L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de publier son bulletin de prévisions.
Celui-ci prévoit l’arrivée d’un phénomène El Niño potentiellement fort entre juin et août 2026.
Les navigateurs et plaisanciers préparant des navigations hauturières au cours des prochains mois doivent s’attendre à d’importants bouleversements climatiques à l’échelle du globe.

Le phénomène El Nino schématisé. | NOAA CLIMATE
Voiles et Voiliers – Modifié le 05/06/2026 à 20h30
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Selon les modèles consensuels de l’OMM (Organisation météorologique mondiale), la probabilité de voir s’établir un épisode El Niño atteint 80 % sur la période de juin à août 2026, et s’élève à plus de 90 % pour qu’il se prolonge au moins jusqu’en novembre.
C’est ce qui ressort du bulletin de prévisions publié mardi 2 juin.
Les anomalies thermiques en profondeur dans le Pacifique tropical dépassent déjà les 6 °C au-dessus des moyennes, constituant un immense réservoir de chaleur qui alimente le réchauffement de surface.
La plupart des modèles prévoient un épisode d’une intensité au moins modérée, voire forte.
« La science est claire : El Niño arrive à notre porte dans les prochains mois avec une certitude de 90 %, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans son message vidéo.
Le monde doit traiter cette situation comme l’alerte climatique urgente qu’elle est.
Les conditions d’El Niño vont jeter de l’huile sur le feu d’un monde en plein réchauffement.
Les impacts frapperont encore plus fort, voyageront encore plus loin et franchiront les frontières avec une vitesse dévastatrice.
La seule réponse efficace est une action climatique à la hauteur de la crise : mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles, accélérer la transition vers les énergies renouvelables, protéger les plus vulnérables et déployer des systèmes d’alerte précoce pour tous. »
Quel impact pour vos navigations ?
Si l’évolution et l’intensité exacte de chaque épisode El Niño restent uniques, les prévisions saisonnières pour l’été boréal (juin-juillet-août) mettent déjà en évidence des tendances fortes pour plusieurs zones de navigation :
- Atlantique Nord (Antilles / Transats) : c’est la principale bonne nouvelle pour les plaisanciers. El Niño a tendance à freiner le développement des systèmes tropicaux dans le bassin atlantique.
Les eaux chaudes d’El Niño peuvent alimenter les ouragans dans le centre et l’Est de l’océan Pacifique, alors qu’elles entravent la formation des ouragans dans le bassin atlantique.
Ainsi, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) prévoit cette année une saison des ouragans inférieure à la normale pour le bassin atlantique.
- Amérique centrale et Caraïbes : les zones de navigation de cette région subiront des conditions globalement plus sèches et des températures supérieures aux normales.
- Océan Indien et Pacifique Sud (Australie / Indonésie) : El Niño y entraîne généralement un déficit pluviométrique.
L’Asie du Sud devrait connaître une mousson plus faible que la moyenne, tandis qu’une sécheresse marquée menace le Nord de la Corne de l’Afrique ainsi que l’Australie et l’Indonésie pendant la saison des pluies cruciale de juin à septembre.
- Amérique du Sud (Zone Sud) : Des précipitations très soutenues et des risques d’inondations sont à anticiper dans ces secteurs.
Températures : Un été chaud sur toutes les mers du globe
Au-delà des perturbations de vents et de pluies, l’OMM prévient que les prévisions de températures pour le trimestre à venir affichent une dominance quasi universelle de températures supérieures aux normales sur presque toute la planète.
Ce réchauffement global de l’atmosphère et des océans augmente l’énergie disponible, ce qui risque d’intensifier localement la violence des phénomènes extrêmes (vagues de chaleur maritimes, grains violents, pluies torrentielles).
Pour les équipages en grande croisière, une veille accrue des bulletins météo locaux et régionaux s’impose avant de s’engager dans des traversées au long cours cet été.
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