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Par  Damien Coulomb –  Crédit photo : DR – Publié le 05/02/2025

Dr Christophe Riou (addictologue) : « Le protoxyde d’azote peut faire en deux ans les dégâts de l’alcool en dix ans » | Le Quotidien du Médecin

Une proposition de loi est examinée au Parlement pour interdire la vente de protoxyde d’azote aux particuliers.

Longtemps considéré comme un produit récréatif peu dangereux, ce « gaz hilarant » inquiète de plus en plus les spécialistes qui voient se multiplier hospitalisations et séquelles parfois graves, comme l’explique le Dr Christophe Riou (service universitaire d’addictologie de Lyon), qui anime depuis novembre la première téléconsultation dédiée aux consommateurs.

LE QUOTIDIEN : Quel constat vous a conduit à mettre en place une téléconsultation dédiée au protoxyde d’azote ?

Dr CHRISTOPHE RIOU : Le protoxyde d’azote est un sujet émergent et préoccupant en neurologie.

En 2007, lors du premier rapport conjoint des centres antipoison et d’addictologie, les cas cliniques étaient encore rares avec peu de complications graves.

Aujourd’hui, l’usage du protoxyde d’azote (N2O) s’est largement diffusé dans la population générale et le nombre de cas cliniques a été multiplié par 10.

Nous recevons de plus en plus en hospitalisation des patients pour des neuropathies et des scléroses combinées de la moelle dues à l’inhalation de protoxyde d’azote et il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg.

Nous avons créé une téléconsultation car nous voulons avant tout repérer les consommateurs plus tôt, avant qu’ils ne souffrent de troubles neurologiques fonctionnels importants.

Nous avons en effet constaté que ces patients consultent très tardivement.

Or il existe des premiers signes qui doivent faire (télé) consulter.

Nous avons déjà reçu quelques appels, soit de patients, soit de leurs familles.

Nous essayons de procéder à une première évaluation et de les pousser à consulter.

Le protoxyde d’azote n’était, à l’origine, pas considéré comme un produit addictif. Qu’en est-il aujourd’hui ?

D’un point de vue pharmacologique, il n’y a pas de craving très net, mais l’addiction ne se résume pas à cela !

Il y a 11 critères addictifs dans le DSM V, et des majeurs sont retrouvés pour le protoxyde d’azote : consommation compulsive, tolérance, poursuite malgré les risques, utilisation…

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Source : Le Quotidien du Médecin