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30/01/2025 Par Alexandra Verbecq – Cancérologie

On observe une forte augmentation de certains types de cancers chez les jeunes de 20 à 40 ans, en particulier pour ceux de la sphère digestive.
Diverses études sont en cours pour mieux comprendre et prendre en charge ces cancers.
« À l’échelle mondiale, le nombre de cas de cancer, notamment de la sphère digestive, chez les sujets jeunes, augmente de façon très importante« , introduit le Pr Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave Roussy.
Une étude internationale (Zhao J. et coll., BMJ Oncology, mai 2023) a montré que l’incidence des cancers chez les moins de 50 ans a presque doublé (79%) en 30 ans.
En France, selon l’OMS, plus de 15 000 jeunes de 20 à 40 ans en ont été diagnostiqués en 2022.
Une récente publication (Taylor Hughes et coll., The Lancet Oncology, déc. 2024) prévoit une hausse de 12% du nombre de nouveaux cas de cancer chez les jeunes de moins de 40 ans entre 2022 et 2050.
Selon une vaste étude de données américaines comparant les générations (Hyuna Sunget coll., The Lancet, août 2024), les personnes nées après 1990 ont un risque plus élevé que leurs aînés de développer 17 cancers (sur 34 analysés) dont notamment ceux du côlon (x3,5) et du pancréas (x2,6).
« La moyenne d’âge des patients de notre service d’oncologie digestive était traditionnellement située entre 60 et 70 ans.
Aujourd’hui, les sujets de moins de 40 ans sont malheureusement extrêmement fréquents.
Et si aujourd’hui les statistiques ne traduisent pas encore complètement cette évolution, il faut clairement s’attendre à un tsunami. Et Gustave Roussy s’y prépare », indique le Pr Barlesi.
Pour le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave Roussy : « Cette augmentation inquiétante incontestable concerne un spectre de 9 à 10 cancers parmi lesquels ceux de la sphère digestive, certains cancers du sein, ceux du rein, ceux de la thyroïde. »
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Foie, côlon, sein, thyroïde…
Hausse inquiétante des cancers précoces chez les jeunes adultes

Caroline Dieudonné et Sébastien Savoye avec François Blanchard
Publié le 04-02-2025
Foie, côlon, sein, thyroïde… Hausse inquiétante des cancers précoces chez les jeunes adultes
L’augmentation récente des cancers chez les jeunes adultes interroge les chercheurs qui vont étudier le rôle de possibles facteurs de risque comme l’obésité et la nourriture ultratransformée.
Une hausse qui inquiète en cette journée de lutte contre le cancer.
Plusieurs études récentes font état d’une augmentation de cette maladie chez les jeunes adultes, notamment les cancers digestifs (colon, œsophage, foie…) mais aussi de la thyroïde, du sein et du rein sont les plus représentés.
Entre 1990 et 2019, le taux de cancers a quasiment doublé (+79%) dans cette tranche d’âge dans le monde, selon une vaste étude publiée en 2023 par le BMJ Oncology, et ce phénomène affecte particulièrement les pays développés.
Une autre étude de l’American Cancer Society, sortie le 21 janvier, atteste de cette augmentation chez les jeunes adultes américains, surtout les femmes.

