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Cannabis et nicotine : des effets sur la fertilité… jusqu’aux générations suivantes
« Fumer nuit gravement à la santé de votre enfant à naître » s’appliquerait visiblement aussi aux hommes : leur consommation de tabac ou de cannabis pourrait altérer leur propre fertilité, mais aussi celle de leurs fils.
Un constat similaire concerne les femmes : fumer au début d’une grossesse pourrait influencer les grossesses suivantes, même si elles ont arrêté entre-temps.
Photo: Justin Sullivan/Getty Images – Gustav Eisenreich – 02 janvier 2026
Les effets nocifs des drogues sur la santé ne sont plus à démontrer.
Des chercheurs de Washington se sont récemment penchés sur les effets du cannabis sur la fertilité masculine chez la souris.
Leur étude montre une forte diminution de la mobilité des spermatozoïdes, avec des conséquences observées jusque dans la génération suivante.
Parallèlement, une étude menée par l’université de Southampton révèle que les mères ayant fumé lors de leur première grossesse donnent, avec une probabilité accrue, naissance à un bébé plus petit lors de la seconde.
Cannabis : « un signal d’alerte »
La Washington State University (WSU) a publié récemment une étude dans la revue scientifique Toxicological Sciences consacrée à la consommation de cannabis.
Cette recherche s’inscrit dans la continuité de travaux antérieurs menés chez l’humain et l’animal, qui avaient déjà mis en évidence un impact négatif du cannabis sur la fertilité masculine.
Dans leur propre étude, les chercheurs ont analysé les effets du cannabis à la fois chez l’homme et chez l’animal.
Les données de santé des participants humains ont été recueillies dans des conditions contrôlées, le plus souvent à l’aide de questionnaires.
En parallèle, une étude sur la reproduction a été menée chez la souris.
Les doses et les modes d’administration correspondaient globalement à ceux observés chez des consommateurs réguliers de cannabis.
Contrairement à certaines études antérieures, qui utilisaient des injections de tétrahydrocannabinol (THC), principal composé actif du cannabis, cette recherche s’est appuyée sur une exposition par inhalation.
« Des recherches supplémentaires sont nécessaires, mais les résultats actuels devraient inciter les consommateurs de cannabis à réfléchir », explique dans un communiqué Kanako Hayashi, professeure et auteure de l’étude.
« C’est un signal d’alerte. Le cannabis peut être utilisé pour soulager un stress passager, mais il pourrait avoir des conséquences sur la descendance », précise-t-elle.
Selon certaines estimations, le nombre de spermatozoïdes chez l’homme aurait chuté de près de 59 % au cours des dernières décennies.
« Les raisons de ce déclin sont probablement multiples, souligne Kanako Hayashi, mais cette étude apporte de nouveaux éléments montrant que la consommation de cannabis peut être nocive pour la fonction reproductive masculine. »
Des effets observés chez les descendants mâles
Pour cette étude, les chercheurs ont observé 30 souris mâles adultes.
Quinze d’entre elles ont été exposées à des vapeurs de cannabis trois fois par jour pendant dix jours.
Les scientifiques ont ensuite comparé le nombre et la mobilité de leurs spermatozoïdes à ceux d’un groupe témoin non exposé.
Résultat : juste après l’exposition, la mobilité des spermatozoïdes diminuait nettement.
Un mois plus tard, une baisse significative du nombre de spermatozoïdes était également constatée.
Certaines souris mâles ont ensuite été accouplées avec des femelles non exposées.
Les fils issus de ces unions présentaient eux aussi une réduction du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes.
Les chercheurs ont également relevé chez ces descendants des signes de dommages à l’ADN et de perturbations dans le développement des spermatozoïdes.
« Nous ne nous attendions pas à une disparition totale des spermatozoïdes ni à une immobilité complète, mais la baisse observée chez les fils est probablement une conséquence directe de l’exposition du père au cannabis », explique Kanako Hayashi.
En revanche, la troisième génération – les petits-fils des souris exposées – ne présentait pas les mêmes altérations.
Selon les chercheurs, cela suggère que le cannabis a affecté la deuxième génération à un stade clé de son développement.
D’autres études sur la consommation de cannabis pendant la grossesse et ses effets sont actuellement en cours.
La nicotine pourrait affecter plusieurs grossesses
Une seconde étude indique par ailleurs que la consommation de nicotine pourrait entraîner des effets délétères sur une période plus longue qu’on ne le pensait.
Le lien entre le tabagisme pendant la grossesse et un faible poids de naissance lors de cette même grossesse est bien établi.
En revanche, les données concernant l’impact du tabagisme maternel sur les grossesses ultérieures restaient limitées.
Des chercheurs de l’université de Southampton et de la fondation du centre hospitalier universitaire de Southampton se sont penchés sur cette question.
Mi-novembre, ils ont publié leurs résultats dans la revue PLOS One.
Ils montrent que les femmes ayant fumé au début de leur première grossesse avaient plus de risques de donner naissance à un bébé de petit poids lors de la seconde, comparativement aux non-fumeuses.
Et ce, même si elles avaient arrêté de fumer avant le début de cette deuxième grossesse.
Les chercheurs ont également constaté que les femmes qui ne fumaient pas au début de chacune de leurs grossesses ne présentaient pas de risque supplémentaire, même si elles avaient fumé entre les deux.
En revanche, le risque était le plus élevé chez les mères ayant fumé dix cigarettes ou plus par jour au début de leurs deux premières grossesses.
« Il est essentiel d’encourager les femmes à arrêter de fumer avant une grossesse et à ne pas reprendre après la naissance de leur enfant.
Des mesures d’accompagnement sont nécessaires pour soutenir les mères dans cette démarche », souligne dans un communiqué la Dre Nisreen Alwan, professeure à l’université de Southampton et coautrice de l’étude.
L’équipe de recherche a analysé, entre 2003 et 2018, les données de près de 17.000 mères ayant bénéficié d’un suivi prénatal lors de leurs deux premières grossesses.
Gustav Eisenreich – 02 janvier 2026
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