Revue de presse Mediscoop du 31-01-2025

Le Figaro

Date de publication : 31 janvier 2025

Stéphany Gardier note dans Le Figaro : « Addictions aux jeux en ligne, hypersexualité, achats compulsifs…

Au cours des derniers mois, Stéphane Grange, atteint de la maladie de Parkinson, a raconté à plusieurs médias les troubles du contrôle des impulsions qu’il a développé suite à un traitement avec du Requip (ropinirole) ».
La journaliste indique qu’« il a décidé de mener une procédure contre le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), estimant ne pas avoir été assez informé de ce risque d’effet secondaire.

Récemment, la cellule investigation de Radio France a révélé qu’une autre patiente engageait une procédure pour des faits similaires ».
Stéphany Gardier précise que « le risque figure depuis plusieurs années sur la notice, mais ces patients reprochent au laboratoire de ne pas faire toute la lumière sur la fréquence de ces effets indésirables aux conséquences désastreuses pour eux-mêmes et leurs proches ».
La journaliste rappelle que « le Requip (également commercialisé sous le nom Adartrel pour le traitement du syndrome des jambes sans repos) fait partie de la famille des agonistes dopaminergiques.

Cette molécule permet de pallier le manque de dopamine, un neurotransmetteur important pour le contrôle des mouvements, mais également impliquée dans la régulation de l’humeur et de l’impulsivité ainsi que le circuit de la récompense et les addictions ».

« La modification de certains comportements était donc biologiquement plausible, mais durant plusieurs années la notice du Requip n’a mentionné aucune mise en garde sur le sujet.

C’est pour cette raison que le laboratoire a été condamné en appel, en 2012, à verser plus de 200.000 euros à Didier Jambart, dont la vie avait volé en éclat après qu’il eut développé des troubles du contrôle des impulsions », note Stéphany Gardier.
Elle ajoute : « Aujourd’hui, les troubles du contrôle des impulsions sont bien mentionnés sur la notice du Requip.

Mais leur fréquence « apparaît toujours comme “indéterminée”, ce qui alimente le flou.

Comme si cela existait tellement peu qu’il était impossible de déterminer une fréquence, ce qui est faux », souligne Me Sophie Malteté », avocate de plaignants.
Stéphany Gardier précise que « des données existent en effet, produites dans des études de bonne qualité et publiées dans des revues de référence.

Une étude indiquait déjà en 2006 dans Neurology une prévalence de jeu pathologique augmentée à 13,7% chez les patients traités par agonistes dopaminergiques ».
« Une autre, en 2012, faisait état de 10% de patients ayant rapporté des comportements d’hypersexualité et pointait les traitements par agonistes dopaminergiques comme un des facteurs de risque principaux.

Une publication française a montré que parmi les patients parkinsoniens traités par agonistes dopaminergiques, 52% avaient développé des troubles du contrôle de l’impulsion », continue la journaliste.
Elle souligne que « ces chiffres sont très élevés en comparaison des cas officiellement déclarés en France.

Le site de l’agence du médicament (Ansm) qui centralise les données de pharmacovigilance des médicaments indique que pour une estimation de 80.000 patients par an recevant au moins un remboursement de chlorhydrate de ropinirole, 92 « affections psychiatriques » ont été déclarées sur la période 2014-2023, dont 15 cas de trouble de contrôle des impulsions, 13 troubles et symptômes obsessifs impulsifs et 12 cas de trouble du désir sexuel ».