Obésité, nourriture ultratransformée…
« Pour les gens nés dans les années 90 ou après, le risque de développer un cancer du colon est multiplié par 3,6 et le risque de développer un cancer du pancréas l’est par 2,5 », précise à BFMTV le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l’institut Gustave Roussy contre le cancer.
Parmi les causes possibles de cette hausse, une exposition plus précoce à certains facteurs de risque, ou à de nouveaux facteurs de risque: « nourriture ultraprocessée (ultratransformée, NDLR), obésité et de façon générale, trouble du métabolisme et de l’inflammation chronique », liste le professeur Fabrice André.
« Le rôle des microplastiques mérite d’être posé, c’est une hypothèse », ajoute-t-il.
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L’institut va lancer des programmes de recherche dédiés à cette problématique, notamment une étude qui vise à explorer les facteurs liés à l’apparition de cancers digestifs d’apparition précoces.
Selon Gustave Roussy, il devrait être possible de guérir 80% des cancers à l’horizon 2040 grâce à l’accélération des progrès technologiques en diagnostics et en traitements.
« Aujourd’hui, 450.000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en France, et deux malades sur trois guérissent, contre un sur deux dans les années 1990 », avait souligné mi-janvier devant la presse le Pr Fabrice Barlesi, en prévision de cette journée mondiale de lutte contre le cancer du 4 février.
« Arriver dans 15 ans à 80% de patients guéris à cinq ans grâce à l’accélération des progrès technologiques, aux médicaments et traitements qui seront disponibles -anticorps conjugués, radiothérapie interne vectorisée…- nous paraît réaliste », avait-il ajouté.
Caroline Dieudonné et Sébastien Savoye avec François Blanchard
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Revue de presse Mediscoop 04-02-2025
« Cancers digestifs en hausse chez les jeunes : comment mieux les dépister ? »
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Date de publication : 4 février 2025
« Cancers digestifs en hausse chez les jeunes : comment mieux les dépister ? »
A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, Nicolas Berrod souligne dans Le Parisien que « les cancers du système digestif sont en forte progression chez les jeunes de moins de 50 ans — pour des raisons qui restent à éclaircir ».
Le journaliste indique qu’« à défaut de mieux les prévenir pour le moment, faute d’en identifier tous les facteurs de risque, il serait déjà utile de détecter plus tôt ces cancers parfois foudroyants.
Car plus la tumeur est identifiée rapidement, moins le risque de séquelles et de décès est important ».
Le Pr Jacques Marescaux, fondateur et président de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad), évoque ainsi le cancer du pancréas : « La transformation majeure dans le diagnostic n’est pas l’IRM ni le scanner, mais l’échoendoscopie ».
Nicolas Berrod explique qu’« un tube optique est inséré par la bouche.
Muni d’une caméra et d’une sonde à ultrason à son extrémité, il parvient à imager avec précision l’ensemble des parois des organes digestifs ».
Le Pr Marescaux souligne que « tout le pancréas est visible et on peut détecter des tumeurs de moins de 1 cm, ce qui était impossible auparavant ».
Le journaliste relève que « les images sont parfois difficiles à interpréter à l’œil nu.
Mais, bonne nouvelle, plusieurs logiciels d’intelligence artificielle (IA) permettent d’y voir plus clair.
Au CHU de Strasbourg, des médecins entraînent un algorithme à reconnaître une anomalie « afin qu’à terme aucune erreur ne soit possible lors de la lecture des résultats » ».
Nicolas Berrod ajoute que « l’IA est aussi utilisée pour mieux détecter un cancer colorectal lors d’une endoscopie, prescrite par exemple pour des douleurs au ventre.
Et la technologie s’améliore en continu ».« Une autre piste serait d’abaisser l’âge à partir duquel il est recommandé de se faire dépister du cancer colorectal, actuellement fixé à 50 ans.
Aux États-Unis, un groupe d’experts recommande désormais aux personnes à risque intermédiaire d’y penser dès 45 ans », note le journaliste.
Il souligne enfin que « de nombreux médecins en France plaident en priorité pour y inciter davantage de seniors.
D’après une étude de Santé publique France, […] moins d’une personne âgée de 50 à 74 ans sur deux a été dépistée en 2022, que ce soit par le biais du prélèvement de selles à réaliser chez soi ou via une coloscopie à l’hôpital.
C’est beaucoup moins que dans d’autres pays, comme en Allemagne, au Danemark ou encore aux États-Unis (plus de 65% à chaque fois) ».
Dans un autre article, Nicolas Berrod se penche plus en détail sur « ces cancers digestifs qui explosent chez les jeunes ».
Alice Boilève, oncologue médicale à l’Institut Gustave-Roussy, remarque ainsi : « Les consultations sont un peu plus longues et compliquées avec ces jeunes adultes, car ils me demandent pourquoi ils ont un cancer alors qu’ils ne sont pas obèses, ne fument pas, font du sport… Et on est bien incapables de leur répondre ».
Nicolas Berrod explique qu’« elle et sa collègue Cristina Smolenschi dévoilent […] le programme Yoda (pour Young Onset Digestive Adenocarcinoma).
Le but ? Mieux comprendre pourquoi les cancers du système digestif progressent autant chez les moins de 50 ans ».
Le journaliste souligne ainsi qu’« en France, chez les hommes âgés de 40 ans, on est passé depuis 1990 de moins de 10 nouveaux malades d’un cancer colorectal pour 100.000 habitants à 14.
Les conséquences sont parfois fatales : moins d’une personne atteinte d’un cancer du pancréas sur deux est toujours en vie au bout d’un an.
Mais les scientifiques du monde entier ne parviennent pas à comprendre cette hausse ».
Alice Boilève remarque que « les facteurs bien connus, comme l’obésité, le tabagisme ou encore la consommation d’alcool, ne suffisent pas à l’expliquer car la majorité de nos patients n’ont rien de tout cela ».
« Ce programme va générer des questions mais peut-être aussi des réponses.
Par exemple, peut-être qu’il faudra lancer des études complémentaires sur certains types de pesticides ou de polluants », ajoute l’oncologue.
Esther Serrajordia évoque également dans La Croix ces « patients jeunes plus nombreux ».
La journaliste relève que « ces 5 dernières années, le nombre de travaux scientifiques sur les cancers chez les moins de 40 ans a été multiplié par deux.
Et pour cause, les patients jeunes sont de plus en plus nombreux dans les services d’oncologie ».
« Les femmes sont les plus touchées, précise l’Institut national du cancer.
Selon une vaste étude publiée en 2023 dans la revue britannique BMJ Oncology, entre 1990 et 2019, le taux de cancer a quasiment doublé (+80%) chez les moins de 50 ans, hommes et femmes confondus, particulièrement dans les pays développés », continue Esther Serrajordia.
La journaliste note qu’en France, « près de 15.000 personnes âgées de 20 à 40 ans ont été touchées en 2022, selon les chiffres de l’OMS.
Premier centre de lutte contre le cancer en Europe, l’Institut Gustave-Roussy note chez les 20-39 ans une hausse des cas de cancers du pancréas, de la thyroïde, du rein, du poumon, de la peau ou encore de certains cancers du sein ».
Esther Serrajordia indique que « de nombreux programmes de recherche tentent d’expliquer cette augmentation ».
Marc Billaud, directeur de recherche au CNRS, observe : « On peut considérer que l’on fait plus de dépistages et que l’on arrive à détecter certains cancers plus tôt, cela peut être une explication, mais certainement pas la seule.
On connaît déjà certains facteurs de risque. Au moins 40% des cancers détectés pourraient être évités en changeant sa consommation de tabac et d’alcool.
On sait aussi que le surpoids et l’obésité jouent un rôle. Mais cela n’explique pas l’ampleur du phénomène ».