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Dr Sylvain Beorchia – 12 juin 2026
Chez des sujets asymptomatiques sans facteur de risque, l’essai NordICC confirme à 13 ans que la coloscopie réduit l’incidence du CCR sans impact sur la mortalité, que les progrès thérapeutiques ont déjà transformée.
Selon le rapport 2025 de l’INCa sur le panorama du cancer, 47 582 nouveaux cas de cancer colorectal (CCR) ont été enregistrés en France en 2023, dont 21 370 chez les femmes et 26 212 chez les hommes avec une incidence en légère augmentation due au vieillissement de la population.
La mortalité liée au CCR s’élevait à 16 875 décès (7 998 chez les femmes et 8 977 chez les hommes).
En France, depuis 2015, le test immunologique fécal (FIT) quantitatif et automatisé a remplacé le test au gaïac, avec de meilleurs résultats en termes de sensibilité.
La réalisation d’une coloscopie chez un patient FIT positif met en évidence une lésion significative dans 40 % des cas (1).
Le passage à ce test plus sensible a été suivi par une augmentation du nombre annuel de coloscopies, passant de 40 000 à environ 90 000 en France.
Cependant, malgré les campagnes de sensibilisation comme Mars Bleu, le taux de participation à la campagne de dépistage du CCR stagnait en 2022-2023 autour de 34 %, avec de fortes disparités géographiques selon les données de Santé Publique France.
Ce taux reste largement inférieur aux recommandations européennes d’un seuil au minimum de 45 % (2).
La coloscopie d’emblée chez des sujets asymptomatiques demeure, dans certains pays, une modalité de dépistage validée par les autorités de santé.
En 2022, les premières données de l’essai randomisé en population NordICC avaient profondément surpris la communauté des gastroentérologues : si une réduction de l’incidence du CCR était bien observée, aucun bénéfice significatif sur la mortalité spécifique ne pouvait être démontré (3).
Ces résultats avaient suscité de vifs débats, articulés autour de trois réserves majeures : un taux de participation à l’invitation de seulement 42 % ; un recul de 10 ans jugé insuffisant pour apprécier l’impact sur la mortalité, la séquence adénome–cancer–décès s’étalant sur 10 à 20 ans ; et une qualité hétérogène des coloscopies, reflétant davantage les performances habituelles des programmes de santé publique que l’efficacité intrinsèque de l’examen.
Pour lire la suite 🡺 Dépistage du cancer colorectal : la coloscopie tient-elle ses promesses ?
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