Dr Philippe Tellier | 08 Avril 2025

Les antidépresseurs, souvent prescrits aux patients atteints de démence, pourraient accélérer le déclin cognitif selon une vaste étude suédoise.

Ces résultats soulignent l’importance d’une évaluation rigoureuse du rapport bénéfice/risque avant toute prescription.

Les patients atteints de démence présentent souvent des symptômes psychiatriques qui incitent à l’administration plus ou moins justifiée d’antidépresseurs.

Les effets de ces derniers sur les fonctions cognitives et leur acceptabilité globale sont l’objet de controverses, sachant que leur usage largement empirique ne saurait répondre aux symptômes autres dépressifs, qu’il s’agisse de l’anxiété ou des troubles du comportement.

Le rapport bénéfice/risque de tels traitements est donc loin d’être établi dans tous les cas où ils sont envisagés ou prescrits.

Une étude de cohorte suédoise : près de 19 000 cas de démence 

Une étude de cohorte basée sur le registre suédois des démences (SveDem) apporte son éclairage sur une problématique souvent rencontrée dans la pratique gériatrique courante.

L’objectif était d’analyser le profil d’évolution cognitive au fil des ans en fonction de la prescription d’un médicament antidépresseur, depuis les 6 mois précédent le diagnostic de démence et au cours du suivi.

Ont été sélectionnés, entre 2007 et 2018, 18 740 patients (femmes : 54,5 % ; âge moyen : 78,2 [ET 7,4] ans), tous atteints d’une démence avérée, après exclusion de ceux traités par antidépresseurs plus de 6 mois avant le diagnostic neurologique ou simultanément par plusieurs antidépresseurs.

Le MMSE (mini mental state examination) moyen (ET) à l’inclusion était de 22,1 (4,3).

Le nombre total de personnes-années de suivi était de 80 737, avec une moyenne de 4,3 (2,2) années par patient.

Pour lire la suite 🡺 Démence : les antidépresseurs accélèrent-ils le déclin cognitif ?

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