Dr Bertrand Herer | 07 Août 2025
Une vaste étude américaine révèle que l’embolie pulmonaire pédiatrique, 30 fois plus rare que chez l’adulte, présente une gravité particulière avec un risque de décès multiplié par 9, notamment chez les adolescentes.
L’embolie pulmonaire (EP) demeure exceptionnelle chez l’enfant et l’adolescent, avec une incidence très inférieure à celle de l’adulte (estimée à 115 cas pour 100 000 personnes aux États-Unis).
Contrairement à l’adulte, les facteurs de risque identifiables peuvent être retrouvés chez jusqu’à 95 % des enfants, incluant notamment les cathéters veineux centraux et la contraception hormonale.
Cependant, l’épidémiologie pédiatrique reste mal documentée : les dernières données nationales américaines datent de 2001-2007, rapportant une incidence de 0,9 cas pour 100 000 enfants et adolescents.
Une analyse rétrospective à l’échelle nationale
Face à ce manque de données récentes et à la complexité diagnostique de cette pathologie en pédiatrie, S. Wolf et al. présentent une étude rétrospective de cohorte menée aux États-Unis pour actualiser les connaissances sur l’épidémiologie et le contexte étiologique de l’EP de la naissance à 19 ans.
Les auteurs ont exploité la base de données Kids’ Inpatient Database, recensant les hospitalisations dans la majorité des hôpitaux américains pour les patients âgés de 0 à 19 ans.
L’analyse a porté sur les années 2016 et 2019, avec un recueil des données démographiques par tranches d’âge (nouveau-nés, 1-4 ans, 5-9 ans, 10-14 ans et 15-19 ans), des facteurs de risque, de la mortalité et des événements survenus pendant l’hospitalisation.
Un événement rare mais grave
En 2016 et 2019, 5 733 jeunes patients ont été hospitalisés avec une EP comme diagnostic principal ou concomitant (dont 58,5 % de filles).
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