Dr Jean-Marc Retbi | 24 Avril 2025
Les probiotiques sont proposés pour prévenir l’entérocolite ulcéro-nécrosante [ECUN] du prématuré, mais leur utilisation ne s’est pas généralisée dans ce but.
Ainsi, en France, en 2021, seulement une unité de soins intensifs néonatale [USIN] sur cinq déclarait en prescrire systématiquement aux grands prématurés.
Deux grandes raisons à cela : des doutes persistants sur l’efficacité des probiotiques et la crainte des sepsis dus aux probiotiques, qui ont suscité en 2023-2024 une controverse à distance entre la FDA (Food and Drug Administration) et l’ESPGHAN (la Société Européenne Pédiatrique de Gastro-Entérologie, Hépatologie et Nutrition) sur les bénéfices-risques et le statut de ces produits.
Une étude observationnelle rétrospective a évalué, à l’échelle d’un pays, le Canada, les effets des probiotiques sur les taux d’ECUN et de sepsis tardifs et sur la mortalité des grands prématurés, ainsi que l’incidence des sepsis aux probiotiques.
Les données sont tirées de la base du Canadian Neonatal Network.
Une étude portant sur plus de 32 000 prématurés nés avant 34 SA
De 2016 à 2022 inclus, 32 667 prématurés nés avant 34 semaines d’aménorrhée [SA] ont été admis dans l’une des 33 USIN du Canada et ont survécu plus de 2 jours ; 57,5% ont reçu des probiotiques, ils avaient un âge gestationnel médian inférieur à celui des prématurés non traités (29 SA versus 31 SA).
Parmi les prématurés de moins de 34 SA, 22,7% (7 401/32 667) pesaient moins de 1 kg à la naissance ; deux tiers d’entre eux ont reçu des probiotiques.
Une pondération par l’inverse de la probabilité de traitement (IPTW), calculée à partir d’un score de propension, a été appliquée aux sujets afin de mimer un essai contrôlé randomisé.
Pour lire la suite 🡺 Les probiotiques : efficaces et sûrs chez les prématurés ? Une étude relance le débat…
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