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Thomas Coville fendant la foule brestoise, après être arrivé deuxième de l’Arkéa Ultim Challenge 2024. | THIBAUD VAERMAN
Voiles et Voiliers – Propos recueillis par Didier Ravon
Modifié le 10/08/2026 à 15h00
GRAND FORMAT. Thomas Coville : « Je voulais être un champion tout en gardant mon humanité » (2/2)
Il est sans nul doute le marin en activité cumulant le plus grand nombre de milles.
Il a notamment disputé dix tours du monde en course – cinq en solitaire et cinq en équipage, huit en multicoque et deux en monocoque – et a franchi le cap Horn à douze reprises.
Derrière ce navigateur sensible et profondément humain, se cache un homme érudit, mélomane averti, passionné de poésie et de philosophie, n’hésitant jamais à se livrer.
Deuxième partie de notre grand entretien.
Voiles et Voiliers : Lors de ton arrivée, second de l’Arkea Challenge en 2024, tu sembles frustré comme rarement…
Thomas Coville : Charles (Caudrelier, ndlr) a fait une super course, a été le meilleur.
Il est à maturité, tout comme son bateau. Il n’y a rien à dire.
J’ai fait ce tour du monde à bout de bras et à bout de souffle, avec une équipe que j’ai construite sur la durée. N’empêche, je ressens une espèce de colère.
J’ai cette passion du débriefing, qui parfois d’ailleurs devient un peu obsessionnelle.
Et lors du débriefing post-course avec mon équipe, je suis agressif.
J’en parle à Thomas Sammut, mon préparateur mental (également celui du nageur Léon Marchand, ou de l’équipe de France de Coupe de l’America, ndlr).
Il creuse le truc… Je m’aperçois que notre monde aujourd’hui, n’est pas en danger par la présence de dictateurs, mais par la paresse et le confort. Je ne suis pas paresseux, ni mon équipe.
J’aime travailler avec ces gens que j’aime et qui m’aiment, mais là, je me rends compte qu’ils sont satisfaits que nous ayons fait deuxième !
Nous nous sommes enfermés dans cette relation faite de bienveillance et de fusion.
Je voulais être un champion tout en gardant mon humanité.
Je leur dis que si on veut gravir la dernière marche qui nous manque, pour chercher la victoire, il faut faire rentrer de nouvelles personnes…
Lire aussi : GRAND FORMAT. Thomas Coville : « La nouvelle génération m’a permis de faire une mue » (1/2)

Thomas Coville et Charles Caudrelier, à l’arrivée de l’Arkéa Ultim Challenge 2024 à Brest. | THIBAUD VAERMAN
Voiles et Voiliers : Et donc ?
Thomas Coville : J’en identifie plusieurs, et je vais chercher des « petits » nouveaux, comme Greg Evrard, ancien champion de match race, ancien directeur de North Sails France, et qui sort d’un échec douloureux et blessant avec Nicolas Troussel et Corum l’Épargne en Imoca, sans pour autant s’être beaucoup trompé.
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