Quentin Haroche | 01 Avril 2025
Près de 30 000 paillettes de sperme données avant l’entrée en vigueur de la loi de bioéthique vont être abandonnées, en raison de la levée de l’anonymat des donneurs.
L’enfer est pavé de bonnes intentions et il arrive que, pour respecter des principes louables, on en vienne à prendre des décisions malheureuses.
Au nom de la levée de l’anonymat des donneurs de sperme décidée en 2021, l’Agence de la biomédecine a ainsi interdit, depuis ce lundi 31 mars, d’utiliser près de 30 000 paillettes de spermatozoïdes prélevées avant l’entrée en vigueur de la loi.
Une décision qui peut sembler malheureuse alors que, selon le Pr Samir Hamamah, président de la Fédération française d’étude de la reproduction, « la question de la pénurie de donneurs reste entière ».
C’est la loi de bioéthique du 2 août 2021, principalement connue pour avoir ouvert l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules, qui a mis fin au principe de l’anonymat des donneurs de gamètes.
Depuis le 1er septembre 2022, date d’entrée en vigueur de la loi, les donneurs de gamètes doivent laisser des données identifiantes afin que l’enfant issu du don puisse, à sa majorité et s’il le souhaite, connaitre l’identité de son géniteur.
Mais l’entrée en vigueur de la loi a également ouvert une période de transition durant laquelle les centres de PMA étaient autorisés à utiliser les spermatozoïdes prélevés avant le 1er septembre 2022 et pour lesquels les donneurs resteraient anonymes.
Des embryons sauvés in extremis
C’est donc ce lundi 31 mars que cette période de transition s’est achevée et que les dons issus de donneurs anonymes ne peuvent plus être utilisés.
Ce sont ainsi, du jour au lendemain, 30 000 paillettes qui sont rendues inutilisables par application du nouveau principe du non-anonymat.
Dans un communiqué publié ce lundi, l’agence de biomédecine tient à minimiser ce gâchis.
Pour lire la suite 🡺 Du sperme abandonné
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