au centre de la dépression.

Les éclairs zébraient le ciel noir, c’était à la fois magnifique et menaçant !

Je descendis faire une sieste, la nuit c’est essentiellement le pilote qui barre.

À peine couchée, le bateau enfourna violemment à 23 nœuds.

Je bondis pour choquer et l’empêcher de faire un vrac mais c’était trop tard.

Le bateau se coucha, loffa et malheureusement vira.

Avec le gennacker bordé, le matos et la quille sous le vent, le mât continuait à s’enfoncer sous l’eau.

Je choquais tout et winchais la quille pour la remonter mais rien à faire, je n’arrivais pas à redresser le bateau et à un moment j’eus peur qu’il ne chavire.

Mais heureusement la jauge était bien faite, je réussis à rouler le gennacker sous l’eau et redresser le bateau.

Cette manip me prit un temps fou et quand il fut enfin temps de dérouler, je me rendis compte qu’en roulant le gennacker sous l’eau il s’était mal roulé et qu’il était emmêlé avec l’écoute.

Il aurait fallu rentrer le bout dehors pour y mettre de l’ordre et le renvoyer mais c’était tellement compliqué sans la chèvre que je me suis dit que je devais essayer de démêler sans le rentrer.

Je choquais donc légèrement la drisse pour pouvoir attraper le point d’écoute en étant devant et me mis debout à l’étrave.

Ce qui devait arriver arriva, le bateau monta sur une vague puis enfourna violemment.

Je perdis l’équilibre tandis que le bout dehors passa sous le bateau et déjanta une nouvelle fois.

Je hurlais de frustration mais rien à faire, il fallait à nouveau tout réparer et renvoyer !

Le gennacker s’était déroulé en grande partie et traînait dans l’eau… j’eus peur qu’il s’abîme lui aussi et c’était ma dernière voile d’avant mais heureusement je réagis vite et réussis à tout récupérer sans casse. Ouf !

Par contre le renvoyer déroulé et sans chèvre fut une nouvelle histoire difficile dont heureusement je me sortis pas trop mal.

Le jour allait se lever bientôt et normalement nous commencerions la 3ème journée de course qui était normalement la dernière avec du vent fort.

J’ai donc décidé de barrer jusqu’à ce que le jeu de calme un peu pour ne plus refaire de vrac qui me coûterait aussi cher.

Je n’avais encore jamais été aussi vite en solo !

Quand je vis 13 nœuds de vent s’afficher, j’ai empanné en urgence sans même matosser, il ne fallait surtout pas tomber dans le vent faible !

J’étais peut-être allée un peu loin, mais heureusement le vent ne mollit pas plus que ça et remonta assez rapidement.

Le positif c’est que j’avais effectivement un très bon angle pour voler sous gennacker : même plus besoin de spi !

Je me mis à voler à toute vitesse vers le waypoint que je m’étais donné à l’Est des Açores et qui me permettrait encore de décider d’une arrivée par le Nord ou par le Sud dans l’archipel en fonction des conditions.

Tout allait dépendre du timing et de l’avancée du front qui devait passer et balayer l’anticyclone dans lequel nous devions buter avant cela.

Le bateau volait sous gennacker à 120 degrés du vent, c’était incroyablement stable mais mouillé avec la mer très courte.

À la barre, un sentiment de bonheur m’envahit.

J’avais l’impression que les galères étaient finies, maintenant c’était tout droit vers l’archipel.

J’essayais de tenir la moyenne la plus haute possible en barrant pour remonter un maximum la flotte devant.

Combien d’avance peuvent-ils avoir ? Jamais je n’avais tenu des moyennes aussi hautes que cette journée-là.

Je ne lâchais la barre que pour allumer la pompe toutes les demi-heures, le haut des puits de foils se dévissait et il y avait pas mal d’eau qui remplissait le bateau.

Comme prévu, le vent continua à prendre progressivement de la gauche, au début je glissais pour être plus au Sud et garder le vent plus longtemps car au Nord on risquait de buter plus vite dans la molle.

Puis ne tenant plus du tout le cap, j’ai roulé le gennack et lancé le bateau sous deux voiles.

Il rebondissait dans les vagues comme un petit ballon lancé à pleine vitesse.

Sous deux voiles, plus de risque de faire de vrac donc je fis quelques siestes pour reprendre un peu de force.

Pas facile de dormir dans ces conditions car le bateau tapait fort dans les vagues, il y avait de grosses accélérations et des arrêts violents.

Je ne dormis donc pas vraiment mais ce temps me permit de me reposer un peu.

Je ressortis assez rapidement pour reprendre la barre et accélérer encore !

