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Championne de France de Laser en 2017, puis lauréate de la sélection Région Bretagne CMB Océane avant d’enchaîner sur deux Solitaires aux commandes de son propre projet (18e et 22e), Chloé Le Bars remporte la sélection skipper Macif 2026.

Successeure de Charlotte Yven (2e de la dernière Solitaire), la Lorientaise rejoint Hugo Dhalenne, un marin avec qui elle a disputé une Transat Paprec en 2023.

Nous l’avons rencontrée quelques minutes après sa sélection, à Port-la-Forêt.

La skippeuse Chloé Le Bars remporte la sélection Skipper Macif 2026, et prend la suite de Charlotte Yven.

La skippeuse Chloé Le Bars remporte la sélection Skipper Macif 2026, et prend la suite de Charlotte Yven. | THIBAUD VAERMAN

Voiles et VoiliersThibaud VAERMAN.

Publié le 14/11/2025 à 19h35

 ENTRETIEN. Figaro. « Je n’ai plus peur » : Chloé Le Bars remporte la sélection Skipper Macif 2026

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Voiles et Voiliers : Tu viens de remporter la sélection Skipper Macif 2026, qu’est-ce qui a changé depuis ton entrée dans la sélection Région Bretagne CMB Océane il y a quelques années ?

Chloé Le Bars : Il y a 4 ans, je venais de terminer la Mini Transat, ma première longue course au large en solitaire.

Je ne connaissais pas le Figaro.

Depuis 4 ans, j’ai surtout beaucoup progressé sur la navigation Figaro, mais aussi sur la gestion de projet.

Les deux dernières années, je n’avais pas de préparateur, donc j’étais cheffe de projet, mais aussi technicienne, je faisais la communication…

Sur le côté chef de projet, j’ai vraiment appris beaucoup, c’était très enrichissant.

Maintenant, j’ai l’honneur d’avoir gagné la sélection Skipper Macif 2026 et ça me permet de me concentrer davantage sur la performance et de faire monter tous les curseurs petit à petit.

Les échanges sont plus d’égal à égal.

Voiles et Voiliers : Qu’est-ce qui distingue pour toi ces deux filières historiques du circuit Figaro, que sont Région Bretagne CMB et Skipper Macif ?

Chloé Le Bars : Pour moi, Bretagne CMB, c’est plus une filière de formation.

Chez Macif, c’est une filière d’excellence, où ils cherchent quelqu’un qui a déjà de l’expérience mais encore une marge de progression.

Avec Hugo, qui a fait une année de moins de Figaro que moi, on peut être très complémentaires, progresser ensemble.

Les échanges sont plus d’égal à égal, que quand l’un débute vraiment et que l’autre est en quatrième année.

La différence est là je pense.

J’ai encore plein de choses à apprendre.

La filière me donne les moyens de progresser et d’atteindre des performances en Figaro.

Voiles et Voiliers : Nous t’avions interviewé alors que tu t’apprêtais à disputer ta toute première Solitaire.

Sur quels aspects est-ce que tu as le plus progressé depuis ?

Chloé Le Bars : Maintenant j’ai plus d’expérience et je n’ai plus peur.

Au début, j’avais peur des conditions toniques parce que je manquais d’expérience.

Je ne maîtrisais pas suffisamment le bateau, techniquement.

Maintenant que je comprends mieux son fonctionnement, je peux m’engager autant dans les grosses conditions que dans le petit temps.

J’ai beaucoup progressé sur la confiance en moi.

Quand je réfléchis à un choix stratégique, c’est plus simple qu’avant.

Voiles et Voiliers : Qu’est-ce que qu’apporte concrètement cette confiance sur un Figaro 3 ?

Chloé Le Bars : On se pose moins de questions, on est sûr d’être bien réglé.

Quand je réfléchis à un choix stratégique, c’est plus simple qu’avant.

C’est lié à l’expérience et aux courses que j’ai faites.

Plus tu fais de courses, plus tu vois de situations et certains schémas se répètent.

Je sais comment mon corps réagit à la fatigue, je gère mieux mes moments de sommeil.

Sur les réglages, je me pose moins de questions.

J’anticipe davantage les manœuvres, ce qui économise de l’énergie et permet de réfléchir plus à la stratégie.

Sur la dernière Solitaire, j’ai pris plus de risques.

Voiles et Voiliers : Y a-t-il des phases de course que tu as appris à aimer ?

Chloé Le Bars : Au début j’étais en difficulté en stratégie. Maintenant, c’est ce qui me plaît le plus.

Lancer des routages, réfléchir à ce qui peut se passer, trouver la meilleure solution, c’est un peu comme aux échecs.

Sur la dernière Solitaire, j’ai pris plus de risques : certaines options ont très bien marché, d’autres moins…

Il me reste du cadrage à faire, mais la stratégie au large me plaît énormément.
Dans le vent léger ou médium, on a plus le temps de réfléchir que dans les grosses conditions.

Mais maintenant, j’aime aussi les surfs au portant, de jour comme de nuit.

Je me plais dans toutes les conditions et je suis heureuse d’être sur l’eau tout le temps.

Sur ce que je dois encore travailler, il y’a notamment la gestion du sommeil.

Comment garder le bateau rapide en permanence et doser les choix stratégiques.

LIRE AUSSI : INTERVIEW. Charlotte Yven : « Après la saison Figaro, on se retrouve vite face au grand vide ! »

Voiles et Voiliers : Tu sortais de deux saisons où la pression venait surtout de toi.

Maintenant, tu vas avoir une autre pression, des attentes, un agenda. Ça te fait peur ?

Chloé Le Bars : Pendant deux ans, la seule pression était la mienne.

Mes partenaires me poussaient moins au résultat car ils connaissaient les moyens de mon projet.

Ça m’a permis de prendre le temps de progresser.

Maintenant, il y a une pression supplémentaire, mais ce n’est pas une pression négative.

C’est stimulant, motivant, c’est un défi en plus.

Voiles et Voiliers : Est-ce que ton passé en voile légère te sert encore aujourd’hui ?

Chloé Le Bars : Oui. J’ai commencé très jeune, j’ai fait 7 ans de Laser, une série olympique très concurrentielle.

En Figaro, on prend des routes éloignées mais le bateau reste monotype : il y a beaucoup de phases au contact.

Les placements, les croisements, les phases de départ me servent beaucoup.

Le toucher de barre aussi, car en Laser on barre tout le temps.

C’est important d’avoir eu ces sensations avant d’aller en course au large.

Voiles et Voiliers : Y avait-il un skipper ou une skippeuse qui te faisait rêver quand tu étais plus jeune ?

Chloé Le Bars : Depuis toute petite, je suis Sam Davies. Elle m’inspire beaucoup.

J’étais fan de son bateau Roxy. C’est une belle figure de la course au large.

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