Conduites à risques, cyberviolence, accès aux drogues…

L’Anses publie une étude sur les effets des réseaux sociaux sur la santé des adolescents.
(FIORDALISO / VIA GETTY)
Article rédigé par Audrey Abraham – Radio France – Publié le 13/01/2026 00:05
La santé des adolescents est altérée par les réseaux sociaux.
C’est la conclusion d’une étude de l’Anses, l’agence nationale de santé et de sécurité, menée pendant cinq ans et s’appuyant sur des milliers d’expertises scientifiques.
Quels sont les effets des réseaux sociaux sur la santé des adolescents ?
C’est la question à laquelle tente de répondre l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, dans sa dernière grande étude, publiée mardi 13 janvier.
Pendant cinq ans, et en s’appuyant sur des milliers d’expertises scientifiques dans des disciplines variées, l’agence a observé les conséquences physiques et psychiques du fonctionnement des réseaux sociaux sur les jeunes de 12 à 15 ans.
Pour la première fois, l’étude ne se limite pas aux effets des écrans sur les yeux, le sommeil ou encore la sédentarité, mais s’intéresse au contenu des outils numériques et à l’engagement émotionnel qu’ils provoquent pour en tirer des recommandations.
Un enjeu majeur de santé publique, estime l’Anses, alors qu’un adolescent sur deux passe entre deux et cinq heures par jour sur les réseaux sociaux.
Les filles plus impactées que les garçons
Jusqu’ici, il avait beaucoup été question des effets des écrans sur les jeunes : la lumière bleue, la sédentarité, la concentration…
Mais on le sait, le modèle économique des réseaux sociaux repose sur la captation de l’attention. Cela passe par le design, les interfaces spécialement conçues pour retenir l’utilisateur : les notifications, l’enchaînement de vidéos, le système de likes…
Toutes ces stratégies ont des effets concrets sur des adolescents dont le développement cérébral n’est pas terminé, dont la vulnérabilité aux troubles psychiatriques est importante et qui sont en pleine recherche d’identité.
Les effets observés sur les jeunes sont très variés…
Pour lire la suite 🡺 Conduites à risques, cyberviolence, accès aux drogues… Les réseaux sociaux nuisent à la santé des adolescents, d’après l’Anses
Ou m’écrire à 🡺 gacougnolle@gmail.com
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Le modèle actuel des réseaux sociaux est toxique pour les adolescents, observent les experts de santé

Ouest-France – Philippe RICHARD.
Publié le 13/01/2026 à 06h00
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Un rapport d’expertise de l’Anses publié ce mardi 16 janvier 2026 met en cause le modèle économique même des réseaux sociaux, basés sur la captation de l’attention.
Les jeunes filles sont particulièrement vulnérables, soulignent les spécialistes.
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« Ce n’est pas qu’une question de temps d’écran », insiste Olivier Merckel, responsable des nouveaux usages technologiques à l’agence de sécurité sanitaire Anses.
Celle-ci publie ce mardi 13 janvier 2026 un rapport d’expertise sur l’impact des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents.
Sommeil, anxiété…
« Les spécificités des adolescents, la soif d’interactions, la prise de risque, le désir d’informations provenant des pairs, les rendent plus vulnérables au fonctionnement actuel des réseaux sociaux », analyse Olivier Merckel.
Sommeil perturbé, anxiété et dépression, blessures auto infligées, comportements à risques, anorexie…
Les réseaux ne sont pas seuls en cause, mais ils amplifient objectivement ces troubles chez les ados les plus fragiles.
« Et quels que soient les effets, les filles sont plus impactées, parce qu’elles utilisent plus les réseaux, et plus souvent les réseaux visuels, centrés sur les partages d’images et la mise en scène de soi, » précise Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise.
Santé mentale des ados
En 2020, l’Anses s’est autosaisie du sujet. Une cinquantaine de spécialistes (pédiatres, biologistes, sciences de l’information) ont disséqué un millier d’études, et les conclusions émergeant d’un rapport de 530 pages sont claires : « le modèle économique des réseaux sociaux actuels, basé sur la captation de l’attention », a des effets clairement négatifs sur la santé des ados.
Il y a un effet bidirectionnel, décrit Mme Roth-Delgado: «Un ado avec des problèmes de santé mentale va plus aller se réfugier sur les réseaux, qui vont l’enfermer dans un certain type de contenus.»
Lire aussi : Et un, et deux, et trois textes pour protéger les mineurs des réseaux sociaux…
Assurer la sécurité des mineurs
Faut-il de nouvelles lois, comme cela se dessine en France ?
Le règlement européen sur les services numériques, « est applicable depuis février 2024 mais n’est pas pleinement appliqué », constate Olivier Merckel.
Il interdit l’accès aux réseaux pour les moins de 13 ans, et un accord parental de 13 à 15 ans.
Un article de ce règlement précise aussi que les plateformes « doivent assurer la sécurité des mineurs. »
Selon un baromètre du Credoc, 58 % des 12-17 ans consultent quotidiennement des réseaux sociaux.
Certains réseaux, comme Instagram, ont mis en place des « comptes ados » depuis l’an dernier : « Cela joue au niveau du paramétrage, mais cela ne satisfait pas à toutes nos recommandations », estime Olivia Roth-Delgado.
L’Agence recommande que les mineurs ne puissent accéder qu’aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé. Ils n’existent pas aujourd’hui.
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