Juliette Seblon | 04 Avril 2025

Alors qu’une proposition de loi visant à imposer des contrôles médicaux aux conducteurs les plus âgés est actuellement en discussion, une récente étude met en lumière un facteur de risque sous-estimé mais potentiellement critique pour la sécurité routière : la dépression majeure chez les plus vieux.

Publiée dans JAMA Network Open, cette vaste étude de cohorte longitudinale révèle chez les plus de 65 ans une association robuste entre trouble dépressif majeur (TDM) et comportements de conduite à risque, indépendamment de la consommation d’antidépresseurs ou du statut cognitif.

Des comportements de conduite plus instables chez les sujets dépressifs 

L’étude DRIVES (Driving Real-World In-Vehicle Evaluation System), menée entre 2021 et 2023 incluant 395 conducteurs de 65 ans ou plus, a analysé les données de conduite en conditions réelles via un enregistreur embarqué.

Résultat : les participants souffrant de TDM ont présenté un profil comportemental distinct, avec une augmentation significative du nombre de freinages brusques, de virages serrés et de déplacements imprévisibles.

Ces éléments sont reconnus comme indicateurs de risque accru d’accident ou de quasi-accident.

Fait marquant, cette instabilité comportementale n’était pas corrélée à un déclin cognitif détectable via les tests neuropsychologiques classiques.

Ce constat suggère que la dépression, en altérant la vigilance, la prise de décision ou les capacités d’autorégulation, peut compromettre la sécurité routière sans nécessairement affecter les fonctions cognitives globales.

Il permet également de subodorer que les effets délétères de la dépression majeure sur la conduite automobile ne concernent probablement pas que nos aïeux.

Toujours sur la route 

Pour lire la suite 🡺 Dépression chez les seniors (et sans doute les autres) : un risque insidieux pour la sécurité au volant

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