Il est dommage de constater, a estimé le Dr François Simard, que l’écart entre les hommes et les femmes persiste, malgré les progrès réalisés par la médecine au cours des vingt dernières années.

Représentation 3D d'un coeur sur une femme qui éprouve des douleurs cardiaques.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne – 09/05/2025

Le risque de décès cardiovasculaire des femmes atteintes de maladies auto-immunes comme le lupus, la polyarthrite rhumatoïde et la sclérodermie systémique est 50 % plus élevé que celui des hommes, prévient une nouvelle étude.

Il pourrait donc être temps d’ajouter ces maladies à la liste des facteurs de risque cardiovasculaire, au même titre que l’obésité, l’hypertension ou le tabagisme, a commenté le docteur François Simard, qui est cardiologue clinicien à l’Institut de cardiologie de Montréal.

« Il y a des facteurs de risque qui sont plus fréquents chez les femmes, comme les maladies inflammatoires, a-t-il dit.

Ces patientes-là devraient donc être probablement plus dépistées, ou avoir une prise en charge un peu plus intégrative ou holistique de leurs facteurs de risque cardiovasculaire en général. »

Les auteurs de l’étude ont analysé les données de la base de données WONDER du CDC pour plus de 127 000 décès liés aux maladies cardiovasculaires parmi plus de 281 000 décès associés à la polyarthrite rhumatoïde, au lupus ou à la sclérodermie systémique.

Les chercheurs ont mesuré les tendances et les différences dans les taux de décès liés aux maladies cardiovasculaires chez les hommes et les femmes atteints des maladies auto-immunes les plus courantes entre 1999 et 2020.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) et la maladie coronaire étaient les principales causes de décès pour les deux sexes.

Le taux de décès des femmes était toutefois plus élevé que celui des hommes.

De plus, les femmes atteintes d’une maladie auto-immune inflammatoire étaient de deux à trois fois plus susceptibles que les hommes de succomber à une arythmie ou à un arrêt cardiaque.

L’inflammation, a expliqué le docteur Simard, peut endommager la paroi des artères et favoriser la formation de plaques d’athérosclérose.

L’inflammation rendra aussi ces plaques plus fragiles, augmentant le risque d’infarctus du myocarde ou d’AVC si elles détachent et forment un caillot.

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