Recommandation – Prévention cardiovasculaire

Un médicament courant contre la goutte pourrait prévenir les crises cardiaques et les AVC

Un médicament largement utilisé contre la goutte pourrait offrir une protection supplémentaire lorsqu’il est associé aux traitements cardiaques standards.

Ce traitement bon marché contre la goutte pourrait prévenir chaque année des milliers de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), selon une revue scientifique récente.

Photo: uchschenF/Shutterstock – George Citroner – 30 décembre 2025

Cette analyse a examiné 12 études et montre que la colchicine à faible dose, ajoutée aux médicaments cardiovasculaires habituels, réduit le risque d’événements cardiovasculaires avec des effets indésirables minimes.

Pour 1000 personnes traitées, on observe neuf crises cardiaques et huit AVC de moins par rapport à celles qui ne prennent pas ce médicament.

« Parmi 200 personnes atteintes de maladies cardiovasculaires – pour lesquelles on s’attendrait normalement à environ sept crises cardiaques et quatre AVC –, l’utilisation de colchicine à faible dose pourrait en prévenir environ deux de chaque », a déclaré dans un communiqué le Dr Ramin Ebrahimi, cardiologue et coauteur principal.

Comment agit ce médicament

Les maladies cardiovasculaires, souvent associées à une inflammation chronique de bas grade, peuvent entraîner des événements récurrents tels que des crises cardiaques et des AVC.

La capacité de la colchicine à réduire l’inflammation en fait une option prometteuse pour les personnes présentant un risque élevé.

La revue, publiée en novembre dans la Cochrane Library, a analysé près de 23.000 adultes âgés ayant des antécédents de maladie cardiaque, de crise cardiaque ou d’AVC.

Environ 80 % des participants étaient des hommes.

La moitié d’entre eux prenaient de la colchicine à des doses de 0,5 milligramme une ou deux fois par jour pendant au moins six mois, tandis que les autres recevaient un placebo ou aucun traitement supplémentaire en plus de leurs soins habituels.

Des effets secondaires minimes

Les auteurs estiment que, parmi 1000 personnes traitées, on compte neuf crises cardiaques et huit AVC de moins que chez celles qui ne prenaient pas le médicament.

Les principaux effets indésirables observés étaient de légers troubles digestifs ou des diarrhées, généralement de courte durée, a expliqué au journal Epoch Times le Dr Neil D. Shah, cardiologue, non impliqué dans l’étude.

« Fait important, les grands essais cliniques n’ont montré aucune augmentation des complications graves par rapport au placebo », a-t-il précisé.

« Il s’agit de données solides et cohérentes montrant qu’un médicament simple et peu coûteux peut réduire de manière significative le risque de crise cardiaque et d’AVC chez les patients appropriés, toujours dans le cadre d’une prise en charge globale », souligne encore le Dr Shah.

Dans toutes les grandes études, la colchicine a été ajoutée aux traitements cardiovasculaires standards — tels que les statines, l’aspirine et les médicaments contre l’hypertension — sans problème de sécurité.

« La seule réserve est que la colchicine peut interagir avec quelques médicaments spécifiques ; un médecin doit donc examiner l’ensemble du traitement d’un patient afin de garantir une utilisation sûre », explique le spécialiste.

« La colchicine ne remplace pas les traitements classiques », rappelle-t-il.

« Mais elle devient un complément puissant et peu coûteux pour des patients soigneusement sélectionnés qui restent exposés à un risque cardiovasculaire élevé. »

Les chercheurs notent toutefois que les données sont moins claires concernant l’impact de la colchicine sur la mortalité globale ou sur la nécessité d’interventions cardiaques telles que la revascularisation coronaire, un ensemble de traitements visant à rétablir le flux sanguin vers les zones du cœur insuffisamment irriguées.

Les études n’apportent pas non plus d’informations sur une éventuelle amélioration de la qualité de vie ou une réduction des hospitalisations.

Médicament ancien, bien connu et peu onéreux, la colchicine ouvre ainsi une nouvelle piste pour la prévention des événements cardiaques futurs.

Alors que les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans le monde, cette découverte suscite l’espoir de stratégies thérapeutiques plus accessibles.

George Citroner est un journaliste spécialiste de la santé pour Epoch Times.

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