Dr Philippe Tellier | 07 Février 2025
Les troubles liés à l’usage des opioïdes (TUO) ont une base neurobiologique qui implique les circuits neuronaux associés à la récompense, à la motivation et au contrôle des impulsions.
Une étude en IRM révèle certaines modifications cérébrales.
Le cerveau face aux opioïdes
Ces substances interagissent spécifiquement avec des récepteurs opioïdes cérébraux principalement de trois types : mu (μ), delta (δ) et kappa (κ).
Les récepteurs μ sont, pour l’essentiel, responsables des effets analgésiques et euphorisants des opioïdes.
Ils sont notamment ciblés par la morphine et la méthadone.
Les récepteurs δ sont impliqués dans la modulation de l’humeur et peuvent également contribuer aux effets analgésiques.
Les récepteurs κ, pour leur part, sont associés à des effets dysphoriques.
Il est actuellement impossible de visualiser directement en routine les interactions des opioïdes avec leurs récepteurs cérébraux, même s’il existe depuis peu des radiotraceurs en développement (les radioligands des récepteurs cannabinoïdes).
En attendant, il faut se contenter de l’imagerie morphologique et fonctionnelle à haute résolution pour apprécier indirectement les effets des opioïdes sur les structures et les fonctions cérébrales.
Une étude cas-témoins : plus de 200 participants
Une étude cas-témoins illustre le propos, dans laquelle ont été inclus 208 participants répartis en deux groupes appariés par l’âge et le sexe : des patients atteints d’un TUO (n = 103 ; âge médian 37 ans [écart interquartile 31,5–46 ans] ; 38 femmes), recevant tous de la méthadone (dose moyenne : 90 mg/jour), et des témoins (n = 105 ; âge médian 27 [23-37] ans ; 58 femmes).
Dans les antécédents des patients, était notée la consommation fréquente d’autres substances que les opioïdes, notamment la cocaïne (87 %) et le cannabis (86 %).
Pour lire la suite 🡺 Ce que les opioïdes font au cerveau
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