Syndromes parkinsoniens

Harold Mouras

Par le Pr Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies (LNFP) EA 4559, CHU – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts] –

Date de publication : 4 mars 2025

La dopamine stimule la motivation pour un effort prosocial dans la maladie de Parkinson

Article commenté : Dopamine boosts motivation for prosocial effort in Parkinson’s disease – J Talbot, J Cutler, M Tamm et al. – J Neurosci. 2025 Jan 2:e1593242024.

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Comme le montre un certain nombre de recherches, la volonté de faire des efforts pour obtenir des récompenses est un élément clé de la motivation.

Dans la littérature scientifique, des recherches antérieures ont montré qu’en stimulant la dopamine, on peut augmenter la volonté de choisir de faire des efforts pour obtenir des récompenses pour soi-même.
Cependant, nous devons souvent choisir de fournir un effort, non pas pour notre propre bénéfice immédiat, mais pour être prosocial et obtenir un bénéfice pour quelqu’un d’autre.
Or, comme le relèvent les auteurs de cette recherche intéressante, il a été démontré que l’augmentation pharmacologique de la disponibilité de la dopamine modifiait les comportements sociaux dans des tâches expérimentales, et que la dégénérescence de la dopamine dans la maladie de Parkinson avait un impact sur toute une série de processus sociocognitifs.
Toutefois, on ne connaît pas les neuromodulateurs qui interviennent dans la décision de déployer ou non des efforts au profit d’autrui. La dopamine module-t-elle la volonté de fournir un effort prosocial ?

C’est la question que les chercheurs qui ont conduit cette étude ont essayé d’aborder.

Sur le plan méthodologique, des patients atteints de la maladie de Parkinson (n=37), hommes et femmes, sous traitement dopaminergique ou non, ont effectué une tâche au cours de laquelle ils ont choisi de fournir un effort pour obtenir une récompense plus importante, ou de se reposer et de recevoir une récompense moins importante, au cours d’essais distincts, soit pour leur propre bénéfice (« soi »), soit pour celui d’une autre personne anonyme (« l’autre »).
Les résultats obtenus furent intéressants.

Les patients atteints de la maladie de Parkinson étaient plus disposés à faire des efforts pour eux-mêmes que pour une autre personne, une tendance également observée dans un groupe de contrôle apparié selon l’âge et le sexe (n=42).
Cependant, les patients atteints de la maladie de Parkinson étaient plus disposés à faire des efforts pour les autres que pour eux-mêmes, qu’ils soient sous traitement ou non.
Comme l’expliquent les auteurs, ces résultats suggèrent que l’augmentation de la dopamine dans la maladie de Parkinson peut accroître les niveaux de motivation prosociale, soulignant le rôle clé de la dopamine dans la motivation au-delà de l’obtention de récompenses pour soi-même.
Ces résultats donnent un premier aperçu des substances neurochimiques qui sous-tendent l’effort prosocial et mettent en évidence le fait que la dopamine est un élément clé de l’effort pour aider les autres.