Revue de presse Mediscoop du 08-04-2025
![]()
Date de publication : 8 avril 2025
« Le mois de conception influence poids et santé à l’âge adulte »
Soline Roy note dans Le Figaro que « de nombreux travaux scientifiques montrent les effets délétères, chez la descendance, d’une exposition des parents à un stress environnemental.
Mais d’autres types de stress pourraient-ils avoir des effets positifs ? ».
La journaliste fait savoir que « des chercheurs japonais montrent que l’exposition des parents au froid, dans la période de conception, permet à leurs enfants d’arborer à l’âge adulte un IMC plus bas, moins de graisse abdominale et moins de troubles métaboliques, comme le diabète ».
Soline Roy explique : « À la manœuvre, la graisse brune, un type de tissu adipeux que l’on a longtemps cru être l’apanage des bébés ».
La journaliste précise ainsi que dans Nature Metabolism, les chercheurs « montrent, grâce à des techniques d’imageries sophistiquées réalisées sur plusieurs cohortes indépendantes de volontaires en bonne santé, qu’avoir été conçu en hiver permet d’avoir à l’âge adulte plus de graisse brune détectable ».
Elle ajoute que « cette dernière s’active davantage en cas d’exposition au froid, ce qui permet de mieux s’y adapter.
Grâce à des analyses statistiques poussées, ils identifient deux facteurs clés dans les conditions de vie des parents avant la conception : une température extérieure basse et des fluctuations importantes de la température diurne ».
Le Pr Daniel Ricquier, membre de l’Académie des sciences, chercheur émérite CNRS/AP-HP Hôpital Necker et Institut Cochin, explique que ces cellules de graisse brune sont « des adipocytes qui ont une allure très particulière : ces derniers contiennent moins de triglycérides que les adipocytes “blancs” (le réservoir d’énergie qui a une fâcheuse tendance à s’accumuler là où on ne souhaiterait pas le voir, NDLR) et un nombre de mitochondries absolument colossal ».
Soline Roy note que « ce sont ces mitochondries qui font la force de la graisse brune : avec l’oxygène, ces organites produisent de l’ATP, carburant des cellules ».
Le Pr Ricquier poursuit : « Dans les adipocytes bruns, les mitochondries ne fabriquent que très peu d’ATP et beaucoup de chaleur. (…)
Chez les animaux hibernants, c’est la graisse brune qui permet une brusque hausse de la température corporelle au moment du réveil ».
« C’est elle aussi qui permet au bébé de se maintenir au chaud, alors qu’il ne dispose pas des autres mécanismes utilisés par l’adulte, comme la capacité à frissonner », continue la journaliste.
Elle explique qu’une « plus grande activation de la graisse brune est associée à une réduction de l’IMC et du tour de taille, avec des bénéfices métaboliques en particulier chez les gens d’âge moyen à élevé ».
Soline Roy remarque : « Comment le froid lors de la conception peut-il influer sur la quantité et l’activité de la graisse brune à l’âge adulte ?
Des travaux menés chez la souris ont montré l’existence de mécanismes épigénétiques, rappelle (…) Raffaele Teperino, du Centre de recherche allemand pour la santé environnementale, à Neuherberg ».
La journaliste relève ainsi que « l’exposition de souris mâles au froid «laisse un signal dans les spermatozoïdes», tandis que du côté de la mère des mécanismes très complexes, avec «des facteurs non liées aux cellules germinales, tels que les composants du liquide séminal», semblent y contribuer ».
« Les auteurs japonais précisent qu’ils ne sont pas en mesure de déterminer si ce qui compte chez l’être humain est, comme chez la souris, l’exposition au froid du père ou de la mère ; l’expérience est facile à réaliser chez la souris, mais on imagine mal des chercheurs séparer des parents humains au moment où ils conçoivent leur bébé… », observe Soline Roy.