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La quasi-totalité des bateaux en course sont arrivés samedi 5 juillet ou en début de matinée, ce dimanche. À chaud, les skippers ont laissé exploser leur joie et raconté à quel point cette course était exigeante.

Sam Davies et Violette Dorange sont arrivées dans la nuit de samedi à dimanche 6 juillet.

Sam Davies et Violette Dorange sont arrivées dans la nuit de samedi à dimanche 6 juillet. | ©JEAN-LOUIS CARLI / SEA TO SEE

Voiles et Voiliers. Modifié le 06/07/2025 à 12h18

Course des Caps. « La fin a été éprouvante » : À l’arrivée, les équipages se livrent

Après l’arrivée des gagnants sur l’Imoca Macif Santé Prévoyance à 15h10, ce samedi 5 juillet, c’est le bateau Association Petits Princes – Quéguiner, skippé par Élodie Bonafous qui a franchi la ligne d’arrivée en deuxième position, deux heures et demie après.

Avant que la team Holcim – PRB n’arrive, 45 minutes plus tard.

À son arrivée, Élodie Bonafous, qui participait à sa première course en Imoca, a laissé exploser sa joie.

« Après la nuit intense passée à batailler contre Holcim – PRB, on était épuisés.

Les idées n’étaient plus très claires, et c’est seulement en voyant le public à l’arrivée que j’ai vraiment réalisé qu’on était deuxièmes : c’est incroyable, et tellement positif pour le projet !

Je suis tellement heureuse pour toute l’équipe.

On espérait faire une belle performance, sans oser se fixer un objectif précis… et finir à cette place pour la première course du bateau et ma première course en Imoca, c’est génial », confie celle qui appréhendait également de naviguer en équipage.

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On a beaucoup appris sur le bateau

« Même si j’avais déjà navigué en équipage, je découvrais la course au large de cette ampleur, et j’appréhendais un peu la vie à bord sur un bateau pas vraiment conçu pour cinq personnes.

Mais tout s’est très bien passé : la cohabitation a été excellente, le rythme s’est installé rapidement, et même si on n’a pas profité du paysage, on s’est vraiment régalés. La course a été engagée de bout en bout.

Elle a démarré dans des conditions très molles, puis le vent n’a cessé de forcir, rendant la navigation de plus en plus intense.

On a aussi beaucoup appris sur le bateau : à chaque bord, on testait des réglages, on partageait nos ressentis pour progresser.

On a gagné en technique et en cohésion, même en gérant quelques petites galères comme tout le monde.

La fin a été particulièrement éprouvante.

Après une erreur stratégique qui a permis à Holcim – PRB de revenir, on s’est retrouvés à naviguer bord à bord toute la nuit, à moins d’un mille l’un de l’autre, en enchaînant une vingtaine de virements dans le passage étroit entre le DST Calais et les côtes anglaises.

C’était épuisant : on n’a quasiment pas dormi, et la mer était bien formée.

Je crois que je n’avais pas ressenti une telle fatigue depuis longtemps.

Ces conditions toniques, je les adore, et sur un IMOCA, elles offrent des sensations incroyables.

Même si au début, la vitesse et les mouvements du bateau sont impressionnants, on s’y habitue vite, et ça devient grisant.

Il faisait froid, la mer était formée, mais ça valait le coup. Je suis pleine de confiance pour la suite.

Ce résultat montre qu’on a bien travaillé depuis la mise à l’eau en février.

On a beaucoup navigué en solo pour se préparer, sans pouvoir vraiment se comparer aux autres, et ce podium confirme qu’on est dans le match.

Ça donne vraiment envie de se lancer dans les prochaines courses ! »

La team Charal, avec Jérémie Beyou, a terminé la course des Caps en 5e position. | ©JEAN-LOUIS CARLI / SEA TO SEE

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La bagarre avec les autres bateaux a été superbe

Pour Nicolas Lunven, sur Holcim-PRB, la course a aussi été particulièrement intense, avec notamment un peu de casse.

« On a cassé notre bout-dehors avant l’arrivée, heureusement cela n’a pas trop impacté notre course.

La bagarre avec les autres bateaux a vraiment été superbe.

J’ai une pensée pour Vulnérable, qui a dû abandonner, avec un problème plus sérieux que le nôtre.

On a tous pris beaucoup de plaisir, on s’est bien amusés et on a navigué de façon solide.

Deux bateaux ont mieux tiré leur épingle du jeu que nous, mais nous sommes tout de même satisfaits de notre performance.

C’était une belle épreuve, sur un parcours magnifique et varié, avec des paysages superbes.

La course a commencé dans des petits airs en Manche, avec la flotte groupée, ce qui a donné un départ intense et amusant, à enchaîner les empannages au coude-à-coude.

Ensuite, à partir du nord-ouest de l’Irlande, les conditions se sont nettement corsées, notamment lors du long bord de portant, puis dans la redescente le long de la côte est anglaise, où ça a vraiment été engagé.

On a battu quelques records de vitesse, c’était grisant, surtout avec une mer plutôt plate qui rendait la navigation agréable malgré l’intensité.

La course a demandé beaucoup d’efforts physiques, notamment sur la fin avec de nombreuses manœuvres.

Il fallait rester concentrés en permanence.

