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Dr Alain Cohen – 21 mai 2026
Les chatbots thérapeutiques progressent à une vitesse vertigineuse.
Alors qu’ils peuvent être utiles pour les troubles légers, ils comportent des risques réels pour les cas sévères. Pour les thérapeutes humains, l’heure de l’adaptation a sonné.
La première incursion d’une machine en psychothérapie (sous la forme d’un agent conversationnel) remonte à 1966, quand un pionnier de l’intelligence artificielle (IA), l’informaticien Joseph Weizenbaum (1923–2008) crée le premier chatbot dédié à un dialogue avec le patient, en simulant un dialogue avec un psychothérapeute rogérien, une thérapie non directive basée sur une approche centrée sur la personne et des reformulations.
ELIZA, my fair lady
Weizenbaum baptise ce chatbot princeps ELIZA (1), en référence à la jeune fleuriste Eliza Doolittle, personnage central de la pièce de théâtre Pygmalion de George Bernard Shaw, adaptée notamment en comédie musicale et à l’écran dans My Fair Lady.
Inculte et rustre au départ, Eliza Doolittle va progressivement ressembler à une vraie Lady, parlant avec le même raffinement qu’une aristocrate, grâce à un entraînement linguistique intensif, prodigué par Henry Higgins, un professeur de phonétique pariant avec un ami colonel qu’il saura transformer la petite sauvageonne en vraie femme du monde !
Le professeur américain de psychiatrie Allen Frances (l’un des rédacteurs du DSM-IV) rappelle que l’objectif de Weizenbaum était d’explorer la possibilité pour les programmes informatiques de réussir un jour une imitation similaire, un défi relevé par Higgins avec Eliza Doolittle : « parler si naturellement avec les humains que ces derniers ne se rendraient pas compte qu’ils conversent avec une machine », de la même façon qu’Eliza Doolittle (intensivement entraînée) passe auprès des aristocrates pour l’une des leurs !
Allen Frances précise que si le programme ELIZA restait extrêmement primitif, loin de réussir le test de Turing (permettant de discriminer humains et machines), les chatbots actuels passent au contraire ce test de Turing haut la main, car leurs conversations sont généralement « indiscernables du discours humain quotidien.
Pour lire la suite 🡺 L’IA finira-t-elle par mettre les psychothérapeutes au chômage ?
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