Ode à la vie

Atteint d’un cancer de l’œsophage après avoir combattu celui du poumon, Olivier de Kersauson s’est confié avec une totale sérénité au micro de RTL. Le célèbre navigateur de 81 ans aborde cette nouvelle épreuve sans aucun pathos, transformant la maladie en une formidable ode à l’existence.

Olivier de Kersauson sourit à l’arrivée du skipper français Thomas Coville dans le port de Brest, le 26 décembre 2016, après avoir battu le record du tour du monde à la voile en solitaire et sans escale.

Photo: FRED TANNEAU/AFP via Getty Images

Valentin Solier – 23 mai 2026

« Je n’ai que des mercis à dire avant de partir » : les confidences d’Olivier de Kersauson, atteint d’un nouveau cancer

Olivier de Kersauson touché par un nouveau cancer – Depuis Brest où il est actuellement en convalescence, l’ancien équipier d’Éric Tabarly refuse catégoriquement de dramatiser son état de santé. Pour ce visage emblématique des Grosses Têtes, la mort n’est qu’une étape naturelle qu’il convient d’accueillir avec philosophie. « Ce n’est pas un drame non plus, assure-t-il. Il faut voir ça avec sérénité. En plus, j’ai 82 ans, donc ce n’est pas indécent. Un mec de 82 ans qui est en danger de mort, c’est juste fatal», confie-t-il sur RTL.

Face à la douleur physique, le double vainqueur du Trophée Jules-Verne choisit la résilience. « J’ai la chance de ne pas beaucoup souffrir. Je supporte », confie le marin qui préfère saluer le dévouement médical plutôt que de s’apitoyer. Selon lui, il convient de se réjouir d’être soigné au lieu de se blâmer d’être malade.

« La vie est une chance »

Malgré la violence de l’affection, qu’il qualifie volontiers de tempête, l’ex-capitaine ne perd jamais son cap ni son humour légendaire. Le parallèle avec ses anciennes aventures maritimes s’impose immédiatement à lui pour relativiser la situation avec superbe. « En bateau, quand tout va mal, c’est lorsque sur le pont du bateau, au pied du mât, vous avez de l’eau jusqu’à la mâchoire (…), je n’en ai même pas jusqu’aux genoux », plaisante-t-il.

Malgré la maladie, il affirme avoir « toujours pensé que la vie était une chance ». Confiant face aux progrès techniques de la médecine moderne, le patient puise sa force quotidienne dans la contemplation des plaisirs les plus simples. « Je suis content que je vois ce matin les arbres, le bleu du ciel », s’émerveille-t-il.

La vie « est faite pour être supportée lorsqu’elle est désagréable »

Cet appétit féroce pour le présent nourrit une profonde gratitude chez le vieux loup de mer, qui affirme n’avoir aucun regret sur son existence. Lucide sur le fait que ses jours sont désormais comptés, il rejette fermement l’amertume au profit d’une gaieté communicative. « Moi, je n’ai que des mercis à dire avant de partir. Je suis heureux des bribes de vie qui me restent et je les regarde avec affection et une certaine forme de gaieté en me disant que c’est quand même formidable ce monde qu’on traverse », livre-t-il.

C’est un message de passion absolue qu’il transmet à son public. « La vie, elle est faite pour être vécue. Elle n’est pas faite pour se plaindre. Elle est faite pour être supportée lorsqu’elle est désagréable. Mais elle est faite pour être aimée à la folie quand elle est bien », conclut le navigateur, promettant avec ironie d’envoyer ses cendres à Laurent Ruquier s’il ne peut se déplacer en studio.

Valentin Solier

Valentin Solier est rédacteur pour l’édition française du journal The Epoch Times depuis 2024. Contact : @ValentinSolier

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