C’est ce qui rend ce type de format si intéressant : on sait en partant pour un tour des îles britanniques que ce ne sera pas une promenade de santé, et c’est exactement ce qu’on aime.

Cette variété de conditions et le rythme soutenu nous ont permis de progresser énormément, tant sur les réglages que sur la vitesse. »

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La compétition a été intense du départ jusqu’à l’arrivée

Pour Will Harris, sur Malizia-Seaexplorer, « c’était une très belle course.

Nous nous sommes livrés à de belles batailles avec les autres bateaux.

La compétition a été intense du départ jusqu’à l’arrivée, avec Charal souvent juste derrière nous, ce qui a rendu l’épreuve particulièrement passionnante.

Le passage vers l’Écosse a été l’un des moments les plus exigeants, avec des conditions musclées.

Chaque journée a demandé un engagement total et nous a permis de progresser face à la concurrence.

La vie à bord n’a pas toujours été facile, notamment dans le petit temps où notre bateau est moins performant.

Mais dès que le vent est monté, nous avons pu exprimer tout le potentiel de Malizia – Seaexplorer.

La dernière nuit a été particulièrement intense, avec de nombreux virements pour maintenir notre avance sur Charal.

Heureusement, nous avons trouvé le bon mode pour rester devant et avons franchi la ligne avec une dizaine de milles d’avance.

Ce Tour des Îles Britanniques a vraiment tenu ses promesses. C’est une course que je n’oublierai jamais.

Nous avons aussi dû gérer un moment compliqué quand Flore (Hartout), notre OBR, s’est blessée en tombant, tandis que nous cassions trois lattes de grand-voile en même temps.

Ces imprévus nous ont obligés à réagir vite, et Flore a montré une grande force en continuant malgré la douleur.

Cela illustre parfaitement l’importance du travail d’équipe, et je suis vraiment fier de ce que nous avons accompli ensemble. »

On a eu du mal à s’extraire de la rade Boulogne-sur-Mer

Sur Charal, Jérémie Beyou et son équipage ont aussi vécu « une très belle course, même si le début a été compliqué.

On a eu du mal à s’extraire de la rade Boulogne-sur-Mer, comme si on ne voulait pas quitter la région, et on s’est retrouvés en queue de flotte.

On a dû batailler pour recoller, sans rien lâcher jusqu’à la fin, et on a réussi à remonter place après place.

On voyait nos camarades de Malizia – Seaexplorer, mais ils étaient finalement un peu trop loin pour que l’on puisse revenir.

La course a été superbe, avec un niveau élevé devant.

On aurait adoré être au contact, mais nous avons fait de notre mieux.

Les conditions étaient exigeantes, surtout sur le retour où nous avons souvent dépassé les 20 nœuds de moyenne.

La mer était formée, ce qui a rendu la navigation physique et intense.

Au début, le petit temps n’était pas favorable pour notre bateau, et nous aurions sans doute pu mieux naviguer.

Mais dès que le vent s’est renforcé, nous sommes entrés dans notre élément : le bateau avançait bien au portant et nous avons pu tirer les bons bords jusqu’au contournement des Orcades.

Ensuite, au reaching, nous nous sommes vraiment régalés, et l’équipage a trouvé une belle osmose.

C’est de bon augure pour la suite. Nous n’avons cessé de progresser pendant cette course, et il faut que nous continuions sur cette dynamique jusqu’à la Rolex Fastnet Race. »

Dans la pétole, on n’était pas très performants

Sam Davies, qui naviguait pour la première fois avec Violette Dorange sur Initiatives Cœur, arrive en septième position.

Pour elle, « toute la course a été intense, et les dernières journées étaient vraiment super : on a adoré !

Ça aurait été parfait avec un peu plus de vent au début.

Dans la pétole, on n’était pas très performants, ce qui nous a fait perdre du temps dès le départ et a été frustrant.

Ensuite, on a rencontré toutes sortes de conditions : on a pu naviguer au près, au portant, au reaching, en testant toutes les voiles, et c’était génial.

Il y a eu de beaux moments au contact, notamment en Manche avec toute la flotte regroupée : c’était chouette de voir les autres bateaux, en direct ou à l’AIS.

Puis on a bataillé avec La Mie Câline, ce qui nous a motivés à trouver le bon mode pour avancer vite.

On a même réussi à revenir un peu sur TeamWork – Team Snef à la fin, ce qui a été une belle satisfaction.

La course a aussi été physique, avec de nombreuses manœuvres, empannages et virements.

C’était agréable de partager l’effort en équipage : chacun prenait son tour pour éviter que l’un de nous soit épuisé.

Vito (Ripa du Meana), notamment, a beaucoup donné et a sans doute terminé avec le plus de courbatures !

On a conclu en partageant un petit apéro tous les cinq, avec chips et gâteaux, pendant qu’on filait au portant : un moment simple mais tellement agréable.

Le temps a filé grâce à l’excellente ambiance à bord.

Tout le monde travaillait ensemble, s’entraidait, et c’est ce que je retiendrai le plus : cette équipe exceptionnelle, soudée, qui a su créer une atmosphère géniale, même avec Josselin, notre ORB, qu’on connaissait moins bien.

Cette cohésion, c’est ce qui a rendu ce voyage vraiment unique. »

Source : service presse.

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