Dr Roseline Peluchon | 30 Décembre 2025
Un homme âgé d’une cinquantaine d’années est admis aux urgences pour l’apparition brutale d’une hypoesthésie de l’hémicorps gauche associée à une instabilité à la marche.
Il n’a aucun antécédent médical connu, ne consomme pas d’alcool, ne fume pas et ne rapporte aucune prise de toxiques.
A l’admission, l’examen clinique révèle une hypertension artérielle majeure, mesurée à 254/150 mmHg.
L’examen neurologique retrouve une hypoesthésie de l’hémicorps gauche associée à des signes cérébelleux, avec un test doigt-nez perturbé et une adiadochocinésie des membres supérieur et inférieur gauches.
Aucun signe cortical (hémianopsie, dysphasie, hémi-négligence ou perte sensorielle corticale) n’est retrouvé.
Le score NIHSS est évalué à 4, compatible avec un AVC de faible gravité.
Le reste de l’examen clinique est sans particularité.
Que retrouve-t-on à l’imagerie et aux examens complémentaires ?
Le scanner cérébral initial ne montre pas de signe d’hémorragie.
L’angioscanner révèle des zones de spasme focal des artères cérébrales, évoquant un syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible.
L’IRM cérébrale confirme un infarctus lacunaire du thalamus droit.
Le bilan biologique standard (fonction rénale, hépatique, glycémie, bilan lipidique, fonction thyroïdienne) est sans particularité.
Le bilan étiologique est étendu. Il ne retrouve pas de cause cardio-embolique, athéromateuse ou thrombogène : l’électrocardiogramme et le holter sont normaux, l’échocardiographie de contraste ne montre pas de foramen ovale perméable ni d’anomalie valvulaire ou ventriculaire, l’échodoppler des troncs supra-aortiques, les bilans immunologique et thrombophilique sont normaux.
Devant cette hypertension sévère, un bilan de causes secondaires est réalisé dans le cadre du suivi ambulatoire.
Une échographie abdominale et une angio-IRM ne retrouvent ni rein polykystique, ni masse surrénalienne, ni sténose de l’artère rénale, mais seulement quelques kystes hépatiques bénins.
Les catécholamines urinaires sur 24 heures, l’aldostérone plasmatique et le rapport rénine/aldostérone se révèlent également sans anomalie.
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