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À 34 ans, la windsurfeuse Sarah Hauser n’a pas froid aux yeux.
Du haut de son mètre 60, la vice-championne du monde de windsurf vagues 2023 s’est spécialisée dans le surf de monstres.
Pour la deuxième fois consécutive, après un an de validation pointilleuse par le Guinness Book des Records, elle succède à son titre de dompteuse de la plus haute vague surfée par une femme : 12,19 mètres !
Un exploit dont l’intensité dépasse largement le cadre sportif comme elle l’explique à Voiles et Voiliers.

Avec ce nouveau record, la Française Sarah Hauser est montée d’un cran dans sa maîtrise du surf de grosse vague, en se rapprochant du cœur de la bête… | FISH BOWL DIARIES
Christophe FAVREAU. Modifié le 16/04/2024 à 15h43
Voiles et Voiliers : Sarah Hauser, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Voiliers et Voiliers ?
Sarah Hauser : J’ai grandi en Nouvelle-Calédonie et j’ai découvert la navigation dans les vagues à l’âge de 15 ans.
Cela a été une révélation. J’aimais déjà la planche à voile que j’avais commencé quelques années plus tôt mais là, je suis devenue complètement accro.
Je ne pensais qu’à ça. Mon rêve est alors devenu de devenir athlète professionnel dans ce sport mais à l’époque il n’y avait pas vraiment de chemin tout tracé dans cette discipline, contrairement à la planche olympique par exemple où le cadre est beaucoup plus structuré avec des coachs pour vous entraîner, etc.
En vague, nous sommes beaucoup plus livrés à nous-mêmes. C’est ce que l’on appelle une discipline d’expression dans notre jargon de véliplanchiste.
Le Freestyle en fait également partie et ces catégories sont beaucoup moins encadrées, ce qui rend les choses beaucoup plus difficiles pour forger son chemin, construire sa carrière…
C’est ce qui faisait peur à mes parents qui m’ont beaucoup encouragé à poursuivre mes études, d’autant qu’ils n’étaient pas forcément d’accord pour financer ma participation au circuit dédié aux compétitions de vagues.
Et puis je travaillais bien à l’école. Ils m’ont expliqué que ce serait dommage de ne pas en profiter pour me former à un emploi qui me permettrait de gagner suffisamment d’argent pour faire ce que je voulais de ma vie et vivre ma passion.
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Je me disais que mon moment viendrait, même si cela paraissait fou.
C’est ce que j’ai fait du coup en me mettant à l’esprit un compte-à-rebours sur les murs de ma chambre d’étudiante, en m’aidant notamment d’un tableau des coefficients des épreuves que je devais passer, entourée de posters des windsurfeurs qui me faisaient rêver.
Je me disais que mon moment viendrait, même si cela paraissait fou. Quand j’ai fini mes études et commencé mes premiers stages, j’ai vraiment compris que ce n’était pas ce que je voulais faire et j’ai tenté un coup de poker qui paraissait complètement destructeur à mon entourage qui me disait que mon choix de devenir windsurfeuse professionnelle était complètement improbable après avoir fait Math Sup, Math Spé et 3 ans d’école d’ingénieur, d’autant que, une fois encore, la navigation dans les vagues était une discipline confidentielle.
Je n’avais pas les réponses à tout cela mais je préférais galérer et tenter ma chance pour essayer de…
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