Plus de 19 nœuds de moyenne sur l’heure, je n’avais encore jamais fait ça en solo, c’était dingue !

J’ai découvert un bateau rempli d’eau…

Dans la soirée je vis apparaître des bateaux sur l’AIS : Gameboy Solo Sailor et Irish Express Solo Sailor.

Il se pourrait bien qu’il s’agisse des leaders en série.

Cette pensée me remplit de joie, j’avais donc bien remonté !

Julien et Koki étaient encore sûrement devant mais peut être plus si loin que ça car les Maxi marchent très bien dans les conditions que nous avions eues.

Soudain j’entendis un gros bruit dans le bateau, je mis la tête à travers la porte, pas plus d’eau que d’habitude et le bateau volait toujours, tout avait l’air en ordre.

Je repris donc ma route comme si de rien était.

Rapidement le bateau me sembla extrêmement lourd à la barre, il ne décollait plus non plus… en retournant à l’intérieur j’ai découvert un bateau rempli d’eau malgré la pompe qui tournait.

J’ai abattu en grand et je fis le point sur la situation : les oreilles qui tiennent l’estrope de foil avaient cassé et celle-ci avait glissé.

Le dynema a découpé sur 12cm le puits et le foil bloqué à l’intérieur.

La voie d’eau était importante sur ce bord mais assez haut donc en empannant elle serait hors de l’eau.

C’était difficilement réparable en mer surtout qu’il restait plus de 500 miles sur ce bord… dépitée je me rendis à l’évidence que cette fois-ci il allait falloir rentrer.

Baiona était à 260 miles en ligne droite sur l’autre bord, c’est là qu’il faudrait se rendre.

J’étais extrêmement déçue car j’avais bien remonté la flotte et sans cette casse j’aurais encore pu me battre pour le titre ou au moins rester sur le podium.

Le problème c’est qu’en avant saison nous n’avons jamais l’opportunité de voler aussi longtemps sur un bord, donc difficile de prévoir ce genre de casse.

Il allait donc falloir faire de grandes sorties en volant cet automne pour terminer la fiabilisation du bateau.

En route pour Baiona, beaucoup de pensées se bousculaient dans ma tête.

Cette course je la faisais pour moi – pour prendre ma revanche d’il y a deux ans, mais aussi pour mes sponsors qui avaient cru en nous et nous soutiennent depuis de nombreuses années, pour mon équipe qui prépare le bateau au mieux et comme nous voulons prouver au monde que le foil c’est le futur même au large, et pour toutes les femmes qui reprennent leur forme et leurs activités après la grossesse pour mettre un peu en lumière la difficulté que ça représente.

Place aux réparations pour fiabiliser encore le bateau…

Malheureusement la casse mécanique fait partie du jeu.

On peut avoir des saisons comme l’année dernière où l’on gagne presque toutes les courses et d’autres où c’est plus difficile.

C’est la même chose pour tout le monde et c’est aussi pour ça que je me réjouis pour Julien qui après une année difficile, réalise cette année un sans-faute impressionnant!

Il nous reste donc à tirer les conclusions de cette année, et après un chantier important, terminer la fiabilisation de notre foiler pour arriver en première position au Brésil l’année prochaine.

Malgré tout je suis fière du chemin parcouru ces dernières années : en 2022 on nous disait que c’était impossible de gagner une course océanique sur un Mini à foils, aujourd’hui il y a plusieurs foilers neufs en construction et d’autres qui retrofitent en rajoutant des foils.

Je suis fière de penser que c’est grâce à notre projet.

La prochaine édition de la Mini Transat s’annonce passionnante et surtout sur foils.

Je suis arrivée à Baiona de nuit et au petit matin un voilier de croisière m’a aidée à rentrer dans le port.

C’est beau la solidarité des gens de la mer.

Pendant cette escale forcée beaucoup de monde est venu m’aider à bricoler et a voulu visiter le bateau.

C’est beaucoup plus simple de rencontrer du monde quand on a pas de téléphone.

Après avoir démâté et tout préparé, je suis enfin retournée retrouver mon petit bébé qui m’avait tellement manqué.

Ensemble nous sommes partis à Horta féliciter Julien, Koki et Thomas pour leur podium et tous ceux ont terminé cette belle étape.

Après un peu de repos, place aux réparations et améliorations pour fiabiliser encore le bateau et surtout aux sorties partenaires de l’automne : un moment unique où l’on partage nos univers et notre bateau avec ceux qui nous permettent de réaliser nos projets.

On fait découvrir le vol et rêver d’océans et de traversées 16 personnes par jour.

Le partage et le rêve, ce sont les vraies raisons d’être de ce métier. »

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