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Julien Letissier a franchi la ligne en vainqueur ce 29 juillet 2026 à Horta (Açores). | VINCENT OLIVAUD
Voiles et Voiliers – T.V. (avec service de presse)
Publié le 29/07/2026 à 16h59
Julien Letissier a franchi la ligne en vainqueur ce 29 juillet 2026 à Horta, terme de la première étape de la Mini Atlantique (ex-SAS).
Épuisé mais heureux, le skipper du n°1069 – Branchet a su résister au retour de ses adversaires tout en composant avec des avaries.
Il termine cette première manche en 7 jours, 11 minutes et 14 secondes.
Le premier concurrent en Série, Ronan Jézégou (n° 1119 – Irish Express), est à une vingtaine de milles de la ligne aux prises avec un vent mollissant.
En tête depuis l’abandon de Caroline Boule (n°1067 – Nicomatic – Petit Bateau), Julien Letissier a d’abord compté une confortable avance sur son principal adversaire, Koki Sawada (n° 1048 – DMG Mori Sailing Academy 2) avant de voir revenir progressivement le japonais dans son tableau arrière.
Au terme d’une fin d’étape crispante jouée dans la pétole, c’est finalement le réginaburgien qui s’impose.
Le quatrième de la dernière Mini Transat réalise surtout un solide début de saison, avec 3 victoires de rang sur la Pornichet Select, la Mini en mai et le Trophée Marie-Agnès Péron puis un podium sur la Mini Fastnet.
Julien Letissier :
« Ça va très bien ! Je suis super content, et surtout, je n’en reviens pas d’arriver premier.
Je savais que j’avais un tout petit matelas d’avance.
Ce matin [mercredi 29 juillet], faire le tour de l’île de Pico ne s’est pas avéré être une très bonne idée, et je pensais avoir perdu tout mon avantage.
Mais en arrivant, c’est Manon qui m’a appris que personne n’était encore arrivé.
Au classement d’hier, je me savais en tête avec environ 8 milles d’avance, mais 8 milles dans la nuit, ça se reprend en un rien de temps. Je n’étais donc vraiment pas sûr de mon coup.
Cette étape, c’était une vraie course longue en Mini : un départ de dingue, avec deux premières journées complètement folles.
La deuxième ou troisième nuit, pendant qu’on contournait le DST, j’ai fait un départ à l’abattée monumental.
Tout le bateau s’est couché, le mât dans l’eau…
Résultat : une latte de grand-voile pétée et surtout tout le système de fixation du safran tribord arraché.
Je me suis retrouvé sans safran sous le vent.
Mini Atlantique : la cartographie en direct

Le skipper du Mini 6.50 1069 – Branchet boucle cette première étape en 7 jours et 11 minutes. | VINCENT OLIVAUD
J’ai passé 7 à 8 heures à bricoler pour essayer de réparer la fixation.
Et comme si ça ne suffisait pas, il a fallu monter chercher une prise de ris dans 25 nœuds au large de la Corogne (Espagne), puis rebelote le lendemain soir dans 23-25 nœuds parce qu’elle a pété à nouveau.
Je me suis fait secouer par le bateau. Je suis fatigué, mais vraiment heureux d’être là.
J’ai réussi à dormir un peu dans la molle au niveau de la dorsale.
Dès le départ, on savait qu’il fallait être à fond pendant deux jours.
Caroline [Boule] était partie très fort, elle était même devant à 27 nœuds, mais le lendemain j’ai appris qu’elle avait eu de gros soucis et qu’elle était repassée derrière.
J’ai réussi à creuser l’écart en donnant tout ce que j’avais.
J’ai réussi à creuser l’écart en donnant tout ce que j’avais.
Dans la dorsale, le jeu s’est complètement resserré.
Un matin, vers le 24 ou 25 juillet, en pleine pétole avec 2 nœuds de vent et une mer d’huile, je sors du bateau avec mon petit-déjeuner.
Je regarde derrière moi, je prends les jumelles… et je vois une voile à seulement 3 à 5 milles ! C’était Koki.
C’était incroyable : après trois jours à me croire à l’abri, je le voyais juste derrière.
Il a fallu réattaquer direct, alors que tu as juste envie de te poser en te disant que tu as un matelas d’avance.
Le tour de Pico ce matin était terrible.
Je pensais trouver du vent en allant plus au sud, mais je me suis retrouvé dans 3 mètres de houle sans un brin d’air.
Les voiles battaient, le bateau était scotché, et j’avais peur que la houle me drosse contre la côte sans que je ne puisse rien faire.
Lire aussi : Mini Atlantique. Bien secoués par une dernière nuit musclée, les premiers concurrents attendus ce mercredi aux Açores
Le bateau a été bien secoué.
Quand j’ai pris le départ, je visais la victoire, évidemment.
On part toujours pour gagner, même si on ne sait jamais ce qui peut arriver.
C’est ma deuxième fois à Horta : il y a deux ans, j’avais dû m’arrêter au Portugal à cause d’une casse trop importante.
Cette fois, je suis au bout. Pour la seconde étape, on verra bien.
J’espère juste qu’on aura du vent pour rentrer vite, mais quoi qu’il arrive, ce sera sympa !
Avant de repartir, j’ai un gros travail de check et de bricolage. Le bateau a été bien secoué.
Je l’avais un peu négligé cette année faute de temps avec le travail, mais il en est à 4 victoires sur 4 courses du Championnat de France.
Il est incroyable, mais là, il m’a rappelé qu’il fallait que je m’en occupe : des bouts qui cassent, des pièces en carbone à réparer…
Je compte faire une journée de contrôle, une journée de bricolage, et le reste du temps, me reposer et profiter d’Horta.
Koki Sawada (n° 1048 – DMG Mori Sailing Academy 2) est incroyable !
Au début de la course, je ne le voyais plus à l’AIS et je me disais qu’il gérait tranquillement.
Puis avec mes galères de safran et le manque de classements le premier jour, j’étais persuadé d’être distancé par Caroline, Koki ou Adrien.
Et finalement, je me suis retrouvé devant. Koki est clairement l’adversaire de la saison, il est très aiguisé.
Avant le départ, il me disait qu’il appréhendait cette étape sans routage extérieur, mais franchement, il n’a vraiment pas de souci à se faire ! »
Bientôt le dénouement en Série
En catégorie série, la tête de la flotte est également en approche d’Horta, aux prises avec un vent faible et faiblissant.
Au pointage de 16h, Ronan Jézégou (n° 1119 – Irish Express) était toujours en tête, dans une option passant au Nord de l’île de São Jorge.
Une route plus directe, mais moins ventée. Deuxième au classement, Thomas Darmont (n° 1122 – Démosthene) voit son retard fondre à un peu plus de 28 milles au même classement, calé sur la même route Nord.
Mini Atlantique Classe Mini prototype Mini 6.